M. Roussy, qui est aussi maire de Gaspé, a lancé hier à New Carlisle la première étape d'une mobilisation à laquelle ont participé plusieurs dizaines de meneurs socio-économiques de la région. Ils ont tous exprimé le désir de voir cet important enjeu de développement être réglé aussi vite que possible, pour plus d'une raison.
«Le temps presse. Le 31 mars, si on n'a pas de réponse, on ferme la shop. C'est pour ça qu'on se mobilise», a précisé François Roussy. Il a rappelé que l'ampleur de la remise à niveau du réseau venait principalement d'un sous-investissement des anciens propriétaires, au cours des 20 ans ayant précédé l'acquisition de l'axe Matapédia-Chandler par la Société du chemin de fer de la Gaspésie, en 2007.
Cet achat a été effectué grâce à des subventions de 16 millions $ de Québec et d'Ottawa, qui ont ajouté 19 millions $ pour l'entretien de base sur cinq ans, mais il faut plus pour réparer l'infrastructure, dont 95 ponts datant souvent d'une centaine d'années. M. Roussy a rappelé que le réseau routier gaspésien coûte 150 millions $ par an.
Il a rencontré des ministres québécois deux fois depuis novembre au sujet des 93,5 millions $, et il qualifie le climat de constructif, bien qu'au début il ait entendu «oubliez ça».
Le président de la Conférence régionale des élus, Bertrand Berger, a indiqué que des investissements de 15 millions $ sont sur le point d'être réalisés par des promoteurs en lien avec le chemin de fer.
L'un de ces promoteurs est Gilles Babin, président de Gaspésie Diesel, qui investit 3,5 millions $ dans la construction d'un atelier de réparation de matériel ferroviaire à New Richmond. Sa firme a réparé deux voitures passagers de VIA Rail en 2011 et fait de même avec quatre voitures pour Rio Tinto.
«On négocie avec une autre compagnie minière, pour [réparer] des locomotives [...]. Vous comprendrez que le chemin de fer est assez important [...]. Notre nouvelle division créera 20 emplois à court terme. On s'attend avant longtemps à investir dans un autre bâtiment», a dit M. Babin.
Gaétan Lelièvre, président d'Escale Gaspésie, a précisé que son organisme prévoit des investissements totalisant 26 millions $ pour la réception des navires de croisière d'ici 2013, et que l'implantation d'un train touristique de 3 millions $ en est une pièce maîtresse, un produit en soi «qui permet d'atteindre des points inaccessibles par la route ou par la mer».
En entretien téléphonique avec Le Soleil, Véronique Normandin, porte-parole du ministre des Transports Norman MacMillan, précise que «c'est une priorité d'analyser ça rapidement», que le Ministère est en train de «décortiquer» la demande pour «voir ce qui peut se faire plus rapidement».