Du pétrole canadien exporté de Québec?

Le projet d'aggrandissement du Port de Québec, un... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Le projet d'aggrandissement du Port de Québec, un investissement de 500 milions $, touche particulièrement le secteur de la Baie de Beauport.

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(Québec) Les nouvelles infrastructures planifiées par le Port de Québec à la Baie de Beauport permettraient d'exporter du pétrole brut provenant des sables bitumineux de l'Ouest canadien. Ce marché est considéré et étudié, confirme le président-directeur général de l'Administration portuaire de Québec (APQ), Mario Girard.

Le projet d'agrandissement du port, qui doit être déposé sous peu au gouvernement fédéral, comprend l'ajout de deux quais classiques à l'extrémité est du secteur Beauport, obligeant le déplacement du parc et de la plage.

Il prévoit aussi l'aménagement d'un quai en eau profonde de type duc-d'Albe (ou dolphin en anglais) pour que les navires s'approvisionnent en vrac liquide ou en déchargent sans toucher la côte, grâce à un réseau de pipelines sous-marins. Situé à l'embouchure de la rivière Saint-Charles, il permettrait de désengorger les autres quais, où le trafic est intense au point d'engendrer des retards à certaines périodes de l'année.

Le duc-d'Albe est évalué à 140 millions $ sur un investissement total de plus de 500 millions $.

Voici comment l'APQ décrit cet équipement sur son site Web : «Avantage hautement stratégique, le duc-d'Albe offrira une solution compétitive pour le Port de Québec afin de devenir un point de sortie pour les exportations de produits pétroliers canadiens.»

Questionné sur la dernière partie de l'affirmation, M. Girard affirme que «c'est une forme d'utilisation possible, mais on n'a pas encore attaché des projets» concrets. Il ajoute qu'«on va faire ça seulement si on est capables d'offrir le plus haut respect des normes sécuritaires».

IMTT-Québec et Canterm gèrent le terminal de vrac liquide de Beauport. On y trouve actuellement des réservoirs de méthanol, d'essence, de diesel et de carburant pour les avions (jet fuel), entre autres. La marchandise arrive par bateau et repart par train la plupart du temps.

Marc Dulude, vice-président directeur d'IMTT-Québec, affirme lui aussi qu'il n'y a pas de clients à la porte pour exporter du pétrole, brut ou pas, canadien ou pas. «On en avait déjà eu [des discussions], mais Mégantic a tout fait reculer», dit-il.

Développement gelé

S'il reste de l'espace pour construire quelques réservoirs, celui-ci fait remarquer que tout développement est «gelé tant que la cause ne sera pas entendue». Cette cause, c'est celle qui oppose le Port et son locataire au ministère de l'Environnement du Québec. Un juge devra trancher si la Loi québécoise sur la qualité de l'environnement s'applique en territoire portuaire fédéral. La date du procès n'est pas encore fixée, deux ans après que la cause ait été inscrite en Cour supérieure.

Le pdg de l'APQ répète que des études économiques et environnementales ont été lancées pour couvrir tous les angles du projet d'agrandissement. Ces dernières concernent «la sécurité maritime, le fond marin, les poissons, les oiseaux, le bruit, la poussière», énumère-t-il.

Le Port a notamment suivi le processus d'examen TERMPOL, élaboré par un comité interministériel fédéral et destiné aux terminaux de manutention et de transbordement d'hydrocarbures, de produits chimiques et de gaz liquéfiés en vrac. Cet examen a pour but d'identifier les principaux risques d'accident ainsi que les mesures de sécurité et de prévention de la pollution dans les systèmes de transport maritime.

Cela pour présenter un «projet prêt à démarrer» au gouvernement fédéral, souligne Mario Girard, qui promet toujours une consultation publique sur le sujet au cours des prochains mois.

Inversion du pipeline Énergie-Est: les risques de déversements diminueraient

Les risques de déversements d'hydrocarbures dans la voie maritime, l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent diminueront avec l'inversion de la ligne 9 d'Enbridge, conclut un rapport daté de janvier 2014 et réalisé par WSP (anciennement Genivar) pour le compte de Transports Canada.

À la demande d'Ottawa, la firme de génie-conseil a étudié les risques liés aux marées noires dans les eaux canadiennes au sud du 60e parallèle. À la fin du volumineux document, une annexe porte particulièrement sur les projets à venir au Canada en lien avec les hydrocarbures, dont l'inversion de la ligne 9 d'Enbridge et le pipeline d'Énergie Est de TransCanada.

WSP explique que dans le premier cas, le transport de 300 000 barils par jour de pétrole brut produit dans l'Ouest canadien serait assuré vers les raffineries de Montréal et de Québec (Valéro). «Si le pétrole devait être utilisé pour alimenter les raffineries du Québec, il pourrait supplanter les importations effectuées par pétroliers à ces endroits», soulignent les experts.

À terme, croient-ils, cela pourrait même signifier l'élimination complète de ces importations de pétrole par navire - en provenance de l'Europe et de l'Afrique - et l'essor des exportations par pétroliers «en fonction de la quantité excédentaire de la capacité de raffinage». Cela aurait pour conséquence de réduire la fréquence de déversement ainsi que le niveau de risque associé, analysent-ils. Or, la cote attribuée à l'Indice de sensibilité environnementale (ISE) associé aux très grands volumes de pétrole brut est «élevée» pour le fleuve et «très élevée» pour l'estuaire du Saint-Laurent. Pour le golfe, elle est plutôt «moyenne» ou «faible».

Quant au projet Énergie Est de TransCanada, qui doit transporter du pétrole des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'au Nouveau-Brunswick en passant le Québec, seuls les risques de déversements de pétroliers pour le secteur de la côte de l'Atlantique sont étudiés. Ils sont considérés comme équivalents à ceux prévalant aujourd'hui. L'oléoduc doit néanmoins parcourir la rive nord du fleuve avant d'y plonger à la hauteur de Saint-Augustin pour rejoindre la Rive-Sud. Cette possible incursion en dessous de l'eau n'est pas évaluée. Annie Mathieu

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