Le grand voilier russe Kruzenshtern dans les eaux de la capitale

Vestige d'une époque révolue, le Kruzenshtern se maintient... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Vestige d'une époque révolue, le Kruzenshtern se maintient à flot dans un univers maritime où la voile n'est pas toujours dans le vent. Notre journaliste Samuel Auger est à bord.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(À bord du Kruzenshtern) Le dernier des grands voiliers de la planète a remonté le fleuve jusqu'au port de Québec, où il se reposera quelques jours. Vestige d'une époque révolue, le Kruzenshtern se maintient à flot dans un univers maritime où la voile n'est pas toujours dans le vent.

Il y a un petit quelque chose de mythique entourant cette cathédrale des mers. Une aura, une impression de bateau ressuscité d'un musée maritime.

On le sent dès la montée. Oubliez les passerelles douillettes et les cocktails de bienvenue. Le Soleil y a grimpé en pleine nuit, au beau milieu du fleuve Saint-Laurent, à la noirceur totale. Dans une échelle jetée à la mer, comme dans les histoires de pirate de votre enfance. Avec le vent qui souffle et l'échelle en corde et en vieilles planches de bois qui cogne contre la coque du navire...

Car ceci n'est pas un bateau de croisière. Le Kruzenshtern est une antiquité flottante, restaurée, polie, retapée - mais jamais oubliée. Le quatre mâts est le tout dernier sur nos océans à avoir été conçu à la belle époque. Celle où on construisait des voiliers sans moteur, en se fiant uniquement à la force des vents pour contrer les vagues.

Mais le voilier russe a évolué. Il a été «mis à jour» avec un puissant moteur. Pas le choix. Il est illégal de voguer sans moteur sur le Saint-Laurent avec un tel navire. Quatre mâts, 114 m de longueur, plus de 200 personnes à bord: ce géant à voiles détruirait tout sur son passage s'il osait s'approcher du bassin Louise sans ses engins mécaniques.

Sauf que les 34 voiles sont l'âme du vénérable russe. À bord, on en parle avec passion, presque une larme à l'oeil. L'équipage vit une vraie relation d'amour avec ce voilier à toute épreuve.

Partout, on perçoit cet attachement envers ce musée vivant. Des dizaines de cadets en formation repeinturent sans cesse les pièces d'origine contrôlant les voiles. Ces structures n'ont jamais été remplacées depuis la construction du navire par l'Allemagne en 1926. Tout comme les voiles, les mâts et les gouvernails. Près d'un siècle plus tard, le Kruzenshtern est capable de franchir l'Atlantique à toute vitesse en se fiant à ses pièces originales.

Sauf que le gouvernail ne sert presque plus. Ce petit bijou de bois est en parfait état, mais on doit enseigner aux jeunes à piloter un navire avec la technologie moderne.

Il continue donc de trôner fièrement sur le pont. À tout moment, on peut ainsi guider le voilier au milieu de la tempête, tourner l'immense roue au large. Et risquer d'être submergé par une vague démente. Comme dans les films.

Le Kruzenshtern navigue à travers tous ces contrastes. Tout le monde à bord adore déployer les voiles. Autant que possible. Mais les réglementations et le trafic maritime généré par les bateaux de croisières force l'équipage à les garder timidement dans les mâts. Au moins, il y a l'océan, où les matelots déploient toutes les voiles dans leur splendeur. En seulement 40 minutes en plus, quand les cadets sont rodés.

Ces matelots pour qui la Russie est fière d'entretenir depuis des décennies ce véritable bateau école. Avant de les propulser dans la mêlée des cargos et immenses bateaux de croisières, on rappelle aux gens les rudiments du métier. Grimper dans les cordages, sans trop d'équipement.

Mais les matelots apprennent aussi la version contemporaine, avec moteur et ordinateurs. Quand ils redescendent des hauteurs, après avoir dénoué cordes et engrenages, ces jeunes russes sautent sur leurs téléphones cellulaires. Ils admirent leur large sur le pont... en s'activant sur leurs iPad. Comme quoi le voilier russe n'est pas toujours ancré dans son passé.

Le Kruzenshtern sera dans le vieux-port de Québec dimanche après-midi. Il sera ancré en fin d'après-midi au quai 21, après un court séjour au quai 26. Il sera accessible gratuitement au public lundi de 10 h à 18h, et mardi de 10h à 16h. La venue dans la capitale du voilier russe a été possible en raison des dirigeants du Rendez-Vous naval de Québec, qui ont invité Le Soleil à bord du voilier.

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