Relier le Grand Nord par train coûterait cher

Parmi les difficultés à surmonter, il y a... (Photothèque Le Soleil)

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Parmi les difficultés à surmonter, il y a l'aménagement d'un port en eaux profondes, à proximité de Kuujjuaq, qu'on voit ici en arrière-plan.

Photothèque Le Soleil

<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Il est techniquement possible d'amener le train au coeur du pays des Inuits. Mais le rêve de sortir ainsi Kuujjuaq de son isolement nordique coûterait une petite fortune, au bas mot 2,5 milliards $.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le ministère québécois des Transports a déposé à l'Assemblée nationale un premier document portant sur le projet de jeter quelque 600 kilomètres de rail de Schefferville à la petite capitale du Nunavik, sur la baie d'Ungava.

L'ouvrage permettrait de réduire ce qu'il en coûte pour ravitailler la population de Kuujjuaq et des autres villages inuits, peut-on y lire. Il profiterait à la modeste industrie touristique de la région. Mais ce sont les projets miniers qui feront vivre ou mourir l'idée.

Plusieurs gisements de métaux - or, uranium, nickel, terres rares, diamant et, surtout, fer - se trouvent dans le corridor examiné par la firme de génie-conseil Genivar. Mais quatre des cinq projets miniers «les plus avancés» sont situés dans un rayon de 100 kilomètres de Schefferville, et leurs promoteurs entendent expédier le minerai par le port de Sept-Îles, relèvent les auteurs.

Reste la mine que veut aménager l'entreprise Adriana, propriété notamment de l'aciériste chinois Wisco. Il s'agit du plus gros complexe minier à avoir jamais été conçu à ce jour au Canada, s'il se réalise tel que planifié, en 2016.

Les dirigeants d'Adriana projettent actuellement de se servir des installations portuaires de Sept-Îles pour charger le fer sur les immenses navires de transport, malgré le long trajet pour se rendre sur la Côte-Nord. Dans l'hypothèse où un port en eau profonde serait aménagé à Kuujjuaq, le trajet serait réduit de 243 kilomètres.

Les obstacles

Pour ce qui est du document rendu public, jeudi, aucune date n'est avancée pour entreprendre l'ouvrage, si ce n'est qu'il faut compter 10 ans pour le mener à terme. Il se présente comme un exercice de défrichage sommaire.

De nombreux obstacles sont identifiés par les auteurs du rapport. Des obstacles à la démesure du projet. Le tout premier, c'est l'argent nécessaire à l'aventure.

Selon les consultants, en comptant sur un financement étalé sur 30 ans, ce sont 5,8 milliards $ qui doivent être consacrés. L'entretien de la voie ferrée exigera des dépenses d'environ 18 millions $ par an.

Un des scénarios prévoit que le tracé passera par le Labrador appartenant à Terre-Neuve. Genivar soulève l'hypothèse d'entreprendre des contacts pour savoir si le gouvernement terre-neuvien pourrait payer une partie de la facture.

Des compagnies sont engagées dans des travaux de prospection prometteurs des deux côtés de la frontière du Labrador. L'option d'un partenariat public-privé est donc avancée pour une infrastructure qui profitera aux minières.

Parmi les difficultés à surmonter, il y a l'aménagement d'un port en eaux profondes, à proximité de Kuujjuaq. Genivar ne dispose d'aucune estimation de coût. Et il y a aussi le fait, notent les auteurs, qu'outre le froid extrême et les glaces, les rivages de la petite communauté font face à des marées pouvant atteindre 16 mètres.

Le chemin de fer devra parcourir jusqu'à une centaine de kilomètres sur le pergélisol. Cela ne pose pas de problème, signalent les auteurs, mais augmente du tiers le coût d'aménagement par kilomètre.

Le rapport de Genivar n'a pas été commandité par le Plan Nord, a insisté Véronique Normandin, l'attachée de presse du ministre délégué aux Transports, Norm MacMillan. Il a été commandé par une commission parlementaire à la suite d'une pétition par des partisans de l'élargissement du réseau du rail vers le Québec septentrional.

Le Plan Nord, lui, financera deux études pour examiner la faisabilité d'établir un lien terrestre entre Schefferville et Kuujjuaq et, à proximité de la Baie-James, entre Radisson et Grande-Baleine.

Dans les deux cas, les experts compareront l'aménagement d'une route et celle d'une voie ferrée. Leur analyse démarrera cette année.

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