Le français dans le secteur aérien toujours fragile

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Les obligations linguistiques du transporteur Air Canada et du service de contrôle aérien NAV Canada sont soulignées dans l'étude. «Plusieurs participants considèrent que sans ces obligations, la place réservée au français à Air Canada serait considérablement réduite», écrivent les auteures.

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(Québec) Alors que la volonté et la capacité d'Air Canada d'offrir des services en français font les manchettes, le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) publie une étude démontrant l'importance de l'anglais comme langue de travail dans le secteur aérien.

Lundi, veille du jugement de la Cour suprême établissant que la Loi sur les langues officielles ne s'applique pas pour les vols internationaux, le CSLF diffusait les conclusions de l'étude intitulée L'usage des langues et la place du français dans le domaine du transport aérien au Québec

On y apprend qu'à peine 15 % des travailleurs du secteur aérien déclarent travailler seulement en français, contre 60 % de l'ensemble des travailleurs du Québec. Un peu moins de la moitié (47 %) affirment travailler le plus souvent en français. Le bilinguisme apparaît d'ailleurs comme la norme dans l'industrie: 83 % des travailleurs disent connaître à la fois l'anglais et le français alors que la moyenne provinciale est de 53 %. 

Les obligations linguistiques du transporteur Air Canada et du service de contrôle aérien NAV Canada sont soulignées. «Plusieurs participants considèrent que sans ces obligations, la place réservée au français à Air Canada serait considérablement réduite», écrivent les auteures Julie Bérubé et Sophie Comeau, qui ont mené des entretiens individuels et de groupe avec des travailleurs. Ces témoins (pilotes, agents de bord et contrôleurs aériens) jugent par ailleurs «injuste» que les autres transporteurs ne soient pas soumis au même régime. 

Frustrations

Les entretiens ont fait ressortir certaines frustrations. Des francophones ont dénoncé le fait que des formations se déroulent en anglais dès lors qu'un participant ne connaît pas le français. Les communications et la documentation destinées aux pilotes sont aussi plus susceptibles d'être rédigées en anglais seulement. 

Il faut dire que la langue anglaise jouit d'un caractère universel dans le secteur aérien, tandis que la terminologie en français a ses limites. Les autorités gouvernementales sont d'ailleurs invitées à appuyer les entreprises dans le développement d'un vocabulaire efficace et légitime. 

Le portrait dressé par le Conseil supérieur de la langue française est «juste», considère Nicolas Gauthier, président de la section pilotes professionnels de l'Association aéronautique des gens de l'air (AAGA). L'organisation, qui a mené la bataille pour l'usage du français dans l'aviation dans les années 70, estime que les risques de régression linguistique sont réels et appelle à la vigilance. 

Air Canada est notamment invitée à montrer l'exemple autant pour les services aux passagers que les relations avec ses employés. Depuis plusieurs années, l'entreprise «est continuellement en réaction, elle n'anticipe pas», constate M. Gauthier. 

Les plus petits transporteurs doivent aussi faire l'effort de communiquer dans les deux langues, insiste l'AAGA, pour qui le bilinguisme n'est pas une contrainte, mais une question de sécurité.

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