Deuxième solution imposée pour l'autoroute 73

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On attend encore l'autoroute 73 entre Beauceville et St-Georges-de-Beauce

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Le gouvernement du Québec a dévoilé jeudi son ultime solution pour sortir l'autoroute 73 de l'impasse entre Beauceville et Saint-Georges. Un projet de loi déposé à l'Assemblée nationale vient tout simplement valider le dézonage forcé des terres situées le long du tracé privilégié, tuant dans l'oeuf les derniers recours judiciaires des propriétaires récalcitrants.

C'est par décret, le 11 novembre 2009, que Québec a permis l'utilisation de terres situées en zone agricole «à des fins autres que l'agriculture» en vue du prolongement de l'autoroute 73 sur le territoire des municipalités de Beauceville, de Notre-Dame-des-Pins et de Saint-Simon-les-Mines.

Mais en novembre dernier, la Cour supérieure a conclu que le gouvernement Charest avait violé la loi en procédant avant que les opposants n'aient l'occasion de contester la décision de la Commission de protection du territoire agricole du Québec, qui a autorisé le dézonage de leurs terres deux fois plutôt qu'une. Québec a porté ce jugement en appel; les décideurs de la Beauce ont rouspété.

Cela fait presque 10 ans que le projet de parachèvement de l'autoroute 73, évalué à 230 millions $, va de délai en délai. Les travaux entre Saint-Georges et Beauceville ont été lancés l'été dernier. Près de cinq kilomètres ont été réalisés, mais il en reste encore 13 à compléter.

Si le projet de loi soumis jeudi est adopté, les échéanciers prévus pour la construction du tronçon reliant Beauceville à Notre-Dame-des-Pins pourront être respectés, selon le ministre des Transports, Sam Hamad, convaincu d'économiser «un an, peut-être deux» de contestation.

Comme la construction de l'autoroute se fera du sud vers le nord, le ministère des Transports du Québec pourra compléter la préparation des plans et procéder à l'acquisition des terrains dans le secteur chaud de Beauceville sans être trop pressé par le temps. «Ça ne brime en rien les droits des citoyens», a insisté jeudi M. Hamad, de retour de Saint-Georges, où il est allé vendre sa solution à un public conquis d'avance. Le ministre veut dire en cela que les propriétaires pourront contester les montants offerts pour leurs terres s'ils s'estiment lésés.

Les contestataires

Josée Bilodeau, une des quatre propriétaires qui contestent encore le tracé de l'autoroute 73, n'en revenait pas que le gouvernement libéral utilise pour la deuxième fois un processus législatif dans un dossier à saveur régionale. «Au lieu de présenter un argumentaire comme les citoyens font, de plaider leur cause et de faire valoir leurs points, eux, ils ont des moyens pour gagner par défaut», a-t-elle déploré jeudi, moins d'un mois avant l'audition prévue en Cour d'appel.

Mme Bilodeau n'a pas hissé de drapeau blanc pour autant. Elle attend l'opinion de ses avocats avant de concéder qu'il n'y a plus de contestation possible.

À l'Assemblée nationale, l'opposition officielle a répété qu'elle était favorable au prolongement de la 73, mais a tout de même réclamé une consultation particulière pour le projet de loi, qui compte seulement deux alinéas.

«Le gouvernement libéral a mal géré ce dossier depuis le début, et on veut s'assurer qu'il ne va pas corriger une erreur par une autre erreur», a expliqué Nicolas Girard, porte-parole en matière de transport. Selon lui, il y a moyen de procéder «rapidement» si le leader du gouvernement fait de la place dans l'agenda de la Commission des transports.

Le ministre Hamad laisse à son collègue Jean-Marc Fournier le soin de décider, mais n'est pas particulièrement favorable à l'idée. «Il y a un temps pour planifier, il y a un temps pour consulter, aujourd'hui, c'était le temps pour décider», a-t-il martelé en entrevue téléphonique, ajoutant même qu'«un vote contre le projet de loi, c'est un vote contre la Beauce et les Beaucerons».

Robert Thibodeau, porte-parole de la coalition Solidarité autoroute, née l'automne dernier, est d'accord : «Ça fait tellement longtemps qu'on attend. On prendrait ça assez mal.»

Bien qu'il ne puisse se prononcer sur la légalité de la solution, M. Thibodeau fait confiance au gouvernement provincial. «C'est ce qu'on demandait au fond, qu'on passe la route. On voit enfin la fin» de ce dossier, a-t-il ajouté.

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