Au cours des prochains jours, le ministre des Transports, Pierre Moreau, doit annoncer la composition du bureau de négociation que dirigera M. Johnson. Avocat-conseil chez McCarthy Tétrault, l'ex-premier ministre libéral entamera un mandat de deux ans - renouvelable si nécessaire - au tarif horaire de 400 $.
«On voulait avoir une personne de très haut niveau, affirme le ministre Moreau. On s'assure de cela avec lui. Il est avocat, a été premier ministre, président du Conseil du trésor... Ce sont des négociations de haut niveau.»
Le travail ne manquera pas pour M. Johnson et son équipe. Les dossiers sont sur «plusieurs fronts». Le bureau devra notamment les classer selon leur importance : «stratégiques», «ponctuels» ou «courants».
«Le ministère a plusieurs dossiers majeurs qui font l'objet de différends avec le CN, note le ministre Moreau. On a des milliers de kilomètres de réseau qui croisent les emprises du CN. Il y a des dossiers plus préoccupants qui doivent faire l'objet d'un dénouement à court terme pour nous permettre de réaliser les travaux.»
Le ministre établit trois dossiers prioritaires : le pont de Québec, ainsi que les échangeurs Turcot et Dorval. Datant de 1949, l'entente concernant le droit de passage des automobilistes sur le pont de Québec, propriété du CN, arrive à échéance cet automne. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) ne verse que 25 000 $ par an au transporteur ferroviaire pour les quelque 35 000 automobilistes qui empruntent le pont chaque jour.
À Montréal, les emprises du CN nuisent aux travaux de construction des échangeurs Turcot et Dorval. Le déplacement des voies doit être négocié.
D'autres infrastructures sont dans la mire du MTQ. Dans la région de Québec, le ministre égrène celles de l'autoroute Dufferin-Montmorency, de la baie de Beauport et une croisée sur le boulevard Hamel. À Montréal, il évoque le pont Victoria et l'autoroute 25.
Règle générale, explique le ministre Moreau, il ne s'agit pas pour le gouvernement du Québec de faire l'acquisition de terrains, mais de négocier les coûts de certains travaux, tels que le déplacement d'emprise ou l'entretien d'infrastructures.
Guimond pour Québec?
Cet été, Le Soleil a écrit que l'ex-député bloquiste Michel Guimond, qui a été critique en matière de transports, était considéré pour faire partie du bureau de négociation. Selon nos informations, sa candidature est toujours sur le radar. Avocat de formation, M. Guimond, qui a été négociateur pendant 14 ans dans le secteur des pâtes et papiers, offrirait un pendant intéressant pour l'aspect «capitale nationale» des négociations, nous dit-on.
Des avocats externes spécialisés en droit ferroviaire appuieront aussi M. Johnson dans son travail de négociateur en chef, de même que des spécialistes du ministère des Transports en système ferroviaire.
M. Johnson proposera la stratégie de négociation, élaborera un plan de travail et dirigera la délégation du MTQ lors des pourparlers. «On a demandé un calendrier de priorités très rapidement, affirme le ministre Moreau. On ne veut pas que ce soit un mandat infini.»