Côte Gilmour ouverte l'hiver: le fédéral ne versera pas un sou

Ottawa ne financera pas les travaux pour que... (Photo Le Soleil, Erick Labbé)

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Ottawa ne financera pas les travaux pour que la côte Gilmour soit praticable l'hiver.

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Annie Mathieu
Le Soleil

(Québec) Le gouvernement fédéral ne verserait pas «un sou» dans la réfection et l'entretien de la côte Gilmour si la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) donnait le feu vert à son ouverture 365 jours par année. Et dans l'éventualité où la Ville de Québec décidait de prendre à sa charge cette dépense, cela lui coûtera 9 millions $ sur 30 ans.

La nouvelle présidente au conseil d'administration de la CCBN, Margaret Delisle, ne peut pas être plus claire: Ottawa ne financera pas les travaux pour que la côte Gilmour soit praticable l'hiver.

Le fédéral n'a pas plus l'intention de participer financièrement à son déneigement et à l'entretien général si, à la lumière du deuxième volet du rapport de Travaux publics et Services gouvernementaux, la Commission se prononçait en faveur de son utilisation à longueur d'année. Celui-ci évalue les coûts totaux d'une réponse positive à 9 millions $ sur 30 ans, soit 300 000 $ annuellement.

«Je rappelle que c'est la Ville qui fait une demande dans ce dossier-là», tient d'emblée à souligner Mme Delisle. Celle-ci ajoute qu'avec les compressions financières issues du dernier budget qui forcent déjà la CCBN à se serrer la ceinture, il n'est pas question de dépenser ses précieux deniers sur le projet cher à la mairie de Québec. «C'est sûr qu'on ne met pas un sou là-dessus», tranche la présidente, qui ajoute que même advenant un oui, la côte Gilmour ne sera pas accessible cet hiver.

Le rapport tant attendu est entre les mains de Régis Labeaume depuis le mois de juin. Mais avant de le divulguer publiquement, la CCBN attend de la part du maire une information cruciale qui lui permettra de se prononcer. L'organisme souhaite savoir si la côte Gilmour s'inscrit dans son plan de mobilité durable pour notamment connaître les impacts anticipés sur les déplacements des véhicules dans la Ville.

Sceller le destin

Une fois cette information fournie, ce qui devrait être fait incessamment, assure Mme Delisle, les membres du conseil d'administration de la CCBN tiendront une réunion spéciale où le destin de la côte sera scellé.

Et même si elle a elle-même plaidé auprès de la CCBN pour l'ouverture du passage entre la haute et la basse ville du temps qu'elle était la mairesse de Sillery entre 1985 et 1994, Margaret Delisle jure qu'elle n'a plus de biais.

«Il y a des informations que je n'avais pas à l'époque», soutient-elle, faisant notamment référence aux impacts environnementaux de la décision et ceux liés à la mission historique de la préservation des plaines d'Abraham.

Elle souligne par ailleurs que peu importe la réponse de la CCBN, celle-ci aura des répercussions importantes.

«C'est pour cela que nous voulons prendre le temps de justifier notre décision publiquement avec des éléments solides», conclut-elle.

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