Basse-Côte-Nord et île d'Anticosti: pas de desserte cet hiver

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Le Bella Desgagnés assurait depuis quatre ans la liaison maritime hivernale entre la Basse--Côte-Nord et l'île d'Anticosti.

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Steeve Paradis

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Baie-Comeau) Le Bella Desgagnés n'assurera pas la desserte maritime de la Basse-Côte-Nord et de l'île d'Anticosti à l'hiver. La Société des traversiers du Québec (STQ) a décidé de mettre fin, pour une question budgétaire, à ce service en place depuis quatre ans, au désespoir des résidents.

«Avec notre budget d'opération réduit de 7 millions $ pour 2014-2015 [sur un budget total de 

111 millions $, dont 89 millions $ venant de Québec], il a été décidé de mettre fin à tous les projets d'ajout de services en dehors de nos obligations contractuelles avec nos partenaires», a déclaré la porte-parole de la Société, Maryse Brodeur.

La desserte hivernale par le Bella Desgagnés en Basse-Côte-Nord était un projet-pilote, en place depuis l'hiver 2010-2011 à la suite d'une demande en ce sens de la MRC du Golfe-du-Saint-Laurent, qui regroupe les localités de la Basse-Côte-Nord. Pour cette année, la desserte hivernale était estimée à 2,5 millions $.

Quant au reste de la somme de

7 millions $ qui doit être coupé, il sera trouvé notamment avec le report de travaux non urgents à certains quais et certaines mises à niveau de navires qui peuvent attendre. «Ça se fera aussi avec un resserrement un peu partout, comme réduire la vitesse des navires et compresser des frais administratifs», a précisé le président--directeur général par intérim de la STQ, Jocelyn Fortier, qui assure «qu'aucun service habituel ne sera réduit».

Des élus consternés

Historiquement, les villages de la Basse-Côte-Nord étaient reliés en hiver par la Route blanche, un sentier de motoneige balisé qui traverse toute la région. Mais avec les changements climatiques, cette route n'est plus toujours existante. C'est ce qui a fait réagir la députée de Duplessis, Lorraine Richard, la première à rendre publique cette décision de la STQ.

«Il importe peu au gouvernement Couillard que les citoyens et citoyennes ne puissent plus se fier à la Route blanche pour circuler de village en village et s'approvisionner. Il ne se soucie pas des conséquences importantes qu'entraîne cet isolement forcé. On coupe et fait fi des dommages collatéraux», a lancé

Mme Richard, qui juge inacceptable que ces citoyens «fassent les frais de l'obsession "coupures et compressions" des libéraux».

Le maire de Gros-Mécatina, Randy Jones, est estomaqué par la décision. «On nous enlève ce service, mais je n'ai pas entendu dire que la STQ coupait d'autres services ailleurs. On tape encore sur les plus démunis», a déclaré celui qui se dit «tanné de [se] lever chaque matin avec une bataille différente à mener pour la survie de [sa] communauté».

M. Jones rappelle que la Route blanche n'est plus aussi sûre qu'autrefois, ce qui ne permet plus de voyager entre les villages. Sans bateau ou motoneige, il ne reste que l'avion, totalement hors de prix. «Si on pouvait avoir la fameuse route [138], ça réglerait bien des problèmes», signale le maire, qui voit son village de plus en plus isolé.

«Si le Québec ne veut pas de nous, que le gouvernement nous fasse une offre et qu'ils achètent nos villages pour les fermer, comme il l'a fait avec Aylmer Sound», a conclu Randy Jones. Le village d'Aylmer Sound a été officiellement fermé le 31 décembre 2007, après que le gouvernement eut débloqué 1,7 million $ pour dédommager la quinzaine de résidents qui y vivaient encore et démolir les maisons et les immeubles.

Le cabinet du ministre délégué aux Transports, Jean D'Amour, a décliné la demande d'entrevue du Soleil, qui voulait savoir si le gouvernement n'avait pas un certain devoir de désenclaver la Basse--Côte-Nord durant la période hivernale.

Saison terminée à la mi-janvier

Le Bella Desgagnés terminera sa saison de desserte vers la mi-janvier et prendra ensuite la route du chantier naval de son propriétaire, le groupe Desgagnés, afin d'avoir son entretien d'hiver. «C'est normal que ce navire termine à la mi-janvier pour reprendre en avril. Il faut qu'il passe en chantier pour son entretien hivernal», a souligné Robin Kelleher, directeur général de Relais Nordik, la filiale du groupe Desgagnés, qui exploite le Bella Desgagnés. Selon M. Kelleher, Relais Nordik a accepté de prolonger le service durant l'hiver lors des quatre dernières années, à la demande de la Société des traversiers, «et on a dû raccourcir en conséquence notre temps d'entretien», a-t-il ajouté. Selon la STQ, le prolongement du service vers la Basse-Côte-Nord en hiver allongeait la saison entre 40 et 44 jours. Le directeur général de Relais Nordik a aussi assuré qu'il n'était «pas possible de faire la desserte sans support gouvernemental».

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