Les adeptes du vélo ont-ils l'obligation d'emprunter la piste cyclable lorsque celle-ci se trouve à proximité?
L'ancien code de la route établissait clairement que les vélos étaient les bienvenus sur toutes les artères du Québec - à l'exception des autoroutes. Il mentionnait toutefois qu'un cycliste devait emprunter la piste cyclable lorsque celle-ci se trouvait à même le chemin public. Mais que faire des pistes récréatives, des voies cyclables alambiquées au centre-ville et des aménagements dangereux? Toutes des zones d'ombre occasionnées par une définition vague et sujette à bien des débats sur la cohabitation de tous sur la route.
Or, cette nuance a été supprimée du code de la route. Alors que la saison estivale de vélo prend tranquillement son envol, les contraintes sont choses du passé. La seule restriction maintenue est celle interdisant la présence de vélos sur les autoroutes provinciales. Pour le reste, le message aux cyclistes est clair : roulez à droite, respecter les arrêts, le code de la route... mais roulez où bon vous semble.
«Ça peut faire un changement significatif, surtout pour ceux qui font une pratique cyclosportive», se réjouit Suzanne Lareau, pdg de Vélo Québec. L'association est d'ailleurs à l'origine de la demande de modification du Code de la sécurité routière. Pour Vélo Québec, cette nouvelle liberté sur deux roues mettra un terme à des situations absurdes ou dangereuses. «Ce n'est pas toujours une bonne idée de rouler dans la piste cyclable», soutient Suzanne Lareau.
Elle croit par ailleurs que l'abandon des restrictions fera le bonheur de clubs cyclistes. «Si vous êtes en randonnée, que vous êtes un groupe de 15 et que vous arrivez dans un petit village... vous roulez à droite, mais il y a une piste cyclable à gauche sur quatre coins de rues. Vous allez continuer à rouler à droite! Vous n'allez pas prendre la petite piste bidirectionnelle sur quatre coins de rues. C'est dans des cas comme ça que c'est bienvenu.»
Les cyclistes urbains auront désormais un argument difficile à battre lorsque certains automobilistes tenteront de les confiner aux pistes cyclables. «Ça peut arriver où on ne prend pas une piste cyclable pour deux coins de rues, et on se fait dire par un automobiliste : "Hey! Roule donc dans la piste!" illustre Mme Lareau. Là, on va apprendre aux automobilistes que cette obligation n'est plus dans le Code de la sécurité routière. C'est au cycliste de choisir où il roule. Ça lui appartient.»