Fentanyl: Québec toujours sur le qui-vive

L'organisme Point de repères révélait en mai s'attendre... (Photothèque Le Soleil)

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L'organisme Point de repères révélait en mai s'attendre à un été chaud sur le plan de la consommation de fentanyl, un analgésique inodore et incolore 100 fois plus puissant que la morphine, mais la situation est finalement demeurée stable. Malgré quelques surdoses, aucune ne s'est avérée mortelle.

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(Québec) La vague de surdoses au fentanyl à Montréal de la fin de la semaine dernière était «un peu prévisible», signe que Québec n'échappera probablement pas à la venue de cette drogue qui a déjà fait des ravages dans l'Ouest canadien.

Le directeur général de Point de repères, Mario Gagnon, reconnaît que la vague de surdoses s'en venait vers l'est. «On s'imagine que ça risque d'augmenter et d'arriver à Québec tôt ou tard», a-t-il commenté en entrevue au Soleil

L'organisme révélait en mai s'attendre à un été chaud sur le plan de la consommation de fentanyl - un analgésique inodore et incolore 100 fois plus puissant que la morphine -, mais la situation est finalement demeurée stable. Malgré quelques surdoses, aucune ne s'est avérée mortelle, mentionne M. Gagnon. 

«On voit aussi que Montréal n'avait pas trop été affectée pendant le début de l'été, mais là on voit qu'ils sont bien inquiets de la situation. On ne sait pas quand ça peut arriver à Québec. C'est dur à mesurer, c'est toujours une question de présence du produit.»

Le directeur général indique que les produits peuvent facilement circuler entre Québec et Montréal et qu'un marché peut se développer rapidement si la demande pour une «bonne» drogue augmente.

«Pas de plan précis»

En cas de vague soudaine de surdoses, Point de repères explique qu'il peut être difficile pour ses intervenants de cibler directement les consommateurs puisque certains ne se présentent pas à l'organisme ou ne sont pas connus des intervenants. 

«On n'a pas de plan précis de ce qu'on ferait [en cas de vague]. Est-ce qu'on pourrait penser à des services d'injection temporaires d'urgence? Tout dépend de la teneur de la crise. Ce qui est difficile à voir, c'est que les gens peuvent décéder ou avoir des overdoses et on ne le sait pas», a avancé le directeur général. 

Le Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale rappelle qu'en 2015, Québec avait enregistré une hausse inattendue de consommation de fentanyl, si bien qu'un comité de vigilance regroupant des acteurs communautaire, policier et gouvernemental avait été mis en place. Aujourd'hui, ce comité reste toujours à l'affût d'une crise qui pourrait se déclarer à tout moment, avise Catherine Chagnon, des relations médias du CIUSSS. «La Santé publique suit toujours le dossier de très près et ça demeure très préoccupant», a-t-elle spécifié. 

L'un des problèmes actuels est que le fentanyl se retrouve sous plus d'une forme. À l'origine, la drogue était souvent utilisée sous forme de petite pilule bleue, mais «maintenant, c'est autre chose», a souligné Mme Chagnon. Le fentanyl serait de plus en plus mélangé à d'autres drogues dures comme la cocaïne ou l'héroïne. 

«C'est une drogue très puissante, de-là l'attrait. C'est toujours la recherche de l'euphorie à moindre coût. Nous on va travailler avec ça. On va essayer que les gens gèrent leur dose pour voir les effets», a indiqué M. Gagnon. 

La prévention s'avèrerait plus compliquée en raison de l'instabilité au niveau des produits. «Des fois les gens vont prendre une partie du produit et avoir peu d'effets, mais vont reprendre la même partie du produit et il y aura une puissance plus forte. C'est là qu'ils vont tomber en overdose», a-t-il expliqué. 

Depuis cet été, l'Ordre des pharmaciens a autorisé la vente de naloxone en pharmacie, ce qui veut dire que les consommateurs d'opioïdes peuvent aller directement dans les pharmacies s'en procurer en cas de surdose. Le naxolone permet d'inverser temporairement les effets d'une surdose d'opioïdes. 

Rappelons que dix surdoses au fentanyl sont survenues en à peine quelques jours à Montréal, forçant la police à intervenir d'urgence pour arrêter les présumés trafiquants.

Des timbres de Fentanyl... par la poste

Des détenus de Donnacona n'ont pas cherché midi à quatorze heures et ont décidé de se faire envoyer des timbres transdermiques de fentanyl, un puissant analgésique... par le courrier. À l'été 2016, les deux prisonniers ont demandé à un ami de l'extérieur d'expédier une carte de fête à un autre co-détenu, en précisant à mots couverts quel «cadeau» serait apprécié. Mais comme les détenus étaient sous écoute, la carte a été interceptée par les agents correctionnels et les quatre timbres de fentanyl, saisis. Richard Panin, 28 ans, a plaidé coupable mardi au trafic. Son complice allégué, Éric Paquet, 41 ans, fait lui toujours face aux accusations de trafic. Panin a reconnu qu'à une autre occasion, il a tenté de faire entrer du fentanyl à Donnacona en cachant la substance poudreuse dans ses sous-vêtements. Les agents correctionnels ont saisi un peu plus de deux grammes d'un mélange fentanyl-héroïne. Panin est aussi coupable de trafic de haschich et de possession de cannabis à l'intérieur des murs. Il connaîtra sa peine à la fin de l'année.




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