Les débardeurs du port de Québec ont peur... pour leur emploi

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À la suite des nombreuses révélations sur la pollution de l'air au port de Québec, les débardeurs ont actuellement peur «d'en payer le prix» et de perdre leur emploi.

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Annie Morin
Annie Morin
Le Soleil

(Québec) Malgré les nombreuses révélations faisant état d'épisodes récurrents de pollution de l'air au port de Québec, les débardeurs ont actuellement plus peur pour leur emploi que pour leur santé.

Dans un entretien téléphonique accordé au Soleil, la première depuis que les projecteurs sont braqués sur le port de Québec, le président du syndicat des débardeurs (SCFP-FTQ), Stéphane Arsenault, a confessé une certaine «inquiétude» sur le terrain.

Non pas que ses membres craignent pour leur santé car ils ont à leur disposition l'équipement nécessaire pour se protéger contre les poussières, selon le leader syndical. C'est plutôt la «job de démolition» des opposants du Port qui les indispose. «Notre peur, c'est d'en payer le prix», confie M. Arsenault. Déjà, il y a moins de marchandises transbordées, donc moins de travail sur les quais depuis quelques mois. La baisse est attribuée au ralentissement économique, mais la mauvaise presse pourrait finir par avoir des effets.

Des débardeurs ont même l'impression que certains plaignants voudraient «faire fermer» le port. Leur représentant syndical prévient que ce serait une erreur car il s'agit d'une «grosse industrie avec beaucoup de retombées et de bons emplois».

Il y a actuellement 73 débardeurs permanents et une quinzaine d'occasionnels employés par la Société des arrimeurs de Québec (SAQ), contrôlée par les compagnies soeurs Arrimage du Saint-Laurent et Arrimage Québec. Ils gagnent en moyenne 65 000 $ par année. 

«De gros efforts»

Quand il parle de l'employeur, M. Arsenault réfère d'ailleurs au groupe dirigé par la famille Dupuis. «On voit l'entreprise qui fait de gros efforts. Ils prennent les choses en main», constate-t-il. 

Le plan d'action d'Arrimage du St-Laurent, qui doit être précisé à la demande du ministère québécois de l'Environnement, a été présenté volontairement aux débardeurs. Pour ceux qui entrent dans les cales des bateaux et transbordent les marchandises sur les quais, l'effet principal sera de travailler continuellement sous une fine bruine car des canons à eau seront utilisés pour rabattre les poussières au sol. D'où l'importance de traiter l'eau du fleuve, qui doit servir de matière première, avant de la projeter sur les travailleurs. 

Pour le reste, les débardeurs se sentent protégés. Quand ils sont en contact direct avec du nickel, mais aussi quand ils manipulent du grain et du ciment, ils doivent porter un masque avec filtre au charbon, des lunettes et un casque de construction. Des vêtements étanches sont aussi mis à leur disposition pour éviter tout contact du métal avec la peau, ce qui peut causer des démangeaisons appelées nickel scratch

«L'employeur a toujours fourni l'équipement adéquat», assure M. Arsenault, ajoutant que «personne ne nous a appris que le nickel, c'était dangereux». Bien sûr, au début des années 2000, il a fallu convaincre «les gars» de porter leur masque. Quelques vétérans se sont fait prier car ils disaient bien supporter la poussière, mais les plus jeunes l'ont vite adopté.

«Les équipements sont bien. Les temps d'exposition sont calculés. La machinerie est mieux calibrée» que par le passé, fait valoir M. Arsenault, qui ne craint pas d'effets dramatiques sur la santé comme ce fut le cas avec l'amiante.

Il faut savoir que les débardeurs sont libres de manipuler ou non des métaux potentiellement dangereux pour la santé. Stéphane Arsenault précise toutefois que personne ne s'est retiré des opérations depuis la médiatisation de taux de nickel supérieurs aux normes, pas même les 30 recrues de l'année. Il n'y a pourtant pas de primes associées à la manipulation de produits poussiéreux. Depuis 1998, il en reste seulement pour les matériaux explosifs.

*****

Le NPD demande une enquête

Le député néo-démocrate Raymond Côté (Beauport-Limoilou) a réclamé mercredi une enquête du gouvernement fédéral sur la pollution atmosphérique dans la capitale québécoise et «l'impact des poussières toxiques émanant du port de Québec».

Le politicien réagissait à un article du Soleil révélant des taux de nickel très élevés sur des navires amarrés au port de Québec - en moyenne 10 000 fois la norme permise actuellement - dès le début des années 2000. «Les résultats de l'enquête devront être rendus publics afin de connaître et mesurer leurs effets sur la santé des citoyens», a déclaré le député fédéral dans un communiqué de presse.

M. Côté déplore depuis plusieurs semaines l'approche du ministre des Transports du Canada, Denis LeBel, qui s'en remet au conseil d'administration de l'Administration portuaire de Québec pour faire la lumière sur les évènements des derniers mois.

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