Demandeurs d'asile haïtiens: «La population n'a pas été bien informée»

Le président de l'Associaton haïtienne de Québec, Charles... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Le président de l'Associaton haïtienne de Québec, Charles Madet, pense que les demandeurs d'asile doivent être mieux renseignés sur ce qui les attend une fois la frontière franchie, puisque plusieurs d'entre eux ne répondrent pas aux critères de réfugiés établis par la convention de Genève.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Puisque la nature a horreur du vide, les organisations d'extrême droite qui se sont manifestées contre les demandeurs d'asile qui affluent au Québec en ont profité, déplore le président de l'Association haïtienne de Québec, Charles Madet, qui n'hésite pas à blâmer Québec et Ottawa.

Selon lui, il ne fait aucun doute que les deux gouvernements n'ont pas pris l'espace qu'ils devaient sur la place publique pour éclaircir la situation. «La population n'a pas été bien informée», tranche M. Madet. «Il aurait fallu un bon plan de communication», renchérit-il. 

Il ne s'agit pas uniquement d'employer les bons termes et expliquer les droits des Haïtiens qui traversent la frontière dans l'espoir d'une vie meilleure. «Les gouvernements doivent dire comment ils vont stopper le phénomène. Les gens voient 400-500 personnes arriver, c'est beaucoup», fait valoir M. Madet. 

Bien qu'il éprouve beaucoup d'empathie à l'égard des siens, il est d'avis qu'ils doivent être mieux renseignés sur ce qui les attend une fois la frontière franchie. «Il y a en a qui pensent que c'est l'Eldorado!» regrette l'Haïtien, qui croit que la majorité des demandeurs d'asile ne répondent pas aux critères de réfugiés tels qu'établis par la convention de Genève. 

Aucun incident à Québec

Les groupes d'extrême droite ont donc profité de la situation pour se faire entendre et surtout, se faire voir. Des banderoles avec le terme référant à la volonté d'un renversement migratoire, «#remigration», ont été posées dans la ville lundi matin suscitant l'inquiétude du premier ministre Philippe Couillard qui a admis être préoccupé par la situation. 

Charles Madet rappelle que ce phénomène n'est pas nouveau, mais dit comprendre la réaction même si, évidemment, il ne la cautionne pas. «Ils ont l'impression d'être envahis et ont peur de perdre leur identité», analyse le président de l'Association haïtienne de Québec. Selon lui, il est primordial de rassurer les gens, notamment en faisant valoir les bénéfices qu'apportent la diversité. Il en appelle à la tolérance des Québécois à laquelle il croit profondément. 

D'ailleurs, ni lui ni aucun membre de la communauté à Québec n'a été témoin ou victime d'un acte haineux ou de racisme depuis le début de la vague de demandeurs d'asile. «Personne n'a été interpellé et on se sent toujours les bienvenus», dit M. Madet. Quant aux manifestations qui sont prévues dimanche, il n'y voit pas de problème pourvu que celles-ci «se déroulent dans les règles de l'art».




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