Les gros transporteurs inquiets de la hausse des frais à l'aéroport de Québec

Les gros transporteurs disent être de plus en... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Les gros transporteurs disent être de plus en plus inquiets du coût opérationnel élevé à l'aéroport de Québec. Ils attaquent aussi la gestion de l'aéroport et dénoncent la nouvelle phase de développement.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Les gros transporteurs aériens contestent à leur tour la hausse des tarifs imposée par l'aéroport de Québec. Ils remettent également en question les projets de développement en cours, lancés sans l'approbation du comité consultatif de l'aéroport.

Le Conseil national des lignes aériennes (CNLA) du Canada représente Air Canada, Air Transat, Jazz et WestJet. Dans une lettre datée du 10 décembre, dont Le Soleil a obtenu copie, son président George Petsikas écrit que «nos lignes aériennes membres sont de plus en plus inquiètes du coût opérationnel élevé de YQB [code donné à l'aéroport international Jean-Lesage par l'Association internationale du transport aérien]» et «sont grandement préoccupées par les majorations proposées».

Aéroport de Québec inc., l'organisme à but non lucratif qui gère l'aéroport Jean-Lesage, vient en effet d'augmenter les frais d'atterrissage pour tous les types d'avions et s'apprête à hausser à 27 $ par billet les frais d'amélioration aéroportuaires (FAA). Des frais d'aviation générale équivalents sont désormais facturés aux passagers des petits transporteurs, qui dénoncent vigoureusement la mesure.

Le CNLA attaque également la gestion de l'aéroport de Québec. Il dénonce la nouvelle phase d'investissements de 225 millions $, à réaliser d'ici 2015, entreprise sans l'approbation du comité consultatif de l'aéroport (CCA), à qui doivent être soumis les projets d'amélioration aéroportuaires. Ce comité réunit les grands transporteurs, ceux-là mêmes qui perçoivent les FAA puis les remettent à l'aéroport.

«Les demandes répétées de pièces justificatives du CCA sont demeurées sans réponse», écrit M. Petsikas. Même manque d'information déploré pour l'utilisation des FAA.

Le directeur général du CNLA, Marc-André O'Rourke, refuse de commenter le dossier publiquement tant que les discussions se poursuivent avec la direction de l'aéroport. Joint mardi, il a toutefois réitéré les inquiétudes générales des gros transporteurs.

«Nos lignes aériennes membres sont grandement préoccupées par les conséquences des frais aéroportuaires très élevés à travers le pays. Par exemple, à Québec, la décision d'augmenter les frais d'amélioration aéroportuaires fait en sorte que c'est plus onéreux pour les passagers et cela peut malheureusement décourager les lignes aériennes d'offrir plus de vols de l'aéroport Jean-Lesage», nous a-t-il écrit.

Coûts parmi les plus élevés

John McKenna, président et chef de la direction de l'Association du transport aérien du Canada (ATAC), va dans le même sens. Il fait remarquer que le coût par passager pour atterrir à Québec est l'un des plus élevés au pays, malgré la taille modeste de l'aéroport, où 1,3 million de passagers ont transité en 2011.

Une étude comparative récente réalisée par des chercheurs de l'Université de la Colombie-

Britannique place par ailleurs l'aéroport international Jean-Lesage en queue de peloton pour plusieurs indicateurs de gestion.

Dans ce contexte, les gros transporteurs ne voient pas l'utilité d'agrandir encore les installations, selon M. McKenna. «L'aéroport ne doit pas être plus gros que les besoins de la population, sinon ça devient exagéré et il ne sera jamais compétitif», dit-il, ajoutant qu'«une fois que tu construis une grosse maison, il faut que tu l'entretiennes».

Du côté de l'aéroport de Québec, la réponse était prête, mardi. «On est très surpris de ces allégations-là. On a toujours été très transparents. Les projets sont soumis, les chiffres sont partagés comme on est supposés de le faire», a réagi le directeur des communications, Jonathan Trudeau.

Ce dernier a fait valoir qu'une grande quantité d'informations avaient été transmises au comité consultatif, mais l'approbation des membres n'est pas venue malgré quelques appels du pied. Le comité s'est réuni une seule fois en 2012 et il a changé de président en milieu d'année.

M. Trudeau affirme que la direction de l'aéroport de Québec a écouté les doléances des transporteurs, qui estimaient que le préavis pour la majoration des FAA devait être de 90 jours plutôt que les 60 jours proposés. Les augmentations entrent donc en vigueur le 1er février au lieu du 1er janvier. Il s'agit d'une preuve de bonne foi, selon lui.

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