L'épave de l'Argenteuil identifiée près de Lévis

Bâti en 1916 pour servir de baliseur (à... (Photo Charles-Hector Fraser et Mac Mackay)

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Bâti en 1916 pour servir de baliseur (à gauche), l'Argenteuil a été transformé en caboteur en 1961 (à droite). L'année suivante, en mai, le bateau a sombré dans le Saint-Laurent.

Photo Charles-Hector Fraser et Mac Mackay

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(Québec) Après avoir localisé l'épave de la drague Manseau 101 près du pont Pierre-Laporte, l'historien et chasseur d'épaves Samuel Côté vient d'identifier, face à Lévis dans le Saint-Laurent, celle du caboteur Argenteuil, qui a sombré le 16 mai 1962, entraînant dans la mort le capitaine Roland Hovington, son fils Normand et le marin Georges Ouellet.

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Le naufrage avait fait la une du Soleil.

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«J'ai confirmé cette semaine qu'il s'agissait de l'Argenteuil grâce aux images acoustiques fournies par le Service hydrographique du Canada, aux dimensions du bateau et à des cartes marines, photos et témoignages», explique M. Côté, indiquant que l'épave, d'une longueur de 92 pieds, se trouve à une profondeur d'environ 60 pieds.

Même s'il a à l'époque fait la une du Soleil (voir la photo), le naufrage de l'Argenteuil serait vite tombé dans l'oubli, selon M. Côté. Bâti en 1916 pour servir de baliseur, le bateau a été vendu au capitaine Hovington, qui l'a transformé en caboteur, en 1961.

Sacs de ciment

Le matin du naufrage, l'Argenteuil, qui transportait déjà de la farine, du bois et des marchandises diverses, aurait accepté un chargement de sacs de ciment à la dernière minute. «C'est cette erreur qui a causé le naufrage. Le ciment était très pesant, il s'est déplacé et en deux ou trois minutes, le bateau a coulé», raconte l'historien.

Dans les journaux de l'époque, on mentionne d'ailleurs que toute la cargaison de l'Argenteuil était logée sur le pont alors que la cale était à moitié vide, identifiant cette situation comme «cause plausible» de la tragédie.

Paul-Henri Nicolas, un ancien marin âgé de 86 ans qui a aidé Samuel Côté dans ses recherches, se souvient très bien du naufrage dont il est le seul survivant avec l'épouse de Normand Hovington, Louisette Lapointe.

«J'étais aux moteurs, je venais de prendre mon shift à 6h. Normand est descendu me voir et je lui ai dit que ça dégouttait un peu partout. Il est monté le dire à son père et il est revenu me dire qu'on retournait vers Québec. J'ai senti que le bateau commençait à pencher et je croyais que c'était normal, puisqu'on retournait», raconte-t-il dans un entretien téléphonique avec Le Soleil.

Témoins impuissants

«J'ai vu qu'il y avait un problème quand l'eau a commencé à entrer par la porte. Je suis remonté, et il y avait trois pieds d'eau qui entrait par la porte! Je ne sais pas comment j'ai fait pour passer, mais je l'ai fait et ensuite je me suis jeté à l'eau. Le bateau a coulé très vite. Mme Hovington a réussi à sauter elle aussi, mais pas les autres», se souvient M. Nicolas.

Dans les journaux de l'époque, on rapporte que l'équipage de la goélette Louis G, qui a porté secours aux survivants, avait assisté, impuissant, au naufrage et que Georges Ouellet avait aussi réussi à quitter le caboteur, mais qu'il s'était noyé quand il avait été entraîné dans un remous.

Les corps des trois victimes avaient pour leur part été repêchés quelques jours après la tragédie. À l'époque, une bouée avait été installée au-dessus du lieu du naufrage, mais avait ensuite été retirée puisque l'épave de l'Argenteuil ne représentait pas un obstacle à la navigation.

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