Le transport par rails angoisse l'Est-du-Québec

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Le CN rencontrera le 2 décembre les services d'urgence des municipalités touchées par le projet de Chaleur Terminals afin de les informer sur les plans d'urgence et sur ce qu'il faut faire en cas de déversement. Le but est d'éviter un drame comme celui de Lac-Mégantic.

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Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Bonaventure) Il n'y a pas que le transport du pétrole par navire ou par oléoduc qui crée des remous ces jours-ci. Le transport par rails continue lui aussi de susciter de l'inquiétude, notamment au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie où passe le chemin de fer qui doit acheminer le pétrole de la firme Chaleur Terminals vers Belledune, au Nouveau-Brunswick. Certains élus sont si inquiets que le Canadien National a décidé de prendre les devants pour tenter de calmer le jeu.

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Le projet de Chaleur Terminals d'exporter du pétrole de l'Ouest canadien par le port de Belledune (photo) en empruntant le chemin de fer inquiète plusieurs élus dans l'Est-du-Québec. 

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Considérant l'accident qui a coûté la vie à 47 résidents de Lac-Mégantic en 2013, le CN aime mieux prévenir que guérir. Pour ce faire, il prévoit donner une journée de formation en cas de déraillement et de déversement aux services d'urgence de toutes les municipalités concernées.

Le transporteur ferroviaire s'était attiré des critiques au mois d'avril parce qu'il n'avait communiqué avec aucun élu municipal entre Rivière-du-Loup et Matapédia, corridor que veut emprunter Chaleur Terminals pour exporter par le port de Belledune du pétrole de l'Ouest canadien. Il s'agirait principalement de pétrole lourd des sables bitumineux de l'Alberta.

L'entreprise a tenté de corriger le tir le 20 juin en invitant les maires de Rivière-du-Loup à Matapédia à une séance d'information, à Mont-Joli. Le danger que représente la circulation de convois chargés de pétrole avait alors été au coeur des préoccupations des élus.

«La seconde séance d'information aura lieu le 2 décembre. Elle s'adressera aux divers services d'urgence municipaux de la région. Ce sera l'occasion de parler de plans d'urgence et de ce qu'il faut faire en cas de déversement», précise Louis-Antoine Paquin, porte-parole du CN.

Le projet de Chaleur Terminals inquiète de nombreux élus. Le maire d'Amqui, Gaétan Ruest, a déjà exprimé son opposition au projet, même s'il est généralement un défenseur de l'utilisation du rail.

Le conseil municipal de Saint-Alexis, près de Matapédia, demande quant à lui un moratoire sur le transport massif du pétrole par rail, évoquant les risques pour l'environnement et pour la population vivant en bordure de l'emprise ferroviaire. Le maire Guy Gallant réclame l'intervention du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. 

Investissements du CN

Louis-Antoine Paquin précise que le CN, indépendamment du projet de Chaleur Terminals, a investi 19 millions $ depuis cinq ans dans l'entretien et l'amélioration du tronçon Mont-Joli-Matapédia, long d'un peu plus de 150 kilomètres. Plus de la moitié de cette distance longe la rivière ou le lac Matapédia. À partir du village du même nom, le chemin de fer suit la rivière Restigouche et la baie des Chaleurs. Tous ces milieux sont réputés pour le saumon ou le homard, entre autres.

«La voie est sécuritaire et capable de prendre l'augmentation de trafic qu'occasionnerait le projet de Chaleur Terminals. Nous faisons une inspection visuelle de la voie deux fois par semaine, nous vérifions sa géométrie (l'écartement des rails, leur niveau, les normes dans les courbes) quatre fois par an et nous réalisons des tests aux ultrasons six ou sept fois par an», note M. Paquin.

Chaleur Terminals, contrôlée par Secure Energy, acquéreur du premier promoteur, Predator Oil, veut acheminer deux trains de 110 à 120 wagons-citernes par jour à Belledune, dans une première phase qui comprendrait la construction de huit réservoirs d'une capacité totale d'entreposage de 1,2 million de barils de pétrole.

L'avancement du projet est plus lent qu'il avait été présenté par Chaleur Terminals en avril. La direction de la firme envisageait un chantier durant l'été. Son porte-parole John Levson parle d'une construction qui «s'amorcera vraisemblablement en 2015. L'exploitation devrait débuter dans un délai de 6 à 18 mois suivant le début des travaux». L'investissement s'établirait entre 150 et 300 millions $.

Pendant ce temps, l'opposition monte. Devant l'absence d'information fournie au public par Chaleur Terminals, le mouvement Tache d'huile a tenu récemment trois assemblées du côté gaspésien de la baie des Chaleurs. Plus de 100 personnes y ont participé.

«De ce côté de la baie des Chaleurs, il n'y a que des risques environnementaux et aucun avantage économique. Le projet met à risque des centaines, voire des milliers d'emplois dans des secteurs comme la pêche et le tourisme. Même du côté du Nouveau-Brunswick, on parle de créer 30 emplois. Ça ne fait pas le poids comparativement au risque», note Luc Potvin, d'Environnement vert-plus.

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