Les bagagistes d'Air Canada à Québec ont débrayé à partir de 8h30, mais les activités de l'aéroport étaient déjà perturbées depuis quelques heures, a expliqué Jonathan Trudeau, directeur des communications de l'aéroport Jean-Lesage.
«Les employés d'Air Canada à Montréal ont rejoint ceux de Toronto, qui débrayaient depuis jeudi soir, à 6h ce matin [vendredi]. Puisque nous avons 25 départs et 25 arrivées d'Air Canada par jour à Québec, dont 16 en lien avec l'aéroport Trudeau de Montréal, plusieurs vols ont ainsi dû être annulés ou reportés», signale-t-il.
Quand Québec s'est joint au débrayage, il n'y avait plus aucun vol d'Air Canada qui décollait ou atterrissait jusqu'à nouvel ordre. Le moyen de pression a toutefois pris fin quand la compagnie aérienne a obtenu vers 10h30 une injonction forçant les bagagistes à rentrer au boulot.
Geste d'appui
«Ce n'était pas une grève, c'était un mouvement», a déclaré au Soleil André Gagnon, délégué syndical des employés d'Air Canada à Québec. «Il s'agissait d'un appui à nos collègues de Toronto qui se sont fait saisir leurs laissez-passer par l'employeur et qui ne pouvaient donc pas rentrer travailler.»
Trois employés d'Air Canada à l'aéroport Lester B. Pearson avaient été suspendus jeudi soir après avoir applaudi en signe de dérision la ministre fédérale du Travail, Lisa Raitt, alors qu'elle s'apprêtait à prendre l'avion à Toronto. Cette réaction faisait suite à l'adoption par le gouvernement canadien d'une loi interdisant tout arrêt de travail.
«Tout le monde est sur les nerfs, tout le monde est en colère depuis l'adoption de la loi C-33, qui empêche tout arrêt de travail chez Air Canada. Nos gars l'ont de travers, celle-là», souligne M. Gagnon.
Comme ils ont respecté l'injonction rendue vendredi, les travailleurs de Québec ne devraient en principe subir aucune sanction disciplinaire. «Un arbitre a rendu un jugement final et exécutoire, et il ne devrait pas y avoir de sanction à moins d'une décision arbitrale contraire», poursuit le délégué syndical.
Vols reportés et annulés
Conséquence des moyens de pression, plusieurs vols d'Air Canada ont été retardés ou annulés vendredi matin. Richard Cantin et Julie Bédard, de Québec, en ont été quittes pour un léger changement d'horaire. «Finalement, nous arriverons seulement 1heure15 plus tard, puisque Air Canada a procédé à un échange de billets et nous a transférés à l'un de ses partenaires,
US Airways», explique M. Cantin, qui prenait un vol Québec-Montréal pour ensuite prendre la direction de Fort Lauderdale.
«Ça pressait quand même un peu, car nous avons une croisière en direction des Bahamas dimanche [demain]. Il y a des gens dont la croisière partait demain [aujourd'hui] et pour qui c'était donc vraiment urgent qui ont eu de nouveaux billets en priorité», poursuit-il.
Quant à Denise Dumont, qui devait faire une escale à Montréal en route vers Punta Cana, elle a vu son vol être annulé. «On m'a placée sur un autre vol qui partait 20 minutes plus tôt. Disons que j'ai été assez chanceuse. L'impact n'a pas été trop grand pour moi.»