Il faut aimer les cyclistes. C'est sur ce thème inspiré par la veuve de M. Labelle que s'est déroulé le 8e Tour du silence dans la Capitale-Nationale. Depuis 2005, le rassemblement, qui a lieu simultanément dans 200 villes dans le monde, commémore les cyclistes tués sur la route et promeut la cohabitation entre cyclistes et automobilistes.
«Depuis 2009, nous comptons cinq décès dans la région de Québec. Les automobilistes doivent être attentifs et penser aux cyclistes qui peuvent se trouver en bordure de la route», raconte Guy Cyr, organisateur de la randonnée.
Il donne en exemple le rapport d'un coroner déposé plus tôt cette semaine sur le décès de trois cyclistes happés mortellement par un automobiliste à Rougemont en 2010. La fatigue du conducteur du véhicule, qui a dévié de sa route, a été relevée pour expliquer le drame. Dans le cas du lieutenant-colonel Labelle, son décès serait attribuable à une distraction de l'automobiliste qui l'a percuté.
Les cyclistes ont aussi leur part de responsabilité, mentionne M. Cyr. «Il faut toujours circuler en bordure de la route et en file indienne.»
Convaincre la Ville
Les participants au Tour, réunis à l'Université Laval, avaient pour destination l'hôtel de ville. Le but était d'interpeller la Ville de Québec pour rendre plus sécuritaires les bandes et pistes cyclables dans le secteur de l'université et des centres commerciaux.
C'est en 2010 qu'on compte le plus de décès à Québec depuis l'existence du Tour. Le 4 juin, sur le boulevard Champlain, est décédé Olivier Alain; le 21 juin, sur le boulevard Valcartier, est décédé Yves Desharnais, 49 ans; et le 28 juillet à l'intersection de la route 138 et de la route des Carrières est décédé Bruce Winder, un Californien en vacances au Québec.
L'an passé, un mémorial représenté par une croix rouge a d'ailleurs été déposé à l'endroit où est décédé l'Américain. Sa femme était présente pour l'occasion. M. Cyr compte dans les prochaines semaines en déposer un à l'endroit où Pierre Labelle a perdu la vie en 2011.