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Piste cyclable sur l'île d'Orléans: un rêve impossible à réaliser

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(Québec) Le rêve d'aménager une piste cyclable sur l'île d'Orléans est impossible à réaliser. S'en approcher n'est pas concevable non plus. Il ne reste que la réalité, qui permet quelques aménagements ici et là pour améliorer la convivialité du chemin Royal pour les centaines de cyclistes qui débarquent chaque année sur l'île aux mille paysages.

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Les nombreux véhicules qui se partagent la route sur le chemin Royal de l'île d'Orléans, son étroitesse et le revêtement des accotements ne sont pas idéaux pour les cyclistes.

Le Soleil, Yan Doublet

«Une piste cyclable qui fait le tour de l'île d'Orléans? Oubliez ça!» tranche catégoriquement le préfet de la MRC de L'Île-d'Orléans, Jean-Pierre Turcotte. «C'est sûr cependant que ça serait idéal», poursuit celui qui est aussi maire de la municipalité de Sainte-Famille qui voit d'année en année un nombre grandissant de cyclistes affluer sur l'Île, et ce, même si personne n'en fait la promotion comme un endroit particulièrement sécuritaire à parcourir en pédalant. Les nombreux véhicules qui se partagent la route, son étroitesse, le revêtement des accotements ne figurent pas parmi les critères recherchés par les mordus à deux roues et surtout pas ceux qui y amènent leur petite famille.

Mais nombre de contraintes empêchent la réalisation d'une route qui leur serait à 100 % dédiée, fait valoir l'agent de développement rural pour le Centre local de développement (CLD) de l'Île, Bernhardt Beaudry. D'abord, ne pas oublier que le territoire en face de Québec est un site patrimonial, donc on ne peut y faire ce qu'on veut. Puis, l'endroit est composé à vaste majorité d'agriculteurs, qui concéderaient difficilement un bout de terre pour permettre aux bicyclettes de circuler. «Ce que les gens aiment ici, c'est le paysage. Il n'est pas question de rentrer sur les terres et les terrains privés, ça dénaturerait l'Île», soutient M. Beaudry.

Loin de baisser les bras devant l'impossibilité du rêve caressé par les habitants de l'Île, les touristes et les cyclistes de la région, la MRC et le CLD ont embauché une firme privée, le Groupe DDM, pour étudier les différents scénarios pour une meilleure cohabitation entre cyclistes, automobilistes et autres véhicules agricoles le long du chemin Royal (route 368). Ils ont pondu en avril 2013 un rapport d'étape évoquant différents «aménagements cyclables» possibles.

Le scénario final combine quatre types d'aménagements sur différents tronçons de route, soit la chaussée partagée, la bordure continue, l'accotement et la piste cyclable. Une conclusion presque immédiatement rejetée par le ministère des Transports du Québec (MTQ). Ce refus n'a cependant pas surpris le préfet de la MRC, Jean-Pierre Turcotte.

«J'étais certain que ça ne passerait pas», fait-il valoir, soulignant que les aménagements proposés étaient complexes et coûteux. Malgré cela, l'agent de développement Bernhardt Beaudry tient à préciser que le travail a été très bien fait et que certaines idées, comme celles d'accommoder davantage les cyclistes avec des points de services et des stationnements, ont été retenues.

Malgré cet échec, la MRC et le CLD se sont retroussé les manches et ont poursuivi le dialogue avec le MTQ. Son porte-parole, Stéphan Boivin, évoque d'emblée le «bon défi» que représente ce dossier pour toutes les raisons déjà évoquées par les acteurs concernés. Certaines améliorations sont consenties, comme l'élargissement à 30 centimètres de l'accotement de la route Prévost, qui traverse l'Île à la hauteur du pont en arrivant de Québec.

Malgré le débit journalier de 3000 véhicules qui ne permet normalement pas cette mesure, la chaussée sera désignée dans certaines zones où la vitesse est de 50 km/h et moins. Cela signifie qu'un pictogramme de vélo rappellera aux autres véhicules la présence de cyclistes. Des pancartes seront aussi installées en guise d'aide-mémoire.

Et puis, lorsque ce sera possible, le MTQ asphaltera l'accotement de la route aux endroits où il y a du gravier. Mais cela ne pourra être fait que lors de travaux déjà programmés sur la route 368, précise M. Boivin. Ainsi, il est impossible pour le gouvernement de parler de budget, ou encore d'échéancier. «Cela peut prendre des années», indique le porte-parole.

Au final, l'île d'Orléans sera-t-elle plus conviviale pour les cyclistes? «Oui, il y aura une amélioration nette parce qu'il aura des interventions pour sensibiliser les automobilistes à la présence de cyclistes», assure Stéphan Boivin.

Le préfet de la MRC, Jean-Pierre Turcotte, et... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

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Le préfet de la MRC, Jean-Pierre Turcotte, et l'agent de développement rural pour le Centre local de développement de l'Île, Bernhardt Beaudry, souhaitent une meilleure cohabitation le long du chemin Royal.

Le Soleil, Yan Doublet

Les familles n'ont pas été oubliées

Les aménagements qui seront réalisés sur la route 368 qui ceinture l'île d'Orléans ne permettront pas aux cyclistes débutants ou aux enfants d'y faire des randonnées de promenade. Mais les familles ne seront pas en reste, promet l'agent de développement rural pour le Centre local de développement (CLD) de l'île, Bernhardt Beaudry. La municipalité de Saint-François (au bout de l'île) est déjà très avancée dans un projet de rendre ses rues plus accueillantes pour les cyclistes moins aguerris en proposant une petite boucle pour entre autres mettre en valeur son observatoire. Les cinq autres municipalités travaillent aussi à proposer des parcours alternatifs sur deux roues afin de faire découvrir leurs charmes en toute tranquillité...et sécurité. Annie Mathieu

Un projet abandonné, puis dépoussiéré

L'idée de faciliter la vie aux cyclistes sur l'île d'Orléans ne date pas d'hier. Un projet similaire avait vu le jour dans les années 90 avant d'être abandonné, faute d'appuis. Selon le rapport d'étape produit par le Groupe DDM, la Chambre de commerce de l'île d'Orléans avait estimé en 1991 la clientèle à 9500cyclistes par année. Aucune mise à jour n'a été effectuée depuis, mais tous les acteurs affirment qu'à l'oeil, ils sont beaucoup plus nombreux aujourd'hui. Il était également évalué que faire le tour du territoire par le chemin Royal, aussi désigné comme circuit Félix-Leclerc sur la carte des lieux, prenait 7 heures pour un débutant, 3h30 pour un cycliste intermédiaire et 2h30 pour un expert.

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