Chaque fois que Le Soleil parle des problèmes de circulation dans ce secteur de la ville, des lecteurs demandent pourquoi le MTQ ne complète pas l'autoroute Félix-Leclerc, anciennement et communément appelée autoroute de la Capitale.
Selon les plans initiaux des années 60, celle-ci devait traverser L'Ancienne-Lorette, puis se faufiler entre le Collège Champigny et l'aéroport de Québec pour rejoindre l'autoroute 40 à la hauteur de Saint-Augustin-de-Desmaures.
Pour plusieurs observateurs, ce serait la meilleure façon de diminuer le trafic sur Henri-IV, passage obligé pour tous ceux qui habitent à l'ouest ou qui veulent se rendre à Montréal par la rive nord.
Le MTQ, à qui la question est régulièrement posée, répond qu'il possède toujours l'emprise, expropriée en 1968 et facilement repérable sur une carte aérienne, mais que ce n'est «pas dans les plans» de la convertir en autoroute à court ou à moyen terme. C'est Louise Villeneuve, porte-parole de la direction de la Capitale-Nationale, qui nous a fait le message.
Après l'échangeur Charest-Robert-Bourassa, en reconstruction actuellement, les gros projets d'infrastructures dans la région de Québec sont l'élargissement d'Henri-IV (400 millions $) et la reconstruction des échangeurs à la tête des ponts (1 milliard $).
Le maire de L'Ancienne-Lorette, Émile Loranger, estime que c'est la bonne décision. En 2001, son administration a commandé à Genivar une étude de circulation afin de déterminer les causes de la congestion sur Henri-IV et suggérer des solutions.
La firme d'ingénierie a conclu que la circulation nord-sud - et non est-ouest - engendrait les bouchons. «C'était donc beaucoup moins cher et beaucoup plus efficace d'élargir Henri-IV que de faire une autoroute» ou même un boulevard urbain, résume-t-il.
Puisque le MTQ s'est prononcé il y a quelques semaines en faveur de l'élargissement, après des années d'hésitation, le maire de L'Ancienne-Lorette compte bien revenir à la charge et réclamer les sept millions de pieds carrés de terrains qui coupent sa petite ville en deux.
«Au cas où»
«J'en ai souvent parlé. J'ai même réussi à convaincre quelques politiciens. Mais il y a toujours des fonctionnaires [du MTQ] pour dire : "Gardons-les au cas où"», raconte-t-il. D'après les calculs de ses propres troupes, à peine une vingtaine de maisons pourraient être construites sur la bande de terrains convoitée. C'est que la rivière Lorette passe au milieu et que M. Loranger ne veut pas toucher au boisé tout autour. Cette portion serait transformée en parc.
Le politicien municipal estime que ce sera plus facile de discuter du transfert des terres avec le gouvernement du Québec «quand le problème sera réglé». Les travaux sur Henri-IV ne débuteront pas avant 2013, après la fin du chantier sur Robert-Bourassa.
Qu'importe, M. Loranger n'est pas pressé. «On va s'essayer au moment où on va avoir des chances», dit-il.
Interrogé sur le sujet cette semaine, le ministre des Transports et responsable de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, n'a pas tranché. Il a répété qu'il y a suffisamment de voies rapides à Québec - la ville est première au Canada au palmarès des autoroutes - et qu'il serait difficile de justifier une rallonge vers l'ouest.
M. Hamad a aussi précisé qu'il n'était «pas question pour le moment» de céder des terrains aux autorités municipales, puisque son ministère n'a pas l'absolue certitude qu'ils ne serviront jamais.