Pas de panneau sans radar photo

Le chantier de l'autoroute Félix-Leclerc (40) à la... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le chantier de l'autoroute Félix-Leclerc (40) à la hauteur de Saint-Augustin-de-Desmaures fait partie des cinq qui sont contrôlés périodiquement par radar photo. Le panneau qui annonce l'appareil mobile était masqué jeudi, puisque ce dernier n'était pas en fonction à ce moment-là.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Dorénavant, quand il y aura un panneau orange annonçant un radar photo, il y aura bel et bien un radar photo en activité sur le chantier routier visé. Le ministre des Transports, Robert Poëti, fait siennes les critiques contre l'affichage excessif des cinémomètres photographiques mobiles et se montre déterminé à faire «respecter l'entente qu'on a avec les citoyens du Québec».

Jusqu'en début de semaine, les radars photo mobiles déployés dans les zones de travaux étaient déplacés de site en site - par la Sûreté du Québec, qui a la responsabilité de les gérer -, mais l'affichage demeurait en place tout au long du chantier.

Les automobilistes étaient donc prévenus par deux panneaux orange - trois sur les autoroutes - de la «possibilité» que leur vitesse soit contrôlée par une machine. Sur les emplacements permanents, les normes sont les mêmes, mais la présence de l'appareil est garantie.

M. Poëti dit avoir pris conscience de cette façon de faire il y a un mois environ et avoir aussitôt témoigné de son inconfort aux fonctionnaires de son ministère.

Depuis, des critiques se sont fait entendre sur les ondes de Radio-Canada et au micro de Paul Arcand. Québec-Ticket et Contravention Experts, des consultants spécialisés dans la contestation de contraventions, déploraient la désensibilisation des automobilistes qui s'habituent à voir les affiches, mais pas de radars photo. Conséquemment, ils recommencent à rouler au-delà des limites de vitesse permises et sont surpris quand un appareil est effectivement présent.  

Il n'en fallait pas plus pour que le ministre revienne à la charge auprès de son personnel et ordonne le masquage des panneaux excédentaires. «Il a été dit au jour un, dans l'entente de départ, que lorsqu'il y aurait des photo-radars, ils seraient affichés et qu'on dévoilerait toujours les endroits» sous surveillance, a-t-il rappelé jeudi en entrevue au Soleil.

M. Poëti en fait une question d'«honnêteté» : «Je vais respecter l'entente qu'on a avec les citoyens du Québec.»

Quitte à prendre ses distances avec les employés sous sa responsabilité. En effet, le titulaire des Transports n'hésite pas à dire qu'«il y a des gens qui ont erré dans l'installation de ça» et qualifie de «très mauvaise réponse» l'explication donnée jusqu'ici par les porte-parole officiels du Ministère. Ceux-ci ont toujours plaidé que la seule vue du pictogramme annonçant un radar photo suffisait à faire ralentir les usagers de la route à l'approche des chantiers, diminuant du coup les risques d'accident.

Signaleurs mécontents

C'est aussi le discours des signaleurs routiers. Jean-François Dionne, porte-parole de l'Association des travailleurs en signalisation routière du Québec, fulminait jeudi après avoir constaté le changement de cap ministériel. Il a rappelé que les radars photo avaient fait leur apparition en zones de travaux pour assurer la protection des ouvriers. Selon lui, l'affichage permanent avait l'avantage de «faire quand même ralentir le monde» et devrait être maintenu «pour une question de sécurité».

Mais pour Robert Poëti, l'acceptabilité sociale est plus importante que tout. Sent-il que le sujet est sensible dans la population? «Si on triche, certainement», répond-il du tac au tac.

Le gouvernement provincial a passé une commande pour 18 radars photo mobiles supplémentaires, dont une bonne partie est destinée à des municipalités volontaires pour un projet pilote. Les villes de Québec et de Montréal ont déjà tenté de convaincre le Ministère de les afficher à l'entrée des quartiers plutôt qu'à l'endroit précis où ils pourraient se retrouver. Le ministre des Transports de l'époque, Pierre Moreau, a refusé.

Son collègue Poëti réaffirme que les villes devront non seulement prévenir les automobilistes de la présence des appareils, mais éviter tout affichage superflu. «Les villes vont se conformer à ce règlement-là aussi», souligne-t-il.

La nouvelle procédure obligera les policiers de la SQ à prévenir les employés du ministère des Transports de leurs interventions sur les chantiers afin que la signalisation soit ajustée et que les automobilistes sachent à quoi ils s'exposent.

Audrey-Anne Bilodeau, porte-parole de la Sûreté du Québec, assure que la surveillance photographique se poursuivra en tout respect des directives du MTQ. Elle souligne par ailleurs que «les policiers vont continuer de faire du contrôle conventionnel dans les zones de travaux. Et dans ce temps-là, on peut mettre les points d'inaptitude.»

Les infractions captées par radar photo sont punies par des amendes, mais ne sont pas accompagnées de points d'inaptitude. De mai à septembre 2013, 6673 constats ont été distribués pour un total de 1 750 609 $.

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