TGV: Ottawa doit donner un signal clair

Le spécialiste du transport en commun Rod Diridon... (Photothèque Le Soleil)

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Le spécialiste du transport en commun Rod Diridon ne voit pas de moyen de transport moins polluant, moins cher et plus fiable qu'un TGV pour des distances de 160 à 960 km.

Photothèque Le Soleil

(Québec) La vallée du Saint-Laurent est bien positionnée pour accueillir un train à grande vitesse (TGV). Mais il faut un signal de départ clair de la part du fédéral, sinon les initiatives des gouvernements inférieurs risquent de tomber à plat.

C'est du moins la lecture que fait Rod Diridon. Cet Américain, de passage au Québec pour une conférence organisée par l'Association québécoise du transport et des routes (AQTR), pourrait s'appeler Monsieur TGV s'il parlait français.

Directeur général du Mineta Transportation Institute, un centre de recherche sur les transports lié à la San José State University, il était jusqu'à tout récemment le pilier du conseil d'administration de la California's High Speed Rail Authority. Cet organisme public chapeaute le projet de ligne à grande vitesse entre Los Angeles et San Francisco, l'un des plus avancés aux États-Unis.

En entrevue téléphonique au Soleil, M. Diridon n'a pas hésité à dire que la ligne Québec-Windsor, à l'étude de façon intermittente depuis plus 20 ans, a ce qu'il faut pour réussir, puisque la distance entre les villes desservies - parmi les plus puissantes du pays - est suffisante pour que le train atteigne sa pleine vitesse.

Selon lui, la densité de population, moindre au Canada qu'aux États-Unis ou en Europe, n'est pas un problème. «Quand la France a commencé à construire ses lignes de TGV dans les années 70, elle n'avait pas beaucoup plus de densité de population que vous», fait-il remarquer.

Et comme il faut compter 20 ans pour concrétiser un tel équipement, de la réalisation des études à la construction, les pôles urbains du Québec et de l'Ontario ne peuvent que se renforcer.

Obligatoire

Sans dire si un éventuel lien Montréal-Boston-New York devrait avoir priorité sur le scénario Québec-Windsor, M. Diridon affirme qu'une ligne à grande vitesse entre le Canada et les États-Unis «n'est pas souhaitable, mais obligatoire».

«Si on peut avoir un TGV entre l'Angleterre et la France, qui se sont fait la guerre pendant des décennies, on peut certainement en avoir un entre nos deux pays, qui sont amis depuis des siècles», dit-il, ouvertement intéressé par l'électricité produite au nord.

Avant cela, il faut toutefois que le gouvernement central imprime une direction aux différents projets canadiens, qui en sont encore à leurs balbutiements. «Il faut une loi structurante et surtout dire la vérité», insiste le spécialiste du transport en commun, qui ne voit pas de moyen de transport moins polluant, moins cher et plus fiable pour des distances allant de 100 à 600 miles (160 à 960 kilomètres).

Processus strict

Aux États-Unis, le fédéral a imposé un processus strict auquel doivent se conformer tous les projets de TGV. Les États intéressés doivent d'abord déterminer où va passer le train, puis comment il sera construit, toujours avec l'approbation des autorités environnementales.

Si le gouvernement donne son OK, les appels d'offres et la construction peuvent alors commencer. La Californie est rendue là, tout comme la Floride, qui voit toutefois son projet compromis par un gouverneur républicain craignant des dépassements de coûts.

Aux deux endroits, les citoyens ont pourtant exprimé majoritairement leur appui au TGV. «Quand une population comprend ce qu'une ligne grande vitesse veut dire en termes de vitalité économique, de contrôle de la pollution et d'économie d'énergie, elle la veut dramatiquement», souligne notre interlocuteur.

Les grandes puissances économiques du monde, elles, l'ont compris, poursuit-il. En Europe, en Chine, au Japon, et même en Amérique latine, des projets de TGV prennent vie. Pourquoi pas en Amérique du Nord? L'expert pointe l'ignorance populaire entretenue par le lobby des entreprises productrices de pétrole, qui veulent faire voler les avions et rouler les automobiles plutôt que les trains électriques. «Un meilleur système existe, il faut l'adopter», martèle M. Diridon.

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