Pont de Québec: une entente d'utilisation à renégocier

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Annie Morin
Le Soleil

(Québec) La vieille entente entre le gouvernement du Québec et le Canadien National (CN) sur l'utilisation du pont de Québec vient à échéance le 30 septembre. Il y a bien peu de chances qu'elle soit renouvelée avant la date butoir. Les automobilistes n'ont pas à craindre d'interruption de service pour autant.

«Si on n'a pas fini de négocier, si on ne s'est pas entendus sur les derniers détails, je ne m'inquiéterais pas si j'habitais Lévis», a rassuré mardi le négociateur du gouvernement provincial, l'ex-premier ministre Daniel Johnson, un sourire dans la voix.

À savoir si c'est une question de jours, de semaines ou de mois avant que le dossier débloque, l'avocat ne s'avance pas. «C'est toujours difficile à dire. C'est une entente dans laquelle il y a beaucoup, beaucoup d'aspects, évidemment. [...] Tout le monde est très constructif. Ça prend le temps que ça prend, une grosse affaire comme ça», a-t-il résumé, assurant qu'«on essaie toujours de le faire le plus vite possible».

C'est l'administration de Maurice Duplessis qui a signé en 1949 un bail de 21 ans, renouvelable deux fois, permettant aux automobilistes d'emprunter le pont de Québec, propriété du CN, en échange de 25 000$ par année. Cette somme est aujourd'hui dérisoire en comparaison des millions de dollars nécessaires à l'entretien du plus long pont en porte-à-faux du monde.

Soixante-trois ans plus tard, il n'y a cependant pas que les termes financiers de l'entente à revoir. La propriété même du pont et l'utilisation de terrains limitrophes font partie des négociations entamées l'an dernier.

Le CN ne demande qu'à se débarrasser de l'équipement, qui commande des investissements considérables, mais veut continuer d'y faire rouler ses trains. Le gouvernement provincial, qui est ouvert à l'idée, a quant à lui besoin d'espace pour revoir l'entrée de la capitale et l'entreprise ferroviaire en possède à des endroits stratégiques.

M. Johnson ne dit pas si tout sera réglé en même temps. «C'est idéal d'avoir un champ le plus large possible. Il s'agit juste de voir ce qui va être faisable. Est-ce que c'est dans une même entente ou une entente séparée?» lance-t-il sans répondre à sa propre question.

Ministre rassurant

Au bureau du nouveau ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, on se fait aussi rassurant malgré l'imminente échéance du contrat avec le CN. L'attaché de presse Yann Langlais-Plante affirme que son patron n'a «pas de raisons de croire qu'on ne se dirige pas vers une entente», et est convaincu que la circulation ne sera pas perturbée le matin du 1er octobre et les suivants pour les 35 000 véhicules qui utilisent le vieux pont quotidiennement.

La porte-parole du CN, Julie Senécal, montre plus d'empressement. L'organisation a «confiance d'en arriver à une entente avant l'échéance du contrat de location ou un peu après», a-t-elle répété mardi.

Quant au mandat de négociateur de Daniel Johnson, libéral notoire, il se poursuit malgré le changement de gouvernement. «Personne n'a rien dit pour le moment, ni dans un sens ni dans l'autre. Dans ce temps-là, on continue», confie le principal intéressé, embauché en début d'année.

Le contrat de l'ex-premier ministre prévoit un traitement d'un million de dollars sur deux ans pour régler les contentieux avec le CN et le Canadien Pacifique (CP), incluant ses frais de déplacement.

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