Routes: ralentissement des investissements, annonce Gaudreault

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Annie Morin
Annie Morin
Le Soleil

(Québec) Le gouvernement péquiste investira 5,6 milliards $ sur deux ans pour retaper le réseau routier de la province. C'est une baisse de 40 % par rapport aux investissements consentis annuellement par les libéraux au cours de leur dernier mandat.

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Le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a annoncé mercredi que les sommes prévues pour les investissements dans les infrastructures du réseau routier seront de 5,6 milliards $ au cours des deux prochaines années.

Jacques Boissinot

Le ministre des Transports et des Affaires municipales a présenté cette planification sur deux ans comme «un changement d'approche fondamental». «On veut travailler différemment, travailler avec beaucoup plus de prévisibilité [...] et travailler avec beaucoup plus d'efficacité», a lancé Sylvain Gaudreault en conférence de presse, mercredi, au Centre des congrès de Québec.

Ses sous-ministres sont aussi d'avis que la formule biennale permettra de mieux planifier les travaux et offrira plus de flexibilité. Si un projet prend du retard, par exemple, un autre pourra être devancé.

M. Gaudreault a mis du temps à admettre qu'il coupe dans le budget des routes et des ponts, ses prédécesseurs ayant pris l'habitude d'investir environ 4 milliards $ chaque année. «Vous savez que nous sommes arrivés aux commandes de l'État avec un trou de 1,6 milliard $. Alors, il est évident que chaque ministère doit faire sa part, et le ministère des Transports fait la sienne», a-t-il fini par dire, avant d'ajouter que «c'est moins, mais c'est mieux».

Le gouvernement est convaincu que ses actions contre la collusion et la corruption (loi 1 sur l'intégrité en matière de contrats publics, portrait des coûts additionnels ou «extras») vont engendrer des économies sur le terrain. «Nous croyons que ça va faire en sorte qu'on va avoir des projets routiers mieux budgétés, beaucoup plus réalistes dans nos coûts», a fait valoir le ministre.

Les péquistes ont décidé d'honorer les contrats déjà conclus, si bien que les travaux déjà enclenchés se poursuivront au cours des deux prochaines années. Ainsi l'autoroute 73 sera bel et bien prolongée dans la Beauce. Même chose pour l'autoroute 20 et la 185 dans le Bas-Saint-Laurent. À Québec, les autoroutes Robert-Bourassa et Duplessis compléteront leur cure de rajeunissement.

La sécurité et la conservation des acquis ont présidé au choix des nouveaux chantiers. Parmi les projets qui ont filtré mercredi, on trouve plusieurs ponts et viaducs à reconstruire ou élargir à travers le Québec. Il y en a sur l'autoroute 15 (rivière des Prairies entre Montréal et Laval), sur la route 169 (rivière Mistassini à Dolbeau-Mistassini) et sur l'autoroute 50 (pont des Draveurs à Gatineau). Dans la capitale, le viaduc de la rue Soumande sera refait, permettant de compléter l'aménagement urbain autour du nouvel amphithéâtre.

La part du lion va à Montréal, où des travaux de 1,3 milliard $ sont prévus. La Montérégie arrive deuxième et Chaudière-Appalaches pas loin derrière avec 654 millions $ de travaux prévus, gracieuseté de l'autoroute de la Beauce. La Capitale-Nationale est au cinquième rang, après le Bas-Saint-Laurent, avec des investissements de 377 millions $, toujours sur deux ans.

Au final, Québec croit être en mesure de lancer 2064 chantiers sur deux ans et d'intervenir sur 2325 kilomètres de chaussée. De quoi donner un peu de répit aux automobilistes qui ont développé une allergie aux cônes orange.

Pour les plus pressés, le ministère des Transports a fait le point sur une vingtaine de grands projets fort attendus, parmi lesquels le pont Honoré-Mercier à Montréal, celui de l'île d'Orléans, le prolongement de l'autoroute 19 à Laval et de la 410 à Sherbrooke. Il a fourni un tableau détaillé des étapes qui restent à franchir avant la première pelletée de terre. Force est de constater que bien peu de plans et devis seront prêts en 2015.

Le Parti libéral n'a pas tardé à dénoncer cette orientation. «On n'est pas dupes de la tactique du ministre. Il est le gagnant à la loto des coupures. Il ramasse 80 % des coupures annoncées par le gouvernement», a réagi Julie Boulet, porte-parole en matière de transports.

Dans son premier budget, le gouvernement Marois avait déjà annoncé que l'enveloppe consacrée aux investissements en immobilisations serait limitée à 9,5 milliards $ par année pour les cinq prochaines années. C'est une baisse de 1,5 milliard $ par rapport aux prévisions pour 2012-2013.

«Inévitablement, quoi qu'en dise le ministre, il y a des projets qui vont être retardés, ralentis, mis sur la glace», a déploré Mme Boulet, assurant que ces chantiers n'avaient pas été planifiés «pour le fun», mais pour des questions de sécurité et de fluidité de la circulation.

Grands projets retardés

Le chantier d'élargissement de l'autoroute Henri-IV, qui devait débuter l'an prochain, ne sera pas mis en branle avant 2015 au mieux. La Ville de Québec ne s'en offusque pas.

Ce projet est vite devenu un symbole après l'élection du Parti québécois (PQ), le ministre Sylvain Gaudreault s'étant interrogé sur la pertinence d'investir dans les autoroutes au lieu du transport en commun. Le maire Régis Labeaume était aussitôt monté au front.

Dans la mise à jour des projets stratégiques publiée mercredi, on apprend que l'étape des plans et devis s'étirera sur deux ans encore pour Henri-IV. Le sous-ministre André Caron dit attendre que les travaux sur les autres axes nord-sud soient complètement terminés avant de s'attaquer à cet axe majeur, de façon à pouvoir détourner la circulation.

«Même si c'est plus tard, ce qui compte, c'est que l'engagement est toujours là», a commenté Paul-Christian Nolin, attaché de presse du maire Régis Labeaume.

Les études environnementales et techniques visant le remplacement du pont de l'Île-d'Orléans courront aussi jusqu'en 2015. Pas de gros développement à prévoir non plus dans le dossier de la reconfiguration des échangeurs à la tête nord des ponts. Le provincial attend le dépôt de l'étude sur le tramway, à l'automne 2014.

Sylvain Gaudreault refuse d'évoquer tout retard dans ces grands projets et parle plutôt de «meilleure préparation».

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