Le déneigement à Québec plus propre... et plus cher

Un nouveau code de priorité a fait son... (Photothèque le Soleil, Patrice Laroche)

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Un nouveau code de priorité a fait son apparition dans le devis d'enlèvement de la neige. Le «niveau 0 [zéro]» surclasse les priorités de 1 à 3 déjà établies. Il s'applique aux artères les plus stratégiques.

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(Québec) Les contrats de déneigement de rues renouvelés cette année coûteront plus cher à la Ville de Québec, qui a revu à la hausse les exigences d'entretien des côtes reliant la haute ville et la basse ville ainsi que les amendes pour les déneigeurs traînant de la gratte.

Plusieurs entrepreneurs en déneigement prédisaient une flambée des prix après un hiver 2013-2014 en dents de scie, qui a notamment entraîné la fermeture de plusieurs côtes et une saute d'humeur du maire Régis Labeaume, fin janvier. Les camions sont sortis souvent et les contremaîtres étaient pointilleux. Un nombre record d'infractions ont d'ailleurs été pénalisées par des amendes. 

Les résultats de l'appel d'offres pour débarrasser la neige dans 18 zones réparties dans cinq arrondissements, entérinés lundi au conseil municipal, traduisent en partie seulement le mécontentement des sous-traitants, à qui la Ville de Québec en demande pourtant plus. 

Un nouveau code de priorité a fait son apparition dans le devis d'enlèvement de la neige. Le «niveau 0 [zéro]» surclasse les priorités de 1 à 3 déjà établies. Il s'applique aux artères les plus stratégiques, donc à toutes les grandes côtes qui relient la haute ville et la basse ville, comme Honoré-Mercier, Belvédère, Saint-Sacrement et d'Abraham. 

À ces endroits, «les grattes de rues et épandeurs doivent être sur place prêts à intervenir avant 5h ou avant 15h, s'il y a précipitation ou prévisions de précipitation», précise David O'Brien, porte-parole de la Ville de Québec. «Pendant la période de pointe, durant la précipitation, les équipements de déblaiement doivent repasser sur les rues de niveau 0 en continu», poursuit-il. 

La Ville exige également l'utilisation de fondants avec une solution à base de chlorure de magnésium liquide si la température de la chaussée est inférieure à - 10 °C. Sous cette barre, le sel s'avère inefficace.

Tout défaut de remplir ces obligations vaudra à l'entrepreneur une amende de 5000 $ par infraction par contrat, comparativement à 1000 $ pour les rues de niveau 1 et 2. Le fait d'utiliser moins d'équipement que la quantité minimale requise sera également puni plus sévèrement, à raison de 2000 $ par infraction par contrat. 

«On a identifié les côtes les plus stratégiques qu'on ne peut pas se permettre d'échapper en période de pointe pour permettre aux gens d'accéder à la haute ville et aller travailler. Essentiellement, c'est qu'on vient doubler les effectifs et les mesures pour réduire le risque», a résumé lundi Jonathan Julien, vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec, sous le regard bienveillant du maire. 

«Ça va être un peu plus dispendieux, mais le coût en vaut la chandelle», a ajouté M. Julien. 

Tendance à la hausse

La tendance est définitivement à la hausse dans les prix dévoilés lundi. Dans cinq zones, les adjudicataires seront payés 8 à 25 % plus cher que leurs prédécesseurs. Ces augmentations ont été rendues possibles par le jeu des soumissions. Quand un entrepreneur a raflé des contrats de déneigement dans plusieurs secteurs et que toute sa machinerie est mobilisée, il est sorti de la course même si ses prix apparaissent plus avantageux. Le deuxième, le troisième, voire le quatrième plus bas soumissionnaire comme c'est le cas cette année dans le coin d'Henri-Bourassa, peut alors remporter la mise. 

Dans six autres zones, les augmentations se situent sous la barre des 6 %. Les contrats étant généralement d'une durée de trois ans, cette croissance s'avère moindre que l'indice des prix à la consommation. Les soumissions ont diminué ou sont demeurées stables dans trois autres secteurs.

Enfin, les quatre dernières zones, nouvellement ouvertes au privé dans Beauport, coûteront entre 2 et 9 % plus cher que les estimations du service des travaux publics. 

Un entrepreneur consulté par Le Soleil s'est dit surpris des résultats de l'appel d'offres. Avec l'augmentation du prix du carburant et les exigences de la Ville, il est difficile de sortir des prix plus bas d'année en année. «Il y en a qui ont faim», conclut-il, ajoutant pour preuve le nombre élevé de soumissionnaires dans plusieurs zones. 

Depuis le démantèlement du cartel de la neige, au milieu des années 90, entre 15 et 20 entreprises se partagent le territoire, qui totalise une quarantaine de zones de déneigement. De nouveaux noms s'ajoutent pratiquement chaque année. 

Avec Valérie Gaudreau

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