L'enveloppe budgétaire liée à l'entretien du tronçon ferroviaire de 320 kilomètres sera vide le 31 mars. Depuis cinq ans, près de 4 millions $ par an sont consacrés par l'État à cet entretien mais une étude récente réalisée par les experts Hatch Mott MacDonald révèle que des réparations majeures sont requises au cours des cinq prochaines années pour assurer la sécurité des convois. Il faudrait trouver 93,5 millions $, près de 19 millions $ par an.
M. Bolduc a rencontré hier matin le président de la Société du chemin de fer de la Gaspésie et maire de Gaspé, François Roussy, afin de parler de l'avenir immédiat et de long terme. M. Roussy a indiqué il y a une semaine que l'exploitation ferroviaire serait arrêtée à la fin de mars sans soutien financier des gouvernements, alors que plusieurs projets novateurs et structurants pour l'économie régionale sont sur le point d'émerger.
Se disant conscient de l'urgence de la situation, le ministre a précisé que le scénario probable d'intervention de son gouvernement consisterait «pour deux ans à y aller avec un minimum d'investissement» de façon à planifier «à long terme un grand plan d'investissement» pour répondre si possible aux besoins identifiés «de près de 95 millions $».
Yves Bolduc est catégorique. «Ça prend un chemin de fer dans la région», tranche-t-il. Il est aussi ouvert à l'idée que Québec fasse cavalier seul temporairement. «Le fédéral ne veut pas collaborer pour le moment parce qu'il n'a pas de programme [...] À court terme, on peut suppléer en partie au fédéral», le temps qu'Ottawa identifie un mode d'intervention.
Le ministre se dit sensible aux inquiétudes des Gaspésiens quant à l'avenir du service de VIA Rail, l'une des deux principales sources de revenus de la Société du chemin de fer de la Gaspésie et un service jugé essentiel pour la région, avec environ 30 000 passagers par an.
«Georges Mamelonet [le député libéral de Gaspé] parle avec les gens de VIA Rail. On s'attend à ce que VIA Rail continue d'offrir le service en Gaspésie [...] pour demeurer un bon citoyen corporatif», ajoute le ministre Bolduc.
Quant à l'insatisfaction exprimée par les maires de la MRC du Rocher-Percé au sujet du transfert permanent, en décembre, de l'approvisionnement de 86 300 mètres cubes de bois jusque-là réservé à la scierie du Groupe GDS de Grande-Rivière, principalement au profit d'une autre usine de la même firme à Grande-Vallée, le ministre Bolduc l'explique de façon pragmatique.
Les maires de Rocher-Percé auraient souhaité qu'un projet structurant aboutisse dans leur secteur avant que le transfert du bois soit officialisé. «Ça ne nuira pas aux autres projets [de la MRC du Rocher-Percé], assure M. Bolduc, qui croit que l'attente pour un transfert du bois à Grande-Vallée «aurait été difficile» pour le Groupe GDS.
Un ministre qui «adore» être présent
Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, qui a été nommé ministre responsable de la Gaspésie, des Îles-de-la-Madeleine et du Bas-Saint-Laurent à la suite du retrait de la vie politique de Nathalie Normandeau le 6 septembre, a effectué une demi-douzaine de visites dans chacune de ces deux régions ces quatre derniers mois. Entend-il maintenir la cadence? «Oui. J'adore ça et ça ne m'empêche pas de faire mon travail de ministre de la Santé», dit-il en décrivant le nombre d'arrêts que ses fonctions l'obligent à faire dans une seule journée, et parfois, dans plusieurs régions à l'intérieur d'une période de 24 heures.
M. Bolduc a passé la journée d'hier à Gaspé et à Chandler. À Chandler, il a annoncé un investissement de 1,9 million$ dans la construction d'une salle multifonctionnelle à la résidence pour personnes âgées Villa Pabos. La salle servira notamment à la tenue d'activités pour les familles, a indiqué le ministre Bolduc.