Depuis leur remise en service en juin, après 10 mois passés au garage parce que des batteries avaient surchauffé, les minibus électriques tombent beaucoup moins souvent en panne. Ce mot a même été évacué du vocabulaire du Réseau de transport de la Capitale (RTC), qui parle désormais de «défectuosités».
Dans une mise à jour au Soleil, Carole Brousseau, porte-parole du RTC, rapporte 65 défectuosités ayant obligé les chauffeurs à faire descendre des clients, qui ont été récupérés par un autre véhicule. Cela représente environ 15 incidents par mois sur un total de presque 6000 voyages.
Il y a eu un seul remorquage, en août. Aucun problème de batterie n'a été signalé au cours des quatre derniers mois, alors que c'était la raison du retrait de la route à l'été 2011.
Les causes des bris de service sont mineures, assure Mme Brousseau. Il peut s'agir d'un miroir brisé ou d'un siège défectueux, donne-t-elle en exemple. Il y a aussi un problème récurrent touchant le système de protection du véhicule. C'est l'équivalent du check engine sur une automobile : un voyant lumineux s'allume, censé signaler un trouble grave. Vérification faite au garage, le minibus est en état de fonctionnement et reprend la route aussitôt. Mécaniciens et ingénieurs tentent de trouver la cause de ces fausses alertes.
Les huit Écolobus sortent tous les jours et font un parcours en boucle dans les rues du Vieux-Québec. Les statistiques de fréquentation sont stables : environ 850 personnes montent à bord quotidiennement, soit plus de 300 000 par année.
931 km entre les incidents
Durant l'année précédant leur mise au rancart, les petits autobus électriques enregistraient une panne par 365 kilomètres parcourus. C'est ce qu'on appelle la moyenne de bon fonctionnement. Tout en faisant remarquer qu'il est «encore trop tôt pour dresser un portrait complet et fidèle» puisque les grands froids d'hiver restent à venir, Mme Brousseau informe Le Soleil que les Écolobus font maintenant 931 kilomètres entre deux incidents affectant la clientèle. «C'est une amélioration de 255 %», fait-elle remarquer.
Il y a toutefois un bout de chemin à faire pour rattraper la moyenne de bon fonctionnement des autobus réguliers, qui font 40 pieds de long, et des articulés, qui roulent au diesel. Dans le dernier rapport annuel, on constate que ceux-ci ont parcouru en 2011 une moyenne de 5740 kilomètres entre deux pannes ayant perturbé le service à la clientèle. C'est six fois moins que les Écolobus.
Mme Brousseau attribue la différence au fait qu'il s'agit d'une «nouvelle technologie» et affirme que «notre défi consiste à les rendre aussi performants que les 40 pieds et les articulés».
Le taux de service offert peut aussi servir de base de comparaison entre les différents modèles. Le RTC s'était déjà donné comme objectif, en ramenant les petits véhicules dans les rues du Vieux-Québec, d'offrir le service 99 % des heures planifiées. En septembre, l'objectif a été atteint avec un taux de service de 99,4 %. Les articulés sont sur la route 99,8 % du temps prévu et les 40 pieds, 99,6 %.
Parcours révisé, connaissances affinées
Selon la porte-parole, les nouvelles batteries, le parcours révisé - les pentes sont montées en escalier plutôt que d'un seul trait - ainsi que les connaissances techniques acquises pendant la période de tests permettent d'espérer encore des améliorations. D'ici là, le remplacement des véhicules défectueux se fait plus rapidement afin de diminuer les inconvénients pour la clientèle laissée sur le trottoir.
Le RTC a investi 200 000 $ pour remettre les Écolobus sur la route, incluant les piles et les services d'experts. Le nouveau tracé doit permettre des économies de 200 000 $ par année. Les minibus de fabrication italienne, acquis à temps pour les célébrations du 400e anniversaire de Québec, en 2008, ont coûté 400 000 $ chacun.
Il est trop tôt pour savoir si le projet d'achat de nouveaux véhicules électriques sera réactivé. La réponse devrait se trouver dans le nouveau plan stratégique en préparation au RTC pour tenir compte des objectifs du Plan de mobilité durable de la Ville de Québec.