Voies réservées: des automobilistes s'en prennent aux chauffeurs du RTC

Les nouvelles voies réservées aux autobus sur l'autoroute... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Les nouvelles voies réservées aux autobus sur l'autoroute Robert-Bourassa sont entrées en service vendredi, après plus de quatre ans de travaux routiers pour le réaménagement de l'échangeur avec l'autoroute Charest.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Des automobilistes frustrés de ne pouvoir accéder aux voies réservées au transport en commun sur l'autoroute Robert-Bourassa s'en prennent aux chauffeurs du Réseau de transport de la Capitale (RTC) en utilisant un «langage non verbal» sans équivoque ou en leur bloquant carrément la route.

Sur les ondes du FM93, mardi matin, des auditeurs se sont vantés d'empêcher des autobus d'entrer ou de sortir de la voie réservée. Sur Robert-Bourassa Nord, par exemple, les véhicules du RTC doivent quitter le corridor dédié au centre de la chaussée pour prendre la sortie pour l'autoroute Félix-Leclerc complètement à droite. Un automobiliste a raconté comment il avait manoeuvré pour faire obstacle au changement de voie et forcer le mastodonte à poursuivre sa route.

Julie Drolet, porte-parole du RTC, a confirmé mardi que «certains chauffeurs ont reçu des marques de mécontentement de la part de certains automobilistes». Elle a confirmé l'utilisation de «langage non verbal» - doigts d'honneur et autres gestes - et l'adoption de «comportements routiers peu recommandables» qu'elle n'a pas voulu préciser pour ne pas «donner la recette» aux contestataires.

Mme Drolet tient à dire que les chauffeurs du RTC ne sont «pas la bonne cible» de la revendication encouragée par la radio commerciale. Elle rappelle que la sécurité des passagers des autobus mais aussi celle des autres usagers de la route peut être compromise par des gestes impulsifs au volant. «Il n'y a pas eu d'accident, mais on ne sait pas ça peut mener où», insiste-t-elle.

Les voies réservées là pour rester, dit le PQ

Les politiciens, eux, sont demeurés sur leurs positions mardi. Les élus péquistes ont répété que les voies réservées sur Robert-Bourassa étaient là pour rester et que d'autres seraient ajoutées sur Henri-IV et Laurentienne au fur et à mesure de leur réfection.

Se défendant de «forcer» les automobilistes à prendre le transport en commun, le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a tout de même souhaité que «les gens constatent quand ils sont dans le trafic que les voies réservées vont plus vite».

«J'ai demandé de recevoir de façon très régulière, presque en temps réel, les suivis sur le trafic, sur la congestion. On m'indique que c'est pas plus catastrophique qu'avant», a tempéré le ministre.

Le député caquiste Éric Caire a estimé que M. Gaudreault avait une «méconnaissance profonde, crasse» de la réalité des transports à Québec. «Quand vous réservez une voie d'­autobus sur une artère qui n'est incluse dans aucun parcours d'autobus, ça, c'est de l'i­déologie, c'est pas du gros bon sens, on n'est pas en recherche de solution», a-t-il dénoncé, en référence au projet d'élargissement d'Henri-IV. «Je ne crois pas que les gens de Québec vont lui pardonner», a ajouté le politicien.

Quant à Sam Hamad, ancien ministre libéral des Transports, il s'est étonné que l'option du covoiturage, étudiée alors qu'il était au pouvoir, n'ait pas été retenue. «Il y avait des complications, mais c'était faisable», assure-t-il, suggérant au gouvernement d'y revenir.

«lls s'expliqueront», dit Labeaume

En marge d'une conférence de presse donnée à l'hôtel de ville de Québec, le maire Régis Labeaume a pour sa part invité le gouvernement à expliquer «pourquoi c'est nécessaire» de multiplier les voies réservées et réitéré que lui-même n'en voulait pas sur Henri-IV.

«Moi, je pense que ça marche pas pour tout ce que je vous ai dit. Notre système est organisé en fonction de ­Robert-Bourassa. Voyez-vous des autobus sur ­Henri-IV, vous autres?» a demandé le maire. «lls s'expliqueront. Peut-être que j'ai tort», a-t-il laissé tomber. 

Avec Valérie Gaudreau,  Simon Boivin et  Jean-Marc Salvet

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