Lehouillier somme le ministère des Transports de respecter ses engagements

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Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, n'a pas du tout apprécié apprendre dans le journal que l'un des projets de reconfiguration routière sur lequel il compte le plus pour améliorer la fluidité de la circulation dans sa ville était renvoyé aux calendes grecques.

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Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Le maire de Lévis est en furie contre le ministère des Transports, qui renie ses engagements à améliorer les principaux axes routiers lévisiens et met sa ville «dans le trouble» selon lui.

Le Soleil révélait jeudi que le ministère des Transports du Québec (MTQ) reportait indéfiniment le projet de reconfiguration des routes 116 et 132 qui mènent au pont de Québec.

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, n'a pas du tout apprécié apprendre dans le journal que l'un des projets de reconfiguration routière sur lequel il compte le plus pour améliorer la fluidité de la circulation dans sa ville était renvoyé aux calendes grecques.

«C'était dans les cartons du Ministère. Soudainement, on nous apprend, par la voie d'un fonctionnaire, même pas par la voie officielle, que c'est disparu! [...] On est disparu de l'écran radar du ministère des Transports en ce qui concerne les améliorations qu'on doit apporter à nos systèmes routiers.»

Pourtant, la situation est loin d'être confortable dans ce secteur. «On a des problèmes qui deviennent persistants et majeurs dans le coin», dit-il. À un point tel que les automobilistes pressés empruntent à haute vitesse les rues des quartiers résidentiels avoisinants pour éviter la congestion sur la route du Pont, déplore-t-il.

Si ce projet passe à la trappe, Lévis est «dans le trouble», affirme sans détour Gilles Lehouillier.

«Le MTQ devra prendre conscience d'une chose : nous créons depuis les 10 ou 15 dernières années, 1000 emplois par année. On est rendus à la saturation. Sur Kennedy [dans le secteur centre-ville], ça fait 15 ans qu'on est à la saturation. Il va falloir que le MTQ soit en mode action.»

Pénalisant pour la création d'emplois

Cette croissance ne pourra pas se maintenir. «Notre développement, malheureusement, ne pourra plus se faire à Lévis si on n'améliore pas de façon minimale nos axes routiers. [...] Ça devient pour nous pénalisant de créer des emplois.» Pourtant, ces arguments devraient être entendus par le MTQ et par le gouvernement libéral, selon lui, et le développement et la création d'emploi devraient figurer dans leurs priorités.

Le développement résidentiel, qui connaît un essor marqué dans l'ouest de Lévis, ne pourra pas non plus soutenir cette cadence si les axes routiers ne sont pas améliorés en conséquence, plaide le maire.

Il souligne que ces projets étaient connus et attendus, en plus d'être inscrits dans la planification du Ministère. Le directeur régional lui-même les avait présentés devant la Chambre de commerce de Lévis il y a deux ans, rappelle Gilles Lehouillier. «Le MTQ ne respecte pas les engagements qu'ils ont pris. Il faudra qu'on revoie tout ça. Ce ne sont pas des dépenses, ce qu'on demande, ce sont des investissements pour créer encore plus d'emplois.»

L'ajout de feux de circulation que la Ville espérait au coin de Claude-Jutra et de Marie-Victorin n'est pas davantage dans les plans du MTQ, au grand dam du maire. «On a juste demandé un feu de circulation Claude-Jutra dans lequel la Ville est prête à mettre un million de dollars. Et qu'avons-nous? Rien!»

Le ministère des Transports dit suivre la progression du développement résidentiel dans le secteur de Roc-Pointe et de l'ancien cinéparc, mais confirme qu'il n'y a pas d'aménagement prévu à court terme à l'intersection de la rue Claude-Jutra.

M. Lehouillier n'a pas l'intention de rester les bras croisés. Il a demandé une rencontre avec le ministre des Transports, Robert Poëti. Les deux hommes se verront la semaine prochaine. «On va prendre le bâton du pèlerin. On va rencontrer le ministre des Transports pour lui expliquer un peu la réalité [de Lévis].» 

Avec Annie Morin

Une décision dénoncée par les candidats

En mettant sur la glace le projet de reconfiguration de l'approche des ponts, le gouvernement «abandonne» les Lévisiens purement et simplement, estime la Coalition avenir Québec. Québec solidaire s'inquiète pour sa part pour le sort du transport en commun.

«C'est une triste nouvelle. Les libéraux, manifestement dans ce dossier-là, abandonnent Lévis», a exprimé le candidat caquiste François Paradis, qui se présente à la partielle de Lévis. La congestion routière dans la ville fait pourtant partie des principales préoccupations des citoyens, perçoit-il. «Ce qui est plus grave encore, c'est qu'on n'a plus d'échéancier, plus rien. [...] C'est inadmissible.»

Un projet porté par...la candidate libérale

Ce projet, rappelle-t-il, a été porté par la candidate libérale Janet Jones, qui était de l'équipe du maire Gilles Lehouillier avant de plonger dans la campagne provinciale.

Mme Jones n'a pas souhaité nous accorder d'entrevue sur cette question, son horaire étant chargé. Mais son attachée de presse, Alexandra Bernier, a assuré qu'elle tient «beaucoup» à ce projet et qu'elle compte le défendre auprès du ministre des Transports. «Elle sera la personne forte pour pousser ces projets-là qui lui tiennent à coeur.»

«Son but, c'est de se faire élire lundi. À partir de mardi matin, elle sera en mesure de s'asseoir avec les gens de la Ville et du MTQ [ministère des Transports du Québec] concernant la priorisation des projets en transport à Lévis.»

Le candidat de Québec solidaire Yv Bonnier Viger s'inquiète des répercussions sur les projets d'amélioration du transport en commun. Car l'élargissement de la 116 et de la 132 prévoyait l'aménagement de voies réservées pour les autobus. «C'est assez préoccupant. On ne peut pas parler des deux côtés de la bouche. Vouloir améliorer le transport en commun et, en même temps, faire que les autobus sont pris dans un bouchon de circulation jusqu'à la tête des ponts.»

Pour le péquiste Alexandre Bégin, cette décision est un autre exemple de la cure d'austérité libérale. «Ils ont décidé de couper dans les infrastructures et les gens de Lévis vont en faire les frais», déplore-t-il. «J'aurais voulu entendre Mme Jones. C'est elle qui affirmait que les dossiers vont avancer et qu'elle aura une voix forte au gouvernement. Voilà que déjà un dossier qui est bloqué par les mesures libérales.»

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