«Ça devient agaçant cette année», lance André Savard, qui habite un appartement situé à quelques mètres seulement de la piste cyclable des Cheminots.
Ce corridor est très fréquenté l'été par les cyclistes et les amateurs de patins à roulettes. Lorsque la neige prend le dessus, les résidants du coin continuent de fréquenter l'endroit en y pratiquant la marche, la raquette ou encore le ski de fond.
Comme presque partout ailleurs sur le territoire de la ville de Québec, la pratique de la motoneige y est strictement interdite. Les motoneigistes doivent circuler exclusivement sur les sentiers autorisés et balisés. À Québec, le sentier autorisé est celui de la Trans-Québec 3, situé dans la partie nord de la ville.
Or, certains motoneigistes auraient pris leurs habitudes sur le corridor des Cheminots.
«Il y a quelques quatre-roues qui circulent, mais surtout des motoneiges. Elles sont bruyantes, mais surtout, elles circulent très vite, dénonce André Savard. Un soir, nous prenions une marche et nous avons vu des lumières au loin. Il y avait deux motoneiges qui circulaient côte à côte, dans le noir, sur la piste cyclable. Et c'est nous qui avons dû nous tasser du chemin!»
Police impuissante
M. Savard a fait plusieurs appels récemment à la police de Québec pour signaler ces intrus. Mais les autorités ont bien du mal à pincer les motoneigistes fautifs.
«Nous encourageons les gens à nous appeler dans ces cas-là, a soutenu la porte-parole de la police de Québec, Catherine Viel. Mais nos ressources sont limitées. Nous avons quelques policiers l'hiver avec des motoneiges, mais le territoire à couvrir est immense.» Les sentiers non autorisés, de par leur nature, se retrouvent partout, ce qui complique la tâche des patrouilleurs, dit la porte-parole.
Benoît L'Heureux est le président du club de motoneige Le Petit Sentier de Saint-Émile, situé à proximité. Ce fervent défenseur des motoneigistes de la capitale est néanmoins le premier à dénoncer ceux qui empruntent le corridor des Cheminots.
«C'est une minorité de gens qui s'y rendent, mais ça donne une mauvaise réputation aux 99 % des motoneigistes qui respectent les sentiers», soutient-il.
«C'est sûr qu'on n'encourage pas cette pratique, même si on sait qu'elle existe», poursuit celui qui est également directeur pour la capitale nationale de l'Association des motoneigistes du Québec. «Quand des gens ne respectent pas les règlements, ça nous complique la tâche pour négocier ensuite des droits de passage sur certains terrains.»
Contrôle difficile
Les 209 clubs de motoneiges du Québec sont responsables de l'aménagement, de l'entretien et de la signalisation des sentiers officiels du Québec. Ils procèdent régulièrement à des activités de sensibilisation auprès de leurs membres, pour les inciter à ne pas quitter les sentiers balisés.
Leurs patrouilleurs sont toutefois des bénévoles, et ils ne sont pas en mesure de contrôler tous les contrevenants à la signalisation de la piste cyclable.