Discrimination systémique et racisme: le Centre islamique boude la consultation 

Boufeldja Benabdallah, le cofondateur du Centre Culturel islamique... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Boufeldja Benabdallah, le cofondateur du Centre Culturel islamique de Québec, se dit tanné de présenter des mémoires qui ne font rien bouger. Il réclame au gouvernement des actions concrètes.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Contrairement à des nombreux organismes de la Capitale-Nationale et malgré les actes de violence et de racisme dont il est la cible depuis des mois, le Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) n'a pas l'intention de participer à la consultation sur la discrimination systémique et le racisme mise sur pied par Québec.

«L'exercice me laisse tiède compte tenu des derniers événements», laisse tomber le cofondateur du CCIQ, Boufeldja Benabdallah. «Ce n'est pas par manque d'intérêt, mais on est tanné de présenter des mémoires puis après, il n'y a rien qui bouge», poursuit-il. 

Il réclame plutôt au gouvernement des actions concrètes. «Il faut que la condamnation se fasse, que les gestes à l'encontre du CCIQ soient punis, que les dirigeants mettent en place un système de protection de sécurité, cite-t-il en exemple. Mais c'est très silencieux, regrette M. Benadhallah [...]. Il faut des activités de mieux vivre ensemble, des emplois, des rencontres, c'est ce qui fait mijoter la soupe et non pas uniquement des consultations et des documents», renchérit-il. 

«Il faut battre le racisme avec des projets, avec des choses tangibles», suggère Boufeldja Benabdallah. L'organisation qu'il a mise sur pied il y a près de 30 ans a été visée à de nombreuses reprises au cours des derniers mois après l'attentat à la grande mosquée en janvier qui a fait six morts, de nombreux blessés et de familles endeuillées. 

Peu après l'annonce début août que le CCIQ aménagera un cimetière pour ses coreligionnaires sur le territoire de la Ville de Québec, le véhicule de son président a été incendié. Quelques jours plus tard, des excréments ont été laissés devant la porte de la grande mosquée. En juillet, c'est un Coran déchiqueté avec un couteau accompagné d'un message haineux qui y avait été déposé et plus récemment, des tracts islamophobes ont été distribués dans le secteur de Sainte-Foy où elle a pignon sur rue. 

De nombreux participants à Québec

Se disant craintif que l'exercice n'obtienne pas l'adhésion du public et manque de crédibilité, le député de Québec solidaire, Amir Khadir a appelé mercredi matin le premier ministre Philippe Couillard à «sortir la commission de la tourmente». 

Des révélations au sujet de la présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui doit mener la consultation, la décision de tenir une portion des audiences à huit clos ainsi que les différentes prises de positions des partis de l'opposition auraient contribué à mettre du plomb dans l'aile, selon le député de Mercier. 

Or, au contraire du CCIQ, de nombreux organismes de Québec ont confirmé au Soleil leur intention de présenter un mémoire lorsque le processus sera mis en branle disant vouloir laisser une chance au coureur. C'est notamment le cas du Centre multiethnique de Québec. «La démarche est bonne puisque je pense qu'il faut qu'on se questionne sur ces sujets, a fait valoir la présidente, Dominique Lachance. Quant à son sens, la tournure que ça prendra et la crédibilité, on verra.»

Même son de cloche du côté de la Casa Latino-américaine de Québec, de la Table de concertation du Mois de l'histoire des Noirs de Québec ainsi que de la Ligue des droits et libertés section Québec. Son coordonnateur, Sébastien Harvey, explique que l'actualité récente dans la ville ne laisse plus le choix de s'impliquer et mener une réflexion sur les questions liées au racisme et à la discrimination.

Les OSBL choisis rencontrés mercredi

Une vingtaine d'organismes sans but lucratif (OSBL) doivent être sélectionnés aux quatre coins de la province pour tenir des séances durant lesquelles des gens pourront témoigner de leur expérience en matière de discrimination et de racisme au Québec.

Les noms de ces OSBL devaient être connus début septembre tout comme la mise en ligne du site web pour déposer les mémoires. Or, selon une porte-parole du ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Amina Benkirane, les organismes ont été rencontrés mercredi et devaient être dévoilés «bientôt» par communiqué de presse.

Dans la capitale, le Centre multiethnique de Québec a décliné l'offre d'être un de ceux-ci en raison des délais très courts exigés pour déposer un projet, et ce, au milieu du mois d'août. «C'est dommage, nous étions vraiment intéressés», a laissé tomber la présidente, Dominique Lachance. Le Conseil panafricain de Québec (COPAQ) aurait de son côté levé la main, mais il n'a pas été possible de parler à ses dirigeants.




À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer