Pont de Québec: bras de fer entre les maires et le CN

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Dans un point de presse conjoint avec Gilles Lehouillier, lundi, Régis Labeaume a prévenu le CN qu'il ne lâcherait pas le morceau au sujet du pont de Québec.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Le maire de Québec saute dans l'arène. Pesant de tout son poids politique, Régis Labeaume demande au CN de «prendre ses responsabilités» et de terminer la peinture du pont de Québec. Alors que son interlocuteur refuse net, il le prévient que la bataille sera longue et corsée s'il le faut.

Les maires de Québec et de Lévis se sont réunis lundi après-midi, sur les terrains de l'Aquarium de Québec, pour lancer un appel à la mobilisation en faveur de la réfection du vieux pont, merveille architecturale rongée par la rouille.

Vêtus tous deux d'un imperméable noir orné du coquelicot, les politiciens ont tenu sensiblement le même discours, à savoir que le propriétaire actuel du pont de Québec, le CN, devait absorber la facture à même ses profits.

Gilles Lehouillier s'est déjà inquiété publiquement de l'état de la structure et a monté le ton la semaine dernière après que la Cour supérieure eut juridiquement donné raison au CN de ne pas terminer les travaux de peinture laissés en plan en 2005. Régis Labeaume se dit à sa «première sortie en sept ans», ayant placé ses espoirs dans les tribunaux.

Le procès terminé, M. Labeaume revient à la charge politiquement, dans le style direct qu'on lui connaît. «Il ne faut pas qu'ils [les gestionnaires du CN] pensent que la population a finalement oublié, va accepter ce refus et que ça va pourrir sur place», a-t-il lancé, soucieux d'améliorer le coup d'oeil à l'entrée de Québec.

Les deux maires ont maintes fois référé aux résultats financiers de l'entreprise ferroviaire, à qui ils attribuent des profits de quatre milliards de dollars l'an dernier. Selon eux, il serait facile d'en prendre une partie - la facture pour une peinture complète pourrait tourner autour de 100 millions $ - afin de retaper le pont de Québec.

Importance historique et économique

Le maire Lehouillier a fait ressortir l'importance historique et économique du pont, sans qui «ce serait le chaos dans le transport entre les deux rives». Des dizaines de trains et 35 000 automobiles y circulent chaque jour.

«Tu peux pas laisser une oeuvre comme ça entre deux villes prospères, laisser un pont rouiller» debout, a renchéri M. Labeaume. Il a bien averti le CN qu'il rejetait «l'argument de la sécurité», voulant que le pont puisse être sécuritaire sans être beau. 

Le CN avait sa réponse toute prête qui tenait en trois paragraphes et qui a été distribuée aux journalistes lundi. Le premier pour dire qu'il reconnaît l'importance stratégique du pont de Québec. Le deuxième pour rappeler qu'il investit massivement dans son entretien. Dans le troisième, il ferme la porte à toute amélioration «esthétique». 

«Aussi louable que soit cet objectif de peinturer le pont, le CN estime qu'il revient à l'administration publique de le réaliser. Le CN réitère son offre de céder le pont à l'administration publique, que ce soit au niveau municipal, provincial ou fédéral, pour leur permettre de réaliser cet objectif s'il est jugé opportun», peut-on lire.

De quoi piquer au vif le maire de Québec, qui est revenu sur le sujet en marge du conseil municipal. «C'est vraiment cavalier. Où est-ce qu'elle est leur conscience sociale? Ils reconnaissent que le pont est historique, dans une ville historique, mais ils ne se reconnaissent pas de responsabilité, c'est assez extraordinaire», s'est-il emporté, enjoignant ses vis-à-vis à faire preuve d'«éthique».

«Je les avertis : c'est cavalier, on n'accepte pas la réponse, qu'ils s'attendent à ce qu'on lâche pas», a martelé M. Labeaume.

Les deux maires n'ont pas caché que leur sortie de lundi fait partie d'un plan plus large. Ils suggèrent aux citoyens de réclamer des actions directement au CN et de sensibiliser aussi les gouvernements. Car s'ils conviennent que c'est au propriétaire actuel de payer pour la peinture, les politiciens municipaux constatent que les pouvoirs publics, surtout le fédéral, ont des «poignées» pour faire plier le CN. 

«On va annoncer bientôt d'autres moyens qu'on va mettre de l'avant dans ce cadre précis de mobilisation», a prévenu Gilles Lehouillier. 

Avec Valérie Gaudreau

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