«C'est sûr que nous, ça fait des mois qu'on attend après ça», commente François Picard, vice-président du comité exécutif, responsable notamment des dossiers du transport et des infrastructures. «Il faut être confiant... Ce n'est pas une bonne nouvelle, mais il faut être confiant.»
Au début de l'année, la Ville a présenté son plan de mobilité durable au ministère des Transports du Québec (MTQ). Document qui met en valeur les plans du tramway. Une demande de subvention de 25 millions $ y était attachée afin de financer des études préliminaires.
Dans son édition de jeudi, La Presse révélait toutefois que le Conseil du trésor entend contenir ses dépenses en matière de transport collectif à un peu moins de 3 milliards $ au cours des cinq prochaines années. Voilà qui pourrait freiner les grandes ambitions de Québec : cette enveloppe ne serait même pas suffisante pour les projets déjà approuvés à la grandeur du territoire québécois... Alors, le tramway, on oublie? «On ne dit pas qu'il n'y aura pas de projets, on dit que certains projets seront retardés», analyse M. Picard, optimiste.
«On savait que c'était le Conseil du trésor qui étudiait les budgets... Il faut continuer, comme Ville de Québec, comme société des transports, à mettre beaucoup de pression sur le gouvernement du Québec pour que leurs investissements se poursuivent dans le transport en commun. C'est très important pour nous.»
Le conseiller municipal assure que le ministre des Transports est aussi en faveur du tramway. «Je suis convaincu que ça ne bloque pas au MTQ, que Sam [Hamad] fait une super job pour faire avancer les projets... Mais il y a des impacts budgétaires importants au gouvernement du Québec et ils en tiennent compte.»
Le RTC confiant
Le président du Réseau de transport de la Capitale (RTC), Raymond Dion, se dit persuadé d'obtenir un soutien étatique officiel. «Rien ne nous indique actuellement que nos projets sont arrêtés.» Il reconnaît tout de même que les demandes pour des infrastructures de transports en commun abondent au Conseil du trésor. «Montréal a demandé pour trois tramways, Longueuil pour un SLR [système léger sur rails], ensuite, il y a les trains de l'Est... les projets fusent.»
Par ailleurs, le député de Gouin et porte-parole de l'opposition sur les questions de transport, Nicolas Girard, accuse le gouvernement Charest de manquer de cohérence dans ses choix, et de freiner le développement des projets de transports en commun en n'y investissant pas de façon «massive».
«On savait qu'on avait un premier ministre avec deux mains sur le volant, mais on ne savait pas qu'il avait aussi les deux pieds sur le frein», dit M. Girard.
Avec La Presse