Le RTC retire ses minibus électriques de la route

Après qu'un de ces petits autobus électriques eut... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Après qu'un de ces petits autobus électriques eut pris feu mercredi après-midi sur la Grande-Allée, le Réseau de transport de la Capitale (RTC) a annoncé par voie de communiqué que le service sera maintenant desservi par des autobus conventionnels.

Le Soleil, Erick Labbé

 

Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) a décidé, mercredi après-midi, de retirer les Écolobus des rues du Vieux-Québec, après qu'une batterie d'un bus électrique eut surchauffé sur Grande Allée, près du Manège militaire, et ainsi dégagé des vapeurs toxiques dans l'air.

Un porte-parole de la société de transport confirme que le problème de mercredi aurait pu être prévenu, car le personnel d'entretien des Écolobus ignorait qu'après que la batterie eut été rechargée à plus de 600 reprises, celle-ci pouvait se mettre en surcharge et ainsi dégager de la fumée toxique.

Le relationniste du RTC, Claude Lévesque, confirme que c'est probablement ce qui s'est produit, mercredi après-midi, quand le chauffeur de l'Écolobus a décidé de garer son véhicule électrique le long de la route, près du site du Festival international de musiques militaires de Québec. Un indicateur sur le tableau de bord lui aurait signifié que la batterie avait des problèmes de surchauffe.

Aucun usager ne se trouvait à bord, mais un témoin de la scène, un touriste de Vancouver, Jurgen Claudepierre, a affirmé au Soleil que des gens avaient quitté l'Écolobus environ une quinzaine de minutes avant que les vapeurs n'émanent de la batterie.

M. Lévesque affirme que le RTC n'avait pas été informé par le fabricant de la batterie que celle-ci pouvait surchauffer après plus de 600 recharges. Le RTC possède ces véhicules électriques depuis 2008, et ils ont souvent soulevé la critique, en raison de leurs pannes souvent médiatisées.

Dimanche, un autre Écolobus a connu un problème similaire, et les pompiers de Québec avaient encore dû intervenir sur place. Le tableau de bord d'un Écolobus avait aussi déjà pris feu par le passé.

«On sait que [la fin de vie de la batterie], c'est 600 recharges, a expliqué M. Lévesque. Mais ce qu'on ne savait pas, c'est que la batterie se mettait en surchauffe quand on était rendu à 600 recharges. C'est cette situation qu'on ne savait pas.»

M. Lévesque assure que le personnel d'entretien gardait une comptabilité du nombre de recharges faites pour chaque batterie.

Vapeurs et fumée incommodantes

Un couple de touristes américains rencontrés sur la terrasse du restaurant St-Hubert affirme avoir été incommodé par les vapeurs et la fumée qui émanaient de l'Écolobus. Une heure après que le couple eut été exposé, la femme disait toujours ressentir des douleurs aux yeux.

«J'avais les yeux et la gorge endoloris», raconte Joanne Cohen, une résidante de Cincinnati. «Il y avait beaucoup de fumée qui sortait de l'autobus», ajoute son conjoint, Sidney Cohen.

Le porte-parole du RTC avoue que cette surchauffe aurait pu représenter un danger immédiat pour la santé des gens qui étaient à proximité de l'Écolobus quand la batterie a surchauffé. Un intervenant dans l'équipe des pompiers a indiqué au Soleil, sous le couvert de l'anonymat, qu'on a été chanceux qu'il n'y ait pas de gens davantage intoxiqués par les vapeurs et la fumée.

«C'est une batterie, c'est très dangereux, a indiqué M. Lévesque. On est très conscients de cette situation-là, mais c'est la technologie qui existe présentement dans ce véhicule-là. La technologie est relativement récente.»

M. Lévesque affirme que tous les Écolobus seront rangés tant et aussi longtemps qu'on ne les jugera pas assez sécuritaires. En attendant, des autobus conventionnels vont les remplacer sur le parcours de l'Écolobus.

Mais le but, assure M. Lévesque, sera de les remettre sur la route dès que possible, et ce, en dépit des nombreuses difficultés qu'on leur connaît. Le relationniste ajoute que d'autres pays ont expérimenté le même type de problème avec ce type de véhicules.

«Il y a des problèmes qui sont arrivés [avec les Écolobus], et on va sûrement connaître d'autres types de problèmes», ajoute le porte-parole.

«Sensationnalisme»

M. Lévesque croit que les ratés des Écolobus ont été victimes du «sensationnalisme» des médias. Il rappelle que ces véhicules ont été remorqués à seulement 14 reprises depuis leur entrée en service.

Le capitaine des pompiers spécialisé dans les matières dangereuses Simon Tremblay affirme pour sa part qu'à l'air libre, les émanations toxiques de la batterie de l'Écolobus ne pouvaient pas causer d'intoxications graves aux gens qui étaient à proximité, à l'exception d'irritations à la gorge et aux yeux.

Il affirme que le seul moyen de refroidir les batteries était d'utiliser de puissants ventilateurs. Le recours à l'eau aurait pu provoquer des dommages plus graves à la batterie et ainsi causer des fuites de produits chimiques. Il a fallu attendre trois heures afin de remorquer le véhicule jusqu'au garage du RTC, sous forte escorte policière.

Une partie de la Grande-Allée a dû être fermée durant ce temps.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer