Les conditions de réussite du covoiturage

Géographie

Le covoiturage est toujours plus populaire dans les zones peu ou pas desservies par le transport en commun. Pas étonnant, donc, que les régions de Portneuf et de la Beauce aient une longueur d'avance en la matière sur le centre-ville de Québec. Il faut aussi une concentration d'emplois sur un même site avec des horaires réguliers. Dans la région de Montréal, ce sont les employeurs du secteur aéronautique qui donnent l'exemple. À Québec, il y a des pôles intéressants sur la colline parlementaire, à l'Université Laval et au parc technologique, entre autres. Quelques entreprises manufacturières de la Chaudière-­Appalaches présentent aussi un bon potentiel. Pier-Olivier Girard, du Réseau de covoiturage, a constaté un plus grand intérêt pour le covoiturage quand le trajet à parcourir dépasse les 30 kilomètres aller-retour et que le coût du stationnement est exorbitant.

Prix de l'essence élevé

Aussi sûr que le pétrole est noir, les sites de jumelage pour covoitureurs seront pris d'assaut au cours des prochains jours en raison de la hausse du prix de l'essence à la pompe. Quand les prix ont atteint 1,50 $ le litre, en 2008, Pier-Olivier Girard a couplé le cours du pétrole avec les nouvelles inscriptions. «La courbe était exactement la même», dit-il. À la Corporation de transport régional de Portneuf (CTRP), qui propose des stationnements incitatifs et un service de jumelage, l'effet de la «mini-crise» du pétrole se fait déjà sentir. «On reçoit une dizaine d'appels par semaine ces temps-ci. Et il y a toujours beaucoup plus de demandes que d'offres», rapporte la coordonnatrice, Maryse Perron.

Simplicité

Plusieurs sites Internet proposent d'afficher les offres et les demandes de covoiturage. Les plus populaires minimisent les clics et sont accessibles gratuitement. Le Réseau de covoiturage regroupe à lui seul les sites d'une quarantaine d'entreprises, de municipalités et de maisons d'enseignement. Un peu plus de 32 000 membres y sont inscrits. C'est à eux que revient la tâche d'identifier les équipiers potentiels et de négocier les trajets et les horaires. Transports Québec a aussi créé un babillard sur son site ­quebec511, mais il est peu fréquenté. Le ministère se promet d'ailleurs d'en revoir le fonctionnement pour le rendre plus attrayant. D'autres sites visent da­van­tage la clientèle longue distance, com­me Amigo Express et Allostop. S'ils imposent des frais minimes, ils jouent pleinement leur rôle d'intermédiaire et offrent une garantie quant à la sécurité. Les intéressés ont en effet l'obligation de s'identifier formellement pour devenir membres, et tous les jumelages sont enregistrés.

Bonne volonté

Il y a des petits efforts à fournir pour qu'un équipage roule en harmonie. Le plus important : être à l'heure! La bonne humeur aide aussi, mais il ne faut pas en faire la preuve obligatoirement. «Il y a beaucoup d'appréhensions de la part des conducteurs. Certains ont peur de ne plus pouvoir écouter leur musique, d'autres craignent de devoir parler même quand ils n'en ont pas envie. Mais on n'est pas obligé de devenir le meilleur ami de son covoitureur», souligne Anne Auclair, de Mobili.T. Si elle admet que «ce n'est pas une réussite pour tout le monde», car «certains ont des exigences difficilement conciliables», Maryse Perron, de la CTRP, précise que les vrais adeptes ne se laissent pas abattre parce qu'ils perdent un covoitureur en cours de route. «Ils rappellent pour qu'on le remplace au plus vite parce qu'ils ne se voient plus voyager en solo.»

Incitatifs

Pour qu'un programme de covoiturage réussisse, il faut des incitatifs. Une bonne campagne de promotion, avec de multiples relances, est incontournable. S'il y a des prix à gagner, c'est encore mieux. Les employeurs peuvent offrir des espaces réservés pour garer la voiture ou un rabais sur le coût de la vignette de stationnement. La politique de «retour garanti» est aussi très appréciée. En cas de problème, les passagers peuvent prendre un taxi pour retourner à la maison. Cela vaut si le conducteur fait défection, s'il faut faire des heures supplémentaires ou s'il y a urgence familiale. «Quand c'est bien encadré, l'expérience montre qu'il n'y a pas d'abus», assure Pier-Olivier Girard.

Partager

À lire aussi

  • Voies réservées: attention danger

    Transports

    Voies réservées: attention danger

    L'un des principaux promoteurs du transport en commun à Québec conclut qu'il est risqué de permettre le covoiturage dans les voies réservées aux... »

  • Rouler ensemble: auto, boulot, dodo

    Transports

    Rouler ensemble: auto, boulot, dodo

    C'est un avantage rarement évoqué quand on parle de covoiturage : tous les jours, vers 16h, Pierre Garneau, Yolande Paquet et Sylvie Jobin piquent un... »

  • Covoiturer? Oui, mais...

    Transports

    Covoiturer? Oui, mais...

    Le covoiturage est un thème à la mode, surtout dans la région de Québec, où le maire Régis Labeaume et le ministère des Transports songent à... »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer