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(Québec) Les gestionnaires de tronçons de la Route verte cyclable s'attendent au pire pour le début de la saison 2015 de vélo. Arbres morts sur la piste, chaussée non réparée et dangereuse, accidents à la hausse... Des tronçons de la voie cyclable nationale pourraient même disparaître, estime Vélo Québec.

La semaine dernière, le gouvernement libéral a annoncé l'abolition du programme d'entretien de la Route verte. Les municipalités devant maintenir en santé les 5358 km du réseau perdent 2,8 millions $ - leur unique source de financement provincial en la matière.

Depuis l'annonce de la mesure d'austérité, Vélo Québec Association a fait le tour des organismes responsables de l'entretien de la Route verte. Et le constat est sévère. «On a communiqué avec beaucoup de gestionnaires de réseaux cyclables. Ils ont déjà décidé de couper ici et là. Déjà, on planifie à la baisse. Les réparations vont se faire plus lentement...», prévoit la directrice générale de Vélo Québec Association, Lucie Lanteigne. «Il y a des réseaux qui regardent la possibilité de fermer carrément. Ils nous l'ont dit.»

Le gouvernement provincial versait auparavant 1500 $ par km de route verte à entretenir. La disparition de cette somme aura des conséquences immédiates, selon Lucie Lanteigne. «On va avoir une baisse de l'entretien et une dégradation des pistes. La chaussée va se dégrader. C'est sûr que ça augmente le risque d'accident, et plus de risques de poursuites... des assurances qui montent.»

Les plus petites municipalités soutenant la route verte avaient déjà peu de moyens à leur disposition, déplore la directrice générale. «Ce sont déjà des corporations qui avaient du bénévolat, allaient chercher des fonds privés et chercher des commanditaires.»

Dans la grande région de Québec et de Portneuf, le tronçon le plus connu de la Route verte est la vélopiste Jacques-Cartier-Portneuf. La voie cyclable très fréquentée perdra 90 000 $ en subvention d'entretien dès 2015.

Une bonne partie de la vélopiste se retrouve en zone forestière, ce qui entraîne des coûts considérables d'entretien. «À chaque année, il faut élaguer les arbres; sinon, vous auriez les arbres dans la figure. Il y a beaucoup, beaucoup de travail que les cyclistes ne voient pas nécessairement et qui sont majeurs», image Lucie Lanteigne. «Un autre détail que les cyclistes ne voient pas : en milieu plus forestier, comme la piste Jacques-Cartier-Portneuf, on va avoir des castors qui vont boucher allègrement les ponceaux. Les équipes d'entretien nettoient les ponceaux. Si vous n'aviez pas d'équipe d'entretien pour entretenir la structure, avec les barrages de castor, eh bien des grands bouts de piste partiraient avec les pluies.»

Au final, les cyclistes devront-ils affronter plus de nids de poule et d'arbres morts en mai prochain? «C'est absolument sûr, je vous le confirme», conclut Lucie Lanteigne de Vélo Québec Association, elle-même une ancienne gestionnaire de réseau cyclable.

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Vélopiste «cruciale» pour Saint-Raymond

La ville de Saint-Raymond n'aura pas d'autre choix que de revoir le financement et l'entretien de la vélopiste Jacques-Cartier-Portneuf, fait valoir le maire Daniel Dion.

La vélopiste est cruciale pour le développement touristique et l'offre de loisir de Saint-Raymond, plaide le maire Daniel Dion. «Si ce n'était pas important, on l'aurait laissée tomber, ça ferait longtemps!»

Les coûts d'entretien de l'axe cyclable ne sont pas négligeables. Depuis l'abandon du gouvernement provincial, la ville de Saint-Raymond devient la principale source de financement pour la vélopiste Jacques-Cartier-Portneuf. «Si pour le gouvernement ce n'est plus important, nous, il va falloir réévaluer, avec les MRC et la Ville. La Ville de Saint-Raymond, c'est le plus gros contributeur», dit le maire. «On va réévaluer la situation, voir si on est capables de payer la différence.»

Ce tronçon de 60 km de route est utilisé autant par les visiteurs que par les résidents, rappelle Daniel Dion. «Ce n'est pas juste payant pour les touristes; c'est payant pour les gens qui en font», ajoute-t-il. «Ça part de Sainte-Catherine, et ça va jusqu'à Rivière-à-Pierre.»

La compression budgétaire fera mal au tourisme, renchérit la directrice générale de Vélo Québec Association, Lucie Lanteigne. Le réseau de la Route verte est utilisé dans des centaines de brochures touristiques et est souvent cité dans les sites Web des municipalités. «Il y a énormément plus de revenus - et on a des études à l'appui! - que de dépenses», conclut Lucie Lanteigne, qui poursuivra la mobilisaiton pour faire reculer le gouvernment à ce chapitre.

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