Des atterrissages plus coûteux à l'aéroport de Québec

L'aéroport Jean-Lesage... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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L'aéroport Jean-Lesage

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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Annie Morin
Annie Morin
Le Soleil

(Québec) Aéroport de Québec inc. (ADQ), la société qui gère l'aéroport international Jean-Lesage, augmentera ses tarifs de façon importante le 1er janvier. Les passagers des petits transporteurs devront désormais acquitter l'équivalent des frais d'améliorations aéroportuaires. Les petits avions devront également payer pour atterrir.

La parution de l'avis public dans les pages du Soleil, 60 jours avant l'entrée en vigueur des nouveaux tarifs, a surpris les transporteurs régionaux et les propriétaires de petits avions.

Les premiers verront leurs frais d'atterrissage doubler, d'environ 25 $ à 50 $ par atterrissage comme tous les transporteurs commerciaux. Mais surtout, les petits transporteurs devront récolter de nouveaux frais d'aviation générale de 27 $, l'équivalent des frais d'améliorations aéroportuaires, sur chaque billet vendu. Jusqu'à maintenant, ils en étaient exemptés parce que leurs clients se rendent directement à leurs installations au lieu de passer par le terminal.

Les propriétaires de petits avions privés, qui ne payaient pas un sou pour atterrir, devront également débourser 20 $ par atterrissage ou adhérer à un forfait annuel de 1200 $ à partir du 1er janvier.

Principe d'équité évoqué

Jonathan Trudeau, porte-parole d'Aéroport de Québec, évoque le principe d'équité. «Il faut que chacun fasse sa juste part», dit-il. L'aviation générale (privée) génère 75 % des 129 000 mouvements aériens enregistrés annuellement à Québec, mais seulement 4 % des revenus.

M. Trudeau ne peut dire combien d'argent sera ainsi récupéré, mais précise qu'il servira à financer le prochain agrandissement (225 millions $ d'ici cinq ans) et à couvrir la hausse des frais d'exploitation. «Ça demeure assez peu dispendieux. Avoir un avion à l'aéroport ne coûtera pas plus cher qu'avoir un bateau dans une marina ou un cheval dans une écurie», plaide-t-il.

Limiter les petits appareils

Les pilotes privés de la région de Québec ne l'entendent pas de cette oreille. L'organisation qui les représente, Les Ailes Québécoises, les dit «ulcérés». Les échanges sur les forums spécialisés dans Internet le confirment. Selon le président Pierre Berrigan, ADQ travaille à la disparition de l'aviation privée.

«C'est un signe que l'aéroport de Québec est en train de prendre des mesures pour limiter les petits appareils, comme Montréal-Trudeau il y a quelques années», renchérit Gilles Lapierre, président des Aviateurs et pilotes de brousse du Québec. Selon lui, «beaucoup de petits avions devront se trouver une crèche ailleurs». Il pense spontanément à l'aérodrome de Neuville, qui n'impose pas de frais pour les atterrissages.

Éric Lippé, président de l'Association québécoise du transport aérien, plaide quant à lui pour un «équilibre» entre les différents utilisateurs de l'aéroport. Il trouve la hausse importante et propose de l'échelonner pour éviter un choc, particulièrement aux petites écoles de pilotage qui ne roulent pas sur l'or. «Ça va finir par être le consommateur qui va payer», déplore-t-il.

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