S'envoyer en l'air... en montgolfière

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(Québec) À 3000 pieds dans les airs, la mosaïque presque parfaite des champs beaucerons offre un spectacle magnifique. Et la montgolfière permet d'apprécier le panorama à sa juste mesure : pas de hublot minuscule, pas de bruit d'hélice. Rien, pas même le vent, n'ose déranger la quiétude du ciel.

Avant l'envolée, le pilote Louis Lafrance communique avec... (Le Soleil, Pierre-Olivier Fortin) - image 1.0

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Avant l'envolée, le pilote Louis Lafrance communique avec la tour de contrôle de Montréal pour obtenir la permission de monter en altitude. 

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Un ventilateur souffle de l'air froid, qu'on réchauffe... (Le Soleil, Pierre-Olivier Fortin) - image 1.1

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Un ventilateur souffle de l'air froid, qu'on réchauffe ensuite au propane. Le ballon se dresse, et on monte.

Le Soleil, Pierre-Olivier Fortin

Le Soleil a envoyé certains valeureux collègues descendre la piste du Crashed Ice. Moi, on m'a envoyé faire de la montgolfière. Pas mal moins héroïque, c'est vrai, mais oh combien grandiose!

Le rendez-vous était donné à 18h à l'Aquarium de Québec. Je pensais bien être de retour à la maison une ou deux heures plus tard. Erreur! L'activité prend plus de quatre heures, le temps de monter et démonter notre moyen de transport.

Voyez-vous, c'est lourd, une montgolfière, et c'est long à monter! Et pas question de rester dans un coin à observer comme un touriste - ou un journaliste! Tout le monde doit y mettre du sien, sinon «on serait dans le trouble», observe l'aide-pilote Luis Deschênes.

Je croyais partir de Lévis, pas trop loin. Deuxième erreur! Nous sommes décollés de Saint-Anselme.

«Bienvenue à l'aéroport international de Saint-Anselme», lance le pilote Louis Lafrance à notre arrivée. J'éclate de rire, mais j'arrête sec en voyant un petit avion décoller. Troisième erreur, la joke, c'était juste le «international».

Tout de suite, on nous demande de l'aide pour sortir la nacelle et la toile de la remorque. Je devais prendre des images; j'ai rangé ma caméra. Il faut ensuite étendre la toile. C'est en la manipulant que j'ai compris que ma vie allait dépendre d'un panier d'osier et d'une toile de plastique aussi mince que du papier. Luis et Louis ont ensuite démarré le gros ventilateur permettant de gonfler le ballon.

Après quelques bouffées de propane, le ballon s'est dressé. Nous nous sommes ensuite contorsionnés pour monter dans la nacelle en position horizontale.

Je me souvenais d'un tour d'hélicoptère. Le vent était frais et très intense. J'ai demandé à Louis si je devais apporter mon manteau. Il a éclaté de rire. Quatrième erreur; j'ai rangé mon manteau. Il avait raison. La seule brise que j'ai sentie dans la soirée, c'est celle du ventilateur qui a servi à gonfler le ballon.

Le décollage se fait tout en douceur. En fait, le vol au complet. Puisqu'on se fait porter par le vent, on ne le sent pas du tout. C'est tellement calme, là-haut, qu'on a même entendu des gens s'engueuler dans une maison.

De temps à autre, Louis monte le bras et donne du gaz. La chaleur fait friser le poil des bras. En fait, comme il n'y a pas de volant sur une montgolfière, c'est pour lui la seule façon de se diriger, en atteignant les vents dont la vitesse et la direction changent avec l'altitude.

«Après une demi-heure de vol, je vais repérer un champ, monter, descendre, travailler mon vol pour être capable de me diriger à cet endroit-là. Un endroit où je vais être bien accueilli, dans le champ d'un cultivateur, une culture qui est coupée», poursuit Louis.

Autrement dit, avant cet instant, on n'avait aucune idée où on allait se ramasser. C'est bon à savoir.

Après avoir vu les champs à perte de vue, les fermes, les silos, les églises, les tours de Sainte-Foy et de Québec qui ont l'air minuscules à cette distance et, surtout, la révérence de la grosse boule rouge à l'ouest, c'est le moment de se poser. Louis avait communiqué avec Luis pour qu'il se mette en chemin.

À 3000 pieds dans les airs,... (PHOTO PIERRE-OLIVIER FORTIN, ARCHIVES LE SOLEIL) - image 2.0

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PHOTO PIERRE-OLIVIER FORTIN, ARCHIVES LE SOLEIL

Une belle église d'un village beauceron... (Le Soleil, Pierre-Olivier Fortin) - image 2.1

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Une belle église d'un village beauceron

Le Soleil, Pierre-Olivier Fortin

Atterrissage et remballage

Louis nous demande de ranger les caméras - encore! - et de prendre position pour l'atterrissage. Nous étions tous accroupis dans la nacelle, mais ça n'aurait même pas été nécessaire. Nous avons atterri à Sainte-Hénédine, une quinzaine de kilomètres plus loin. Durée du vol : 56 minutes à une vitesse moyenne de 16 km/h.

Voilà qu'il faut tout remballer. Que nous en avons eu du plaisir à se rouler sur le ballon pour en enlever l'air et à le compacter dans sa grosse poche de hockey! Parce que vous voyez, c'est lourd, une montgolfière!

C'est maintenant l'heure de la «cérémonie traditionnelle». À l'époque, les amateurs de montgolfière traînaient du champagne pour mettre les gens de leur bord et éviter de faire peur. Pour perpétuer la tradition, Louis est allé cogner à la porte des agriculteurs chez qui nous sommes débarqués sans invitation. Nous avons donc porté un toast à Manon Cloutier et aux frères Gaétan et Jean-François Nadeau, des producteurs laitiers qui nourrissent leurs 200 bêtes avec du foin cultivé sur leur terre de 30 arpents sur 5.

En entant le bruit, «j'ai fait un maudit saut», avoue Gaétan. «Je me disais coudonc, y'a-tu quelqu'un qui essaie de sacrer le mur de la grange à terre? rigole l'agriculteur, avec son verre de Crémant Saint-Nicolas à la main. Là, je sors dehors, là, la grosse montgolfière qui était là, j'ai fait un maudit saut!» C'est la cinquième cette année, mais ça surprend toujours!

Le Festivent de Lévis s'ouvre aujourd'hui pour cinq jours de spectacles, d'activités familiales et d'envolées en montgolfière aux quatre coins de la ville, si tant est que Dame Nature décide de faire souffler les vents favorables au bon moment. C'est à l'invitation du Festivent et de Montgolfière aventure que Le Soleil et d'autres médias ont volé, la semaine dernière.

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