Communauto s'implante à Paris

Après son acquisition à Paris, Communauto compte acquérir... (Photo Martin Chamberland, archives La Presse)

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Après son acquisition à Paris, Communauto compte acquérir des participations minoritaires dans d'autres sociétés d'Europe et d'Amérique du Nord avec lesquelles elle a tissé des liens au fil des ans.

Photo Martin Chamberland, archives La Presse

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Annie Morin
Le Soleil

(Québec) Communauto offrira bientôt des automobiles en libre-service à Paris. L'entreprise d'autopartage fondée à Québec met la main sur Mobizen, une petite cousine française ayant un énorme potentiel de développement. Les Québécois de passage dans la Ville lumière pourront éventuellement profiter du réseau.

Après 18 ans au Québec, Communauto débarque en France avec l'idée d'y faire des petits. Car Mobizen a beau desservir un bassin potentiel de deux millions de clients, elle offre à peine 150 automobiles en libre-service. C'est moins que les 200 véhicules postés à Québec et loin derrière les 1000 de Montréal. Pour obtenir un taux de pénétration comparable, le fondateur et président de Communauto, Benoît Robert, calcule que 4000 voitures devraient être partagées à Paris.

La taille modeste de Mobizen, qui était propriété de Veolia Transdev jusque-là, est considérée comme un atout, car «le potentiel de développement est énorme», souligne M. Robert. La filiale française souhaite se faufiler entre les entreprises de location classiques et Autolib', le libre-service «intégral» à la BIXI moussé par le maire de Paris lui-même, Bertrand Delanoë. Elle voudrait pour cela conclure une entente de partenariat avec les services de transport en commun parisiens.

Pour gagner de nouveaux clients, la stratégie est simple: baisser les prix. Communauto a pour principe de facturer davantage le kilométrage que le temps d'utilisation, ce qui permet d'augmenter le nombre de clients et le temps d'utilisation des véhicules. C'est d'ailleurs en appliquant cette recette que le leader québécois a sauvé de la faillite Car Share, de Halifax, qui lui appartient en partie depuis l'an dernier.

Plus que les acquisitions, Communauto compte sur des prises de participation minoritaires dans des entreprises fragiles pour se positionner sur le marché international et «consolider» le secteur. Celui-ci est pris d'assaut par des géants qui n'ont pas peur de facturer. C'est le cas de l'américaine Zipcar, présente dans les grandes villes nord-américaines, dont Toronto et Vancouver, mais toujours absente du Québec.

Respecter l'objectif de départ

M. Robert craint qu'à terme, une facturation excessive nuise à l'objectif de départ, qui est de convaincre des automobilistes de partager un véhicule au lieu d'en posséder un. La présence de Communauto dans de nouveaux marchés vise donc à perpétuer la philosophie originale, mais aussi à renforcer l'entreprise au cas où la concurrence s'amène avec ses gros sabots. Un marché plus performant pourrait ainsi permettre d'en maintenir un plus chancelant le temps que la tempête passe.

Avec un chiffre d'affaires de 15 millions $ actuellement, Benoît Robert admet qu'il faudra trouver de nouvelles sources de financement pour réaliser ce plan ambitieux.

En attendant de bien comprendre le marché français, la marque de commerce de Mobizen survivra, mais le logo de Communauto fera son apparition sur les véhicules. «On ne veut pas être perçu comme une entité de l'extérieur qui arrive ici en conquérant», insiste le président.

Note aux voyageurs: quand l'intégration sera complétée, les abonnés des services français et québécois pourront profiter du service de l'autre côté de l'Atlantique.

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