Le vélo à des fins utilitaires

Le Québec compte 500 000 cyclistes de plus... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Le Québec compte 500 000 cyclistes de plus qu'en 2005, notamment grâce à la contribution des adultes plus âgés qui se convertissent aux deux roues.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

(Québec) Longtemps vu comme un simple objet de loisir, le vélo est de plus en plus considéré comme un moyen de transport par les Québécois. En cinq ans, le nombre de cyclistes pédalant pour se rendre au travail ou à des sorties a pratiquement doublé.

Vélo Québec dévoilait hier «L'état du vélo au Québec en 2010», quatrième édition d'une étude quinquennale brossant un portrait détaillé de la pratique du vélo dans la province. On y apprend que le Québec compte maintenant quatre millions de cyclistes, dont 3,1 millions d'adultes. C'est 500 000 de plus qu'en 2005, notamment grâce à la contribution des cohortes plus âgées qui se convertissent aux deux roues.

En proportion, 54 % des Québécois ont fait de la bicyclette en 2010, un retour qualifié d'«encourageant» au niveau observé en 1995 et un sommet en Amérique du Nord.

L'adoption du vélo pour les déplacements de tous les jours apparaît maintenant comme une tendance. En 2000, 20 % des cyclistes enfourchaient occasionnellement ou quotidiennement leur bicyclette dans un but utilitaire. En 10 ans, ce pourcentage est monté à 37 %. L'apparition du BIXI à Montréal et la possibilité de combiner vélo et transport en commun ont contribué à cette augmentation. À Québec et à Lévis, les autobus sur les principaux parcours sont désormais munis de supports à vélo.

«Beaucoup de potentiel»

Le directeur de la recherche de Vélo Québec, Marc Jolicoeur, estime qu'il y a encore «beaucoup de potentiel» d'amélioration. Hier, il faisait remarquer que plus du tiers des travailleurs habitent à moins de cinq kilomètres de leur lieu de travail à Québec, à Montréal et à Gatineau. Dans des villes comme Trois-Rivières et Sherbrooke, presque la moitié des salariés se retrouvent dans le même rayon. Pourtant, la part modale du vélo pour les déplacements vers le travail atteignait à peine 1,4 % en 2006, selon le recensement canadien.

Selon Suzanne Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec, il y a des moyens concrets de convaincre tous ces gens de troquer l'auto pour le vélo : augmenter le nombre de kilomètres de pistes cyclables utilitaires et adopter des mesures d'apaisement de la circulation, comme réduire la vitesse des voitures en ville par exemple. Car si les cyclistes laissent leur bicyclette dans le cabanon entre 9h et 17h, c'est qu'ils disent craindre les accidents et les blessures.

Si Montréal atteint maintenant des seuils encourageants, avec plus de la moitié des cyclistes qui considèrent maintenant leur vélo comme un moyen de transport, Québec est plus proche de la moyenne provinciale. «À Québec, [il y a un] gros réseau récréatif, mais très peu de pistes à des fins utilitaires», explique Mme Lareau. Elle fonde beaucoup d'espoirs sur le plan de mobilité durable, qui devrait permettre de corriger le tir dans les prochaines années.

Les accidents diminuent

Répondant aux craintes des cyclistes pour leur sécurité, «L'état du vélo en 2010» révèle que les accidents diminuent en même temps que le nombre d'adeptes augmente. Depuis 1987, au Québec, les décès à vélo ont diminué de 58 %, les blessés graves de 72 % et les blessés légers de 52 %. Ce phénomène, désigné par l'expression safety in numbers (sécurité du nombre), a été constaté dans d'autres pays rompus au vélo. Il s'explique par le fait que les automobilistes sont d'autant plus attentifs aux vélos qu'ils sont nombreux. Et comme plusieurs sont cyclistes eux-mêmes, ils sont automatiquement sensibilisés à l'importance de surveiller et respecter les véhicules à deux roues.

Seconde vie pour vieilles bicyclettes

De vieux vélos encombrent votre cabanon et vous n'avez personne à qui les refiler? Une collecte de vélos pour les pays du Sud est organisée demain, de 10h à 13h, à l'école secondaire De Rochebelle (porte no 3). L'activité, organisée bénévolement par le comité Action Planète, en est à sa deuxième année. Les bicyclettes seront remises à l'organisme communautaire Cyclo Nord-Sud, qui les expédiera en Afrique et en Amérique latine. Pour couvrir une partie des frais, une contribution de 15 $ est réclamée aux donateurs. En échange, ils recevront un reçu fiscal couvrant la valeur du vélo et du don.

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