Affaire Aéropro: la méthode d'enquête de Transports Canada critiquée

Depuis 2001, Transports Canada avait Aéropro dans sa... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Depuis 2001, Transports Canada avait Aéropro dans sa mire, en raison de nombreux manquements dans le domaine de la sécurité. Mais les inspecteurs s'annonçaient plusieurs jours d'avance, ce qui pouvait laisser le temps au personnel de la compagnie aérienne de faire le ménage dans ce qu'elle voulait cacher aux autorités.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

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(Québec) Les inspecteurs de Transports Canada doivent revoir leurs façons de mener des enquêtes sur les transporteurs aériens délinquants, affirme le spécialiste de l'aviation civile Yvan-Miville Des Chênes.

Depuis 2001, Transports Canada avait Aéropro dans sa mire, en raison de nombreux manquements dans le domaine de la sécurité. Mais les inspecteurs s'annonçaient plusieurs jours d'avance, ce qui pouvait laisser le temps au personnel de la compagnie aérienne de faire le ménage dans ce qu'elle voulait cacher aux autorités.

«Si, par exemple, on prend rendez-vous avec moi, l'opérateur qui est couci-couça, je vais faire disparaître tout ce que je veux pas que l'inspecteur voie», a lancé M. Des Chênes, en marge du point de presse du Bureau de la sécurité des transports de mercredi.

Il a aussi souligné le fait que les inspecteurs ont le droit de se rendre chez les compagnies d'aviation sans s'annoncer au préalable.

Le spécialiste croit que les inspecteurs pourraient avoir empêché le drame du 23 juin 2010 s'ils avaient mené quelques inspections-surprises chez Aéropro dans les mois et années précédant l'écrasement.

«Je pense qu'ils auraient pu intervenir avant», a affirmé M. Des Chênes.

Par ailleurs, même s'ils annonçaient leur visite dans les années avant l'écrasement, les inspecteurs étaient souvent en mesure de trouver de nombreuses anomalies chez Aéropro. En raison de ces lacunes, cinq avis de suspension ont été soumis à Aéropro depuis l'année 2001, dont le dernier à l'automne 2009.

La coroner Andrée Kronström approuve les affirmations de M. Des Chênes et se demande elle aussi pourquoi les enquêteurs de Transports Canada s'annoncent avant de mener leurs inspections. Mme Kronström a également dévoilé mercredi les rapports sur les décès des sept occupants de cet avion.

M. Des Chênes a aussi déploré le fait que Transports Canada aurait de moins en moins d'inspecteurs sur le terrain pour surveiller les transporteurs aériens, ce qu'a nié une porte-parole de l'organisme fédéral, Maryse Durette.

À la suite de l'accident du 23 juin 2010, Transports Canada avait dépêché des inspecteurs chez Aéropro et lui avait enlevé son certificat d'exploitation aérienne un mois plus tard.

Promouvoir la dénonciation

Dans leur rapport respectif, le BST et la coroner Kronström affirment aussi qu'il faudrait développer des systèmes confidentiels par lesquels les passagers ou employés de compagnies aériennes pourraient dénoncer des transporteurs délinquants. De tels systèmes existent, mais sont pratiquement inconnus parmi la population, et leur confidentialité pour les plaignants n'est pas garantie.

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