Le déménagement du Centre de sauvetage maritime cause des inquiétudes

(Québec) Il n'y a pas que les plaisanciers qui pourraient pâtir du déménagement du Centre de sauvetage maritime de Québec. L'industrie maritime aussi y risque gros parce que cette décision du fédéral pourrait, par la bande, «diminuer excessivement» les services en hiver pour la navigation commerciale, s'inquiète la présidente de la Société de développement économique du Saint-Laurent, Nicole Trépanier.

Ottawa, on s'en souvient, a annoncé en 2011 son intention de fermer le Centre de sauvetage de Québec pour déménager ses opérations à Trenton, en Ontario, et à Halifax, en Nouvelle-Écosse, dans le but d'économiser 1,5 million $ par année. La décision a soulevé un tollé chez les plaisanciers, qui craignent de ne pas pouvoir se faire répondre en français - ni par des gens qui connaissent le fleuve - s'ils sont en détresse.

Or, a ajouté Mme Trépanier, mercredi, lors du congrès de l'Alliance des villes du Saint-Laurent et des Grands Lacs, les employés du centre de sauvetage ne passaient pas l'hiver à se tourner les pouces : «Pendant la période hivernale, dit-elle, le personnel va aider le Bureau des glaces, qui fait le tracé, les routes que les navires doivent emprunter. Mais si le personnel est parti, il n'y a plus suffisamment de personnel au Bureau des glaces en hiver pour dispenser un service 24/7, qui à l'heure actuelle est dispensé et qui est une obligation. En l'occurrence, on va avoir des tracés qui vont être moins précis [...] Je ne suis pas alarmiste pour rien : il y a des gens à qui j'ai parlé à la Garde côtière qui me disent : "On ne sait pas comment ça va se faire."»

«Services excessivement diminués»

Au bout du compte, craint-elle, «on risque d'avoir des services excessivement diminués, ici, sur le Saint-Laurent, pour la navigation commerciale. Je parle des brise-glace en hiver, du contrôle des inondations. [...] Autrement dit, c'est comme si on décidait que, pendant l'hiver, on va fermer la20 pendant la nuit, on va éteindre les lumières, et on opère seulement quand il fait clair».

D'après des statistiques accessibles sur le site de Pêches et Océans Canada, le Centre de sauvetage de Québec répond en moyenne à 1422 «incidents» par année, dont 13 % concernent une ou des personnes en détresse.

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