Le MTQ a épargné près de 1 milliard $ grâce à l'Unité anticollusion

Selon le ministère des Transports, la diminution des... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Selon le ministère des Transports, la diminution des coûts de réalisation des travaux routiers s'explique notamment par les mesures mises de l'avant pour resserrer les règles d'attribution des contrats après le rapport du Vérificateur général de 2009.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Crise dans la construction

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Crise dans la construction

Allégations de collusion entre les entrepreneurs en construction, liens avec le crime organisé, intimidation sur les chantiers: consultez notre dossier sur la crise dans la construction et la commission Charbonneau. »

Annie Morin
Le Soleil

(Québec) Les coûts de réalisation des travaux lancés par le ministère des Transports du Québec (MTQ) ont chuté d'environ 15 % par année depuis la création de l'Unité anticollusion en 2010. À la fin de cette année, ce sera près de 1 milliard $ que le Trésor québécois aura économisé.

«Le Ministère a constaté une baisse importante entre le montant du contrat adjugé et le montant estimé» pour les travaux de construction de routes et de structures, a confirmé son porte-parole, Guillaume Beaurivage, en réponse à une question du Soleil.

Selon les calculs des fonctionnaires, l'écart était de 16,2% en 2010, puis de 13,4% en 2011 et il atteint 13,5% depuis le début de 2012. Cela représente une économie moyenne de 14,3% ou 312 millions $ par année sur plus de 2 milliards $ de contrats attribués pour les travaux de construction seulement.

Les années antérieures, l'estimation et la valeur du contrat étaient toujours équivalentes ou presque. En 2008, par exemple, la différence était de +0,8%.

En additionnant les mandats accordés aux firmes de génie qui planifient et surveillent les chantiers ainsi que les travaux exécutés en régie, c'est environ 4 milliards $ que le gouvernement du Québec a investis annuellement dans le réseau routier depuis 2010.

Pour estimer le montant d'un contrat donné en sous-traitance, les ingénieurs du public comme du privé établissent la quantité de main-d'oeuvre et de matériaux requis en comparant avec des routes ou des ouvrages d'art (ponts, sauts-de-mouton, ponceaux, etc.) déjà réalisés. Les prix correspondants se trouvent dans une «bible» intitulée «liste et prix des ouvrages d'infrastructures de transport».

L'ouvrage de référence est mis à jour annuellement en tenant compte des prix des soumissions et des factures finales des trois dernières années. Des ajustements régionaux sont possibles. Le moment où les travaux seront réalisés est également pris en compte : plus l'année avance, plus les prix sont élevés puisque les carnets de commandes des entrepreneurs se remplissent.

Si 2009 était l'année de référence, la baisse de 2012 serait donc encore plus importante qu'il n'y paraît, tenant compte des ajustements annuels déjà comptabilisés.

Guillaume Beaurivage évoque une «combinaison de facteurs» pour expliquer cette chute de prix. À la fin de 2008, le Ministère a introduit des clauses d'ajustement aux contrats pour des produits essentiels comme le carburant, l'acier, l'asphalte ou le béton. «On avait constaté qu'il y avait des fluctuations anormales et imprévisibles», rappelle le porte-parole.

En y regardant de près, les fonctionnaires ont compris que les entrepreneurs prévoyaient des coussins pour faire face aux ajustements de prix des fournisseurs en cours de chantier. Façon de «gérer le risque», disaient-ils. En leur promettant compensation, le MTQ a éliminé ces coussins.

M. Beaurivage met aussi l'accent sur les mesures mises de l'avant pour resserrer les règles d'attribution des contrats après le rapport du Vérificateur général de 2009. Celui-ci s'attardait sur la gestion de contrats présentant des situations à risque.

Il avait notamment recommandé de mieux contrôler les dépassements de coûts et de mettre en place une stratégie pour détecter des conditions de marché problématiques. «Depuis, il n'y a pas une année qui passe sans que l'on resserre les règles d'attribution des contrats», dit le porte-parole du MTQ.

Pas un mot sur la création de l'Unité anticollusion, concrétisée en février 2010 pour examiner les rumeurs de collusion et de corruption sur les chantiers de construction. «On n'en fait pas mention parce que la baisse a commencé plus tôt», indique M. Beaurivage. De la même manière, il ne saurait dire quand le mouvement de baisse va se conclure puisque l'effet de certaines mesures de resserrement n'est pas encore tangible.

Baisses pour les villes

Les grandes villes du Québec ont aussi constaté une baisse importante de prix pour les contrats de travaux publics accordés en sous-traitance. À Montréal, les économies se chiffrent autour de 20 à 33% depuis le début de 2012.

À Québec, la facture a aussi chuté de 25% depuis que les mots collusion et corruption sont entrés dans le vocabulaire de tous les jours. Seulement en 2011, les contribuables ont sauvé 40 millions $. À Laval, une compilation récente de La Presse a révélé que les contrats d'asphaltage, de trottoirs et d'égouts coûtaient 18% moins cher que les estimations des ingénieurs depuis 18 mois.

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