Aérodrome de Neuville: le promoteur déplore un «nouvel épouvantail»

 

Johanne Martin, collaboration spéciale
Le Soleil

(Neuville) Selon les promoteurs de Neuville Aéro, la campagne sur les dangers pour la santé associés au plomb contenu dans l'essence utilisée par les monomoteurs ne serait qu'un «nouvel épouvantail dans la lutte d'arrière-garde [des opposants] pour tenter de nuire à l'exploitation de l'aérodrome, [...] un autre pétard mouillé lancé par ces marchands de peur en mal d'inquiétude».

En réaction à la nouvelle croisade entreprise la semaine dernière par le comité de citoyens contre l'aérodrome, le président de Neuville Aéro, Martin Mercier, a indiqué, par voie de communiqué, que l'alerte des opposants défiait toute logique.

«Si quelques monomoteurs qui s'envolent occasionnellement de l'aérodrome de Neuville peuvent présenter un si grand danger pour la santé publique, qu'en est-il des populations qui vivent aux abords des quelque 6000 aérodromes qui sont actuellement en activité partout ailleurs au Canada?» demande l'homme d'affaires.

Pour les exploitants, il est impensable que les autorités gouvernementales et le monde médical «soient aveugles à un tel risque et laissent sciemment autant de gens vivre dans des environnements aussi dangereux».

«Une étude exhaustive réalisée en 2009 sur la qualité de l'air ambiant près de l'aéroport de Saint-Hubert n'a détecté aucune trace de plomb; on y enregistre pourtant chaque année près de 200 000 mouvements d'avions», rapporte M. Mercier.

Autre étude

De l'avis du membre du comité de citoyens qui a sonné l'alarme, Jean-Pierre Lorrain, on commence à peine à mesurer les quantités de plomb émises à proximité des aéroports où se posent et décollent des avions à pistons. «Tout cela est récent; la réplique des promoteurs n'a donc rien de surprenant.»

M. Lorrain oppose l'étude effectuée à Saint-Hubert à celle produite par l'Université du Michigan et dont les résultats ont été rendus publics en juillet 2011. L'analyse en question a révélé que les enfants qui vivaient à moins d'un kilomètre de ces aéroports avaient de 2 à 4 % plus de plomb dans leur sang que ceux qui ne résidaient pas dans ce type de milieu.

«Dans le deuxième cas, nous avons des données sur 10 ans, ce qui n'a rien à voir avec Saint-Hubert, où les mesures ont été prises sur une période de 48 heures, par temps ensoleillé, avec des vents légers et une source de captation à plus ou moins trois pieds de hauteur», commente le militant, qui rappelle que le plomb est dommageable pour le cerveau, les reins et le coeur, particulièrement chez les jeunes enfants.

Depuis 1990, l'essence contenant du plomb est interdite au Canada, mais les avions emploient toujours ce genre de carburant en vertu d'un règlement sur l'essence. Parce qu'aucun substitut n'a encore été mis au point, cette industrie bénéficie d'une exemption qui devrait être revue en 2015 par Environnement Canada et Santé Canada.

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