Depuis la semaine dernière, la fluidité est un concept abstrait du côté sud des ponts Pierre-Laporte et de Québec. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) est conscient du problème, mais ne fait pas de lien avec sa gestion de la circulation.
«Chaque année, avec la rentrée scolaire, on constate une augmentation de la congestion. Habituellement, ça dure trois semaines», le temps que les automobilistes ajustent leur horaire et leur trajet, souligne Marie-Claude Côté, porte-parole du Ministère à Québec.
Celle-ci ajoute qu'il y a eu des accidents mineurs vendredi, lundi et mercredi matin, une cuvée exceptionnelle (!) qui accentue le capharnaüm.
Enfin, Mme Côté évoque les importants travaux routiers - «qu'on ne peut pas éviter» - entrepris à des endroits stratégiques de part et d'autre du fleuve.
Depuis le mois de mai, la bretelle d'accès vers l'autoroute Duplessis a été fermée de façon préventive. Tous les véhicules accédant à la Rive-Nord doivent donc demeurer sur Henri-IV, créant des bouchons monstres à l'heure de pointe du matin et même du soir.
Sur l'autoroute 20 Est, à la hauteur de Charny, la circulation est également déviée dans la voie de desserte pour permettre aux sous-traitants du MTQ de s'attaquer au pont «banane», longue bretelle en provenance du pont Pierre-Laporte qui doit être reconstruite. Il y a de la place pour une automobile à la fois au lieu de trois en temps normal.
Juste avant, les voies sont déviées à la hauteur du viaduc de la route 116, lui aussi en réfection.
Résultat: ça bloque sur des kilomètres sur l'autoroute 20, mais aussi sur la route 132 et sur le chemin du Sault.
La porte-parole du MTQ affirme que les gestionnaires du réseau routier suivent la situation de près, mais n'y peuvent pas grand-chose. Ouvrir la bretelle de Duplessis ne donnerait rien, selon eux. L'autoroute «se transformerait en stationnement» puisqu'une seule voie est ouverte à la circulation dans la zone de travaux.
Le bât blesse à Charny
Guy Desjardins, qui habite Saint-Étienne et travaille à Sainte-Foy, croit que c'est à Charny que le bât blesse. Un peu d'asphalte sur l'accotement aurait permis de conserver deux voies plutôt qu'une en direction de Lévis, dit-il. «Présentement, c'est un important goulot d'étranglement inutile et qui se répète à chaque matin de semaine», déplore l'homme, qui met trois fois plus de temps qu'à l'habitude (90 minutes au lieu de 30) pour se rendre au boulot.
Mme Côté affirme que cette solution a été regardée et jugée impossible par les ingénieurs du MTQ. Elle assure du même souffle qu'«on ne fait pas exprès pour bloquer des voies pour rien».
Des actions très simples ont d'ailleurs été prises, mais leur effet sur la congestion est incertain. Le marquage a été refait et un panneau à message variable a été ajouté à la hauteur du kilomètre 309 sur l'autoroute 20 Est pour informer les automobilistes de la voie à suivre. Les camions hors normes ont également été interdits aux heures de pointe entre les kilomètres 307 et 317. Pour le reste, il faudra attendre la fin des travaux en novembre pour souffler un peu.
DÉLUGE DE PLAINTES À L'HÔTEL DE VILLE DE LÉVIS
La circulation infernale sur la Rive-Sud entraîne son lot de plaintes à la Ville de Lévis, qui n'a pourtant rien à voir avec les chantiers problématiques.
Alain Vézina, porte-parole de la mairesse Danielle Roy Marinelli, confirme que le téléphone sonne à l'hôtel de ville comme chez les conseillers municipaux. «Il y a un bon volume d'appels», dit-il. Toutes les plaintes sont colligées et remises au directeur général et à la mairesse, qui est «très, très sensible» à la situation, assure M. Vézina.
Même si la responsabilité des travaux routiers sur l'autoroute 20 revient au ministère des Transports, Mme Roy Marinelli évalue actuellement les possibilités d'actions à prendre à court terme pour soulager les citoyens qui passent des heures dans leur voiture pour se rendre au travail.