Le projet de loi 57, déposé mercredi par le ministre des Transports, rend permanents les 15 appareils testés depuis 2009. Pierre Moreau prévoit l'ajout de 25 autres radars dans des secteurs à haut risque d'accident, dans les zones scolaires et aux abords des chantiers routiers.
Tout le territoire du Québec sera désormais couvert, alors que seules les régions de la Chaudière-Appalaches, de la Montérégie et de Montréal étaient visées par le projet pilote. Un comité d'experts recommandera des endroits «accidentogènes» et difficiles à surveiller par les policiers «pour optimiser l'effet sur le bilan routier», mais c'est le ministre qui aura le dernier mot.
Loin de rompre avec l'idée de prévenir les automobilistes, Québec compte faire passer le nombre d'avertissements sur les autoroutes de deux à trois. La même précaution sera appliquée en milieu urbain.
Autre changement: les propriétaires de véhicules lourds, taxis, voitures de fonction et autos de courtoisie auront aussi la possibilité de désigner le conducteur qui était au volant lors de la prise de photo afin que le constat d'infraction lui soit transféré.
Dans le cadre d'un nouveau projet pilote également présenté mercredi, la Ville de Québec prendra sous sa responsabilité quatre radars photo mobiles supplémentaires pour surveiller le réseau routier municipal. L'implantation débutera en 2013 et l'expérience sera menée sur une période de 18 mois. «Il n'est pas exclu que d'autres municipalités emboîtent le pas», a précisé le ministre Moreau. Montréal a déjà refusé.
Le maire Régis Labeaume avait souhaité davantage d'appareils, mais s'est dit comblé par l'offre de Québec, car chacun pourra être déplacé à une dizaine d'endroits. Surtout dans les quartiers résidentiels où la circulation de transit fait des mécontents. Une première liste a déjà été dressée par le comité exécutif. «C'est essentiellement statistique. C'est là où il y a le plus d'accidents dans la ville», a précisé M. Labeaume. Ces lieux seront suggérés au ministère des Transports, qui doit les entériner.
Maître d'oeuvre
Le provincial reste en effet maître d'oeuvre du programme: en plus de choisir les sites, il achètera les machines et traitera les amendes. Les dépenses seront déduites des revenus, puis 100% des bénéfices nets seront remis à la municipalité participante, qui devra investir les sommes dans des mesures de sécurité routière. Le ministre Moreau a donné comme exemples la réfection d'une intersection dangereuse ou l'installation de feux piétonniers sonores.
Mercredi, le Parti québécois a prévenu qu'il surveillerait de près le déploiement des nouveaux appareils, soupçonnant le gouvernement libéral d'avoir déjà fait le choix des fournisseurs. Le CAA-Québec, qui compte plus d'un million de membres automobilistes, a également averti que «rien ne peut remplacer la présence des policiers sur nos routes» et que les radars photo doivent demeurer «une mesure d'exception».