Cellulaire au volant: un nouveau conducteur perdra son permis après une infraction

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S'il dit viser toutes les catégories d'âge, le ministre des Transports du Québec, Robert Poëti, convient que les nouveaux conducteurs seront particulièrement touchés.

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(Québec) Les automobilistes qui utilisent encore leur téléphone portable derrière le volant écoperont bientôt de quatre points d'inaptitude plutôt que trois s'ils se font prendre à parler ou à texter. Les nouveaux conducteurs, dont le nombre de points d'inaptitude est limité, pourraient donc perdre leur permis de conduire après une seule infraction.

Le ministre des Transports du Québec, Robert Poëti, a fait l'annonce de ce durcissement lors de l'ouverture, mardi à Québec, d'un colloque sur la distraction au volant organisé par les Entretiens du Centre Jacques-Cartier. 

Le politicien estime que le changement au système de points d'inaptitude pourrait être effectif dès le printemps. Le gouvernement provincial empruntera la voie réglementaire, plus rapide, en attendant la refonte annoncée du Code de la sécurité routière. L'augmentation conséquente des amendes (80 à 100 $ plus les frais actuellement), qui sont inscrites dans le Code, prendra un peu plus de temps, car le processus législatif risque de s'étendre sur quelques années. 

Selon le ministre, un ancien policier, la répression est nécessaire pour faire évoluer les conducteurs qui ne respectent toujours pas la règle voulant qu'on ne touche pas à un téléphone derrière le volant. Loin de diminuer, les infractions relevées par les policiers augmentent d'année en année. Et ce, malgré les campagnes de sensibilisation de la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ).

Le nombre de déclarations de culpabilité pour utilisation du cellulaire au volant est ainsi passé de 11 485 en 2008 à un sommet de 66 089 en 2013. 

S'il dit viser toutes les catégories d'âge, M. Poëti convient que les nouveaux conducteurs, des jeunes pour la plupart, seront particulièrement touchés. En effet, les titulaires d'un permis d'apprenti (1 an) ou d'un permis probatoire (2 ans) ne peuvent accumuler plus de quatre points d'inaptitude sous peine de voir leur permis révoqué automatiquement pour trois mois. Le droit à l'erreur n'existe plus. «Une seule infraction et c'est la fin de leur permis», a résumé le ministre. 

Comme le nombre de points d'inaptitude continue d'être limité pour les conducteurs de moins de 25 ans, le poids d'une infraction pèsera également plus lourd dans leur dossier. Même pour les plus expérimentés, qui bénéficient d'un régime de 15 points, le prix du permis de conduire augmente de 90 à 165 $ par année avec quatre points d'inaptitude. 

Comme pour l'alcool au volant, les premiers punis donneront l'exemple, selon le ministre des Transports. «Un jeune qui aura perdu son permis parce qu'il textait au volant, il va devenir un porte-parole pour nous dans très peu de temps, il va le dire à ses amis» de ranger leur téléphone. 

L'an dernier, le coroner Yvon Garneau recommandait d'aller encore plus loin et de distribuer neuf points d'inaptitude aux automobilistes utilisant leur cellulaire malgré l'interdiction. 

«Je pense qu'à quatre points de démérite, le message est assez clair et les gens vont devoir changer leurs habitudes de conduite», a répondu mardi le ministre Poëti. «Je ne crois pas qu'il soit approprié d'être drastique dans nos réflexions, d'être drastique dans nos actions. Je veux la collaboration des citoyens, je veux les convaincre qu'il y a un risque inhérent à chaque fois qu'ils touchent leur téléphone», a-t-il poursuivi.

Le danger de fumer, de manger... et de parler

Le téléphone portable n'est pas la seule ni même la principale source de distraction au volant. Au Québec, il est surpassé par la cigarette et suivi de près par le fait de boire ou de manger en conduisant. Une simple conversation avec un passager est également susceptible d'affecter la concentration du conducteur. 

Dans son Profil détaillé des faits et des statistiques touchant la distraction au volant, publié cet été, la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ) fait le tour des connaissances sur cette question d'actualité. 

On y apprend que la moitié des accidents avec blessés recensés dans la province sont causés par une distraction. Les jeunes de 16 à 19 ans et les personnes âgées de plus de 65 ans sont surreprésentés dans ces accidents, qui surviennent en plein jour et en milieu urbain dans au moins la moitié des cas. 

Le téléphone cellulaire, qui a beaucoup intéressé les chercheurs ces dernières années, est une cause fréquente de distraction avec la cigarette et la consommation de nourriture et de boisson. 

C'est quand il est utilisé pour envoyer un texto qu'il s'avère le plus dangereux, résumait mardi Mario Montégiani, statisticien à la SAAQ, lors d'une présentation au colloque sur la distraction des Entretiens du Centre Jacques-Cartier. 

Les capacités visuelles, manuelles et cognitives du conducteur sont en effet affectées par la rédaction d'un texto. D'abord, l'automobiliste doit quitter la route des yeux pour voir ce qu'il écrit. Ensuite, il n'a plus les mains sur le volant. Enfin, il a l'esprit ailleurs. Résultat : les risques d'accident sont multipliés par 23, un score pire encore que la conduite avec les facultés affaiblies par l'alcool.

Tenir une conversation 

Le statisticien a pointé une étude menée aux États-Unis en 2013 qui comparait la charge de travail mental imposée par différentes tâches associées à la conduite. Les résultats montrent bien les efforts supplémentaires requis pour tenir une conversation tout en conduisant. Il y a une légère gradation selon que l'on discute avec le cellulaire en mode mains libres ou en tenant l'appareil entre ses mains. Et, surprise, parler avec un passager dans l'auto se glisse entre les deux. Les jeunes sont particulièrement déconcentrés par la présence de leurs amis autour d'eux.

S'il n'est pas question d'imposer le silence dans toutes les voitures, M. Montégiani plaide pour une prise de conscience des conducteurs. «La conduite automobile, c'est déjà complexe. Il faut s'en rappeler et mettre toute notre attention là-dessus», fait-il valoir. 

***

Sources de distraction au volant au Québec

  • Cigarette: 41,1 %
  • Téléphone cellulaire: 24,8 %
  • Boisson: 10 %
  • Nourriture: 8,5 %
  • Oreillette: 2,8 %
  • Autres: 10,8 %
  • Sources multiples: 2 %

Source: SAAQ, Enquête sur la distraction au volant et le port de la ceinture

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