L'existence de Vélo-Sécur remise en question

Vélo-Sécur oeuvre dans une trentaine de municipalités de... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Vélo-Sécur oeuvre dans une trentaine de municipalités de la province.

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Annie Morin
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Le Soleil

(Québec) La survie de la patrouille Vélo-Sécur, qui prévient la criminalité sur les pistes cyclables et dans les parcs de plusieurs municipalités de la province, est menacée. Le Comité paritaire des agents de sécurité (CPAS) poursuit l'organisme à but non lucratif de Québec pour le forcer à payer ses employés au même tarif que les agents de sécurité du secteur privé.

Vélo-Sécur a été fondé il y a 20 ans pour améliorer le sentiment de sécurité sur des pistes cyclables des Cantons-de-l'Est. C'est toutefois à Québec, où il a pignon sur rue, que l'organisme a obtenu ses lettres de noblesse. Ses «préventionnistes», pour la plupart des étudiants en techniques policières, ont d'abord eu pour tâche de sensibiliser les cyclistes avant de migrer vers les parcs, où ils interviennent auprès des jeunes pour les décourager de commettre des délits.

Aujourd'hui, Vélo-Sécur oeuvre dans une trentaine de municipalités. Durant la période estivale, l'organisme embauche entre 100 et 125 préventionnistes pour ses patrouilles. Dans la Ville de Québec, ceux-ci assurent même l'application des règlements sur l'eau potable, la marche au ralenti du moteur des véhicules et la protection des prises d'eau. Un contrat d'un demi-million de dollars a été négocié pour les saisons 2012 à 2014.

Le litige entre le CPAS et Vélo-Sécur remonte officiellement à 2009. Cet été-là, le maire de

L'Ancienne-Lorette, Émile Loranger, a suggéré à Vélo-Sécur de répondre à un appel d'offres pour la surveillance des parcs municipaux. La soumission a été retenue, au grand déplaisir des entreprises privées de sécurité qui ont conclu à une concurrence déloyale.

Des plaintes ont été envoyées au CPAS, qui avait déjà Vélo-Sécur dans sa mire. Chargé d'appliquer le décret sur les agents de sécurité, fixant leurs conditions de travail, le Comité considère que l'organisme à but non lucratif «fait un travail de sécurité» et non de prévention, selon son directeur général, Sylvain Laplante. Il s'attend donc à ce que Vélo-Sécur se dote d'un permis en bonne et due forme et accorde à ses jeunes employés un salaire horaire de 15,15 $, tel que décrété, au lieu des 11 $ payés actuellement.

«C'est une moyenne différence», soupire Daniel Dion, le président-directeur général de Vélo-Sécur, qui remet en question l'existence même de l'organisme qu'il dirige depuis plus d'une décennie. Selon lui, une telle augmentation de prix ne peut être absorbée par les municipalités. À la Ville de Québec, par exemple, la différence atteindrait 120 000 $ par année. Sans compter qu'en prenant son permis d'agence privée, Vélo-Sécur ne pourrait plus échapper au processus d'appel d'offres et devrait se mesurer aux professionnels de la sécurité.

M. Dion continue de dire que les étudiants qui travaillent pour lui font de la prévention, de la sensibilisation, pas de la surveillance comme peuvent le faire les agents de sécurité ou de l'intervention à la manière des policiers.

Il est cependant convaincu d'une chose : ces jeunes, formés sur le terrain, font de bien meilleurs policiers, puisqu'ils sont imprégnés de l'approche communautaire. «Ce sont des policiers exemplaires. Tout le monde le dit», insiste-t-il. L'utilité de l'oeuvre est en effet reconnue par plusieurs regroupements, ministères et organismes.

À court de solutions

M. Dion ne voit pas beaucoup de solutions. Soit il augmente significativement la facture refilée aux municipalités, soit il conteste les procédures judiciaires en cours, mais avec quel argent? «Ça peut aussi être la retraite», laisse-t-il tomber.

C'est la dernière option qui a été présentée à la Ville de Lévis. «Ils [les dirigeants de Vélo-Sécur] nous ont d'abord dit qu'il y aurait une augmentation substantielle des tarifs, puis ils nous ont avisés qu'ils abandonnaient», a indiqué au Soleil le porte-parole de la Ville, Christian Brière. Les fonctionnaires cherchent une nouvelle approche pour assurer la sécurité des lieux publics en été.

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