Troisième lien ferroviaire sur la Côte-Nord: les élus confiants du succès du projet

Le gouvernement du Québec entend évaluer si le... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Le gouvernement du Québec entend évaluer si le troisième lien ferroviaire sur la Côte-Nord pourra cohabiter avec les deux autres, dont celui de l'ancienne Iron Ore (photo).

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Les trois gouvernements qui se sont succédé à l'Assemblée nationale depuis 2010 ont en commun la promotion d'un mégaprojet, un troisième chemin de fer qui plongerait de Sept-Îles vers Schefferville. Cette fois sera la bonne, croit le ministre Pierre Arcand, mais aussi la péquiste Lorraine Richard.

Québec a confirmé récemment que deux firmes minières s'associent à lui pour conduire une étude de faisabilité pour une nouvelle liaison par train pour la Côte-Nord. Mines de fer Champion possède des droits sur un gisement de fer près de Fermont; Exploration minière Lac Otelnuk, sur un autre, beaucoup plus loin, à 170 kilomètres au nord de Schefferville.

Québec avance 20 millions $ pour une première phase qui examinera la section allant de la côte jusqu'à Fermont. Croisé vendredi au parlement, le ministre Arcand, responsable du Plan Nord, a précisé que deux firmes minières consacreront entre 10 et 20 millions $ à cette étude.

Le rapport de faisabilité pour ce tronçon de la voie ferrée ne sera pas achevé avant la fin de 2015. Pour l'instant, il n'est pas possible de savoir quand les experts s'attaqueront à la seconde portion du trajet et ce qu'il en coûtera.

Compte tenu des investissements requis pour mener l'aventure à terme, «c'est clair qu'on parle d'un énorme projet», a commenté le titulaire du portefeuille de l'Énergie et des Ressources naturelles. Le projet est sommairement évalué à 2 à 3 milliards $, a rappelé le politicien. Certains avancent le chiffre de 5 milliards $.

À tour de rôle, le premier ministre libéral Jean Charest, qui a lancé le Plan Nord, en 2010, et la première ministre péquiste Pauline Marois, au pouvoir pendant

18 mois à compter de septembre 2012, ont promis de réaliser cet ouvrage devant s'étirer sur

750 kilomètres.

Pierre Arcand s'est dit assuré que le gouvernement de Philippe Couillard se rende au bout de l'idée. «Nous sommes rendus dans l'étude de faisabilité. Ce qui est important de constater qu'il existe déjà deux chemins de fer, celui de l'ancienne Iron Ore [vers Schefferville] et celui d'Arcelor Mittal [qui s'arrête à Fermont].

«Ce sont des chemins de fer privés», a poursuivi le député-ministre de Mont-Royal. Il est nécessaire de faire l'étude de faisabilité de la troisième ligne de chemin de fer. Nous avons procédé par une société en commandite [avec les deux minières] parce que cela nous permet que ça devienne une ligne multiusager.»

Un besoin

Lorraine Richard, députée de Duplessis, où se trouvent Fermont et Schefferville, est certaine que le dossier est bien sur les... rails. Les 20 millions $ de l'État témoignent du sérieux de l'entreprise. Surtout, la Côte-Nord «a besoin d'un tel chemin de fer» pour répondre à un avenir qui s'incarne dans des projets miniers de grande envergure, a-t-elle indiqué.

L'élue du Parti québécois est d'accord avec l'orientation des libéraux de Philippe Couillard dans ce dossier. Mais Mme Richard a fait remarquer que c'est le gouvernement de Pauline Marois qui avait bloqué l'idée initialement lancée par le libéral Jean Charest. Ce dernier avait confié au Canadien National et à la Caisse de dépôt et placement du Québec le mandat de conduire des études pour ce lien, sans association avec des utilisateurs.

À l'époque, Le Soleil avait fait part des objections des minières à ce que le CN et la CDPQ agissent, en quelque sorte, comme intermédiaire pour un lien qu'ils voulaient aménager. Le gouvernement Marois avait retiré le mandat et s'était engagé dans la réalisation d'un examen de faisabilité.

L'idée reçoit un accueil partagé chez les autochtones, rencontrés vendredi à l'Assemblée nationale, lors de la commission parlementaire sur la Société du Plan Nord. Les Naskapis, établis dans la région de Schefferville, ne l'endossent pas. «Nous ne le permettrions pas», a commenté brièvement Edward Shecanapish. Il a évoqué le fait que les Naskapis sont maintenant copropriétaires du lien par rail jusqu'à Schefferville.

Les Innus prudents

Les Innus sont copropriétaires de la même voie ferrée. Réal McKenzie, chef de la communauté voisine des Naskapis, voit les choses autrement. «Je ne peux être contre», a-t-il commencé par dire. Mais lui et sa communauté attendront les études environnementales et techniques de même que les ententes avec le gouvernement et les minières pour arrêter une opinion.

M. McKenzie a rappelé la nature de ces conditions. Elles se résument surtout au respect de l'environnement, au niveau de redevances versées aux communautés et au respect des prérogatives du gouvernement autochtone.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer