Les réductions et les abandons de trajets demandés par Orléans autorisés

Outre l'abandon des trajets vers La Tuque, Grand-Mère... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Outre l'abandon des trajets vers La Tuque, Grand-Mère et Thetford Mines, Orléans mettra un terme à certains trajets vers Gaspé et réduira la fréquence de ceux qui demeureront dans l'ensemble de la Gaspésie et le Bas-du-Fleuve.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Gilles Gagné
Le Soleil

(Carleton-sur-Mer) La Commission des transports du Québec a servi un dur coup à six régions administratives québécoises vendredi en approuvant entièrement les demandes de réduction de services déposées en mai par Autocars Orléans Express et sa compagnie mère, Keolis Canada.

La Montérégie, le Centre-du-Québec, la Mauricie, la Chaudière-Appalaches, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie perdent parfois des liaisons entières d'autocars ou d'importantes portions de leurs services. Ainsi, le trajet Thetford-Victoriaville est entièrement supprimé, alors que le nombre de liaisons entre Rimouski et Gaspé passe de quatre à une, et que les allers-retours Rimouski-Sainte-Anne-des-Monts et Rimouski-Carleton sont abolis.

Le directeur de la Conférence régionale des élus de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Gilbert Scantland, n'est pas surpris par la décision de la Commission des transports, «parce qu'elle est très "administrative" en prenant acte des permis», mais il est «déçu parce que ça va affecter la population», dit-il, avant de durcir le ton.

Lors des audiences de la Commission des transports, en août et en septembre, de nombreuses organisations, les institutions de santé notamment, avaient fait valoir l'importance des services d'autocars et leur fréquence actuelle pour assurer le transport d'usagers et notamment de dizaines de milliers d'enveloppes contenant des échantillons à analyser dans des hôpitaux spécialisés.

Toutefois, «Orléans a démontré que les pertes financières de la compagnie étaient susceptibles d'affecter sa survie, si aucune action n'était posée. En contrepartie, elle a également fait la démonstration que la réduction de services demandée, combinée aux autres actions de son plan de redressement, lui permettrait de rétablir sa rentabilité et de maintenir en partie ses services interurbains», mentionne la Commission dans sa décision.

Du côté de Keolis Canada, le porte-parole Marc-André Varin se dit «heureux, oui», et «agréablement surpris» de la décision rendue vendredi.

«On tient à souligner le courage de la Commission des transports du Québec d'avoir accepté toutes les demandes et rapidement. C'est une étape importante pour la compagnie. Toutefois, on reconnaît un impact important à court terme sur plusieurs employés. Mais ça va permettre la survie et la poursuite des activités d'Orléans», précise M. Varin.

Pertes importantes

Keolis Canada a déclaré des pertes de 3,5 millions $ en 2013. Ça correspond au manque à gagner entre Rimouski et Gaspé, selon les chiffres déposés devant la Commission des transports en août. La compagnie a reçu une «aide d'urgence» de450 000 $ du gouvernement du Québec récemment, après que sa direction eut parlé de précarité financière.

Keolis a déclaré des profits au cours de 11 des 12 années depuis sa prise de contrôle d'Orléans Express. Le transporteur jouit d'un monopole entre Québec et Montréal en échange d'une obligation de desservir des régions, une notion assez vague. Sa direction a indiqué en audiences que la baisse d'achalandage avait contre balancé les avantages du monopole.

M. Varin conclut en disant que là où il restera des services, «les horaires vont changer, le nombre d'arrêts sera réduit pour qu'on devienne un service semi-express». Il restera 13 arrêts à l'est de Rimouski, comparativement à 46.

Dans la Baie-des-Chaleurs, Éric Dubé, maire de New Richmond, le principal lieu commercial du secteur, voit sa ville perdre son arrêt d'autobus. «Pour les personnes, c'est un paquet de problèmes.»

Du côté sud de la Gaspésie, il n'y a plus d'arrêt sur une distance de 155 kilomètres entre Carleton et Chandler, selon la décision rendue vendredi.

Le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de transports, François Bonnardel, a réagi vendredi en posant une question au ministre des Transports Robert Poëti.

«Nous avions déjà questionné le ministre pour savoir quel serait son plan, dans l'éventualité où la Commission des transports accepterait la demande d'Orléans Express. Il nous avait dit qu'il allait voir lorsque la décision serait rendue. Maintenant que c'est chose faite et que plusieurs régions du Québec risquent de ne plus être desservies par Orléans Express, qu'est-ce que le ministre compte faire?» a demandé M. Bonnardel.

Secret sur les colis

Lors des audiences de la Commission des transports en Gaspésie en août, le public avait notamment appris que les revenus venant du transport des colis n'apparaissaient pas au bilan d'Orléans Express. Ils représentent probablement des centaines de milliers de dollars par an dans la péninsule seulement, mais le porte-parole du transporteur ne les avait pas en mains à cette occasion, et les commissaires avaient indiqué que leur juridiction ne s'appliquait qu'aux passagers. La Commission a toutefois exigé ces chiffres lors des audiences de Québec, les 10 et 11 septembre, mais ils demeureront secrets, semble-t-il. «Des états financiers détaillés ont été présentés, mais scellés. Ce n'est pas de l'information que nous sommes «confortables de rendre publique», a indiqué vendredi Marc-André Varin, d'Orléans, au Soleil.

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